J'ai beaucoup de sympathie pour Théophile Gautier en raison de La Morte amoureuse, une nouvelle de vampires que j'ai lue étant ado et qui m'a beaucoup marquée. Du coup, j'ai sauté sur ce recueil intitulé Récits fantastiques lorsque je suis tombée dessus dans l'étagère de livres à donner de ma médiathèque.
La cafetière, conte fantastique (1831)
Un homme passe la nuit dans une chambre pleine de tapisseries. Une histoire très classique, mais efficace et plaisante, que j'avais déjà lue, probablement dans un recueil de nouvelles fantastiques diverses (chez Folio à dix francs, hihihi...).
Onuphrius ou les Vexations fantastiques d'un admirateur d'Hoffmann (1832)
Un texte étrange que j'ai eu du mal à suivre. C'est l'histoire d'un peintre qui a des visions bizarres et se croit persécuté par le diable; par exemple, quand il renverse son pot de pinceaux, il pense que c'est une main crochue qui l'a renversé.
Omphale, histoire rococo (1834)
Un jeune garçon loge chez son oncle, dans un pavillon orné de tapisseries. Le point de départ est le même que dans La Cafetière et il n'y a guère de surprises, mais j'adore ces histoires où le décor du quotidien prend soudain vie et devient... autre chose.
La Morte amoureuse (1836)
Je n'ai pas relu cette nouvelle, car je l'ai (rerere)lue il y a relativement peu de temps, mais je vous la recommande chaudement.
La Pipe d'opium (1838)
Un homme fume l'opium et est pris de visions. C'est, avec Onuphrius, le texte que j'ai eu le plus de mal à suivre. Les hallucinations ne font pas pour moi, je crois.
Le chevalier double (1840)
L'histoire d'un homme à la personnalité changeante, tantôt adorable et tantôt brutal. Il est comme placé sous deux étoiles contraires, car un homme au regard de feu a rendu visite à ses parents quand sa mère était enceinte. Laquelle des deux influcences l'emportera-t-elle?
Le Pied de momie (1840)
Un homme achète un pied de momie délicieusement délicat et petit, dernière relique d'une princesse égyptienne à la beauté légendaire. Mais cette nuit-là, la princesse semble revenir à la vie. Une nouvelle fantastique classique, un parfait exemple du XIXe siècle, qui me laisse penser que Gautier avait un intérêt pour l'Égypte, vu qu'il a aussi écrit une nouvelle intitulée Une Nuit de Cléopâtre.
Deux acteurs pour un rôle (1841)
Un acteur qui rencontre un vif succès pour son interprétation du Diable suscite le mécontentement d'un homme au rire démoniaque, qui décide de le remplacer sur scène...
Le Club des hachichins (1846)
Des consommateurs de haschich se réunissent dans un luxueux hôtel particulier parisien, et le récit suit les visions de l'un d'entre eux. Comme dans Onuphrius et La Pipe d'opium, je n'ai pas guère accroché; les drogues et les visions ne m'intéressent pas beaucoup.
Arria Marcella (1852)
Un texte sur Pompéi, très agréable et sympathique, même si l'idée de départ est... particulière: un homme voit l'empreinte d'un sein parfait dans les cendres de l'éruption et tombe amoureux sur le champ. Sérieux, les nichons, ça vend à n'importe quelle époque.
Avatar (1856)
Un homme aime une femme mariée belle et vertueuse, qui est follement amoureuse de son mari. Désespéré, il dépérit, jusqu'à ce qu'un médecin fraîchement revenu d'Inde lui annonce qu'il a peut-être la solution à son problème. Un texte très sympathique. [Divulgâcheur: c'est une histoire d'échange de corps.]
Jettatura (1857)
Naples, une Anglaise venue profiter du climat chaud pour se remettre de ses problèmes de santé, son fiancé qui lui rend visite, et des Napolitains qui multiplient les amulettes de protection en la présence de ce dernier, car ils reconnaissent en lui un jettatore, celui qui jette le mauvais œil. L'opposition entre la rationalité anglaise et les superstitions napolitaines rappelle beaucoup Dracula, mais l'histoire n'est pas du tout la même.
Dans l'ensemble, j'ai beaucoup aimé ce recueil, qui est porté par une plume très riche, typique de ce XIXe que j'adore. Les phrases sont longues et les adjectifs nombreux, et c'est beau.
Livre de l'auteur déjà chroniqué sur ce blog
La Morte amoureuse + Une nuit de Cléopâtre (1836 et 1838)