mardi 23 novembre 2021

Veggie tendance vegan (2019)

Chronique express!

Bien qu’il soit plus enclin à écrire ses scénarios de jeux de rôle en cours qu’à participer, Chris est un lycéen sans histoires. Un jour, une nouvelle arrive dans sa classe et il a le coup de foudre. Pourvu de se rapprocher d’elle, il décide donc de passer au végétarisme, vu que la jeune fille est végétarienne. Il est accompagné en cela par sa meilleure amie, pour le soutien moral...

Avec un titre pareil, je ne pouvais, évidemment, pas laisser Veggie tendance vegan de Charlotte Bousquet sur sa table à la médiathèque. Ce roman ado / young adult est facile à lire et plaisant et j’ai replongé avec amusement dans mes propres années lycée, mais il ne me laissera pas un souvenir impérissable. Les multiples références pop culturelles – une citation au début de chaque chapitre – et les bons sentiments ambiants m’ont semblé aussi charmants que mielleux. La réflexion sur l’incidence environnementale de l’élevage et sur la souffrance des animaux est pertinente, bien sûr, mais certains passages ressemblent à une brochure de la L214 et font plus de ce roman un pamphlet avec histoire qu’une histoire avec un message, si vous voyez ce que j’essaye de dire par là; il m’a manqué de l’implication et des sentiments pour vivre ma lecture plus intensément. Je serais toutefois curieuse de voir ce qu’il évoque ou provoque chez une personne omnivore. Dans mon cas, ça revenait à prêcher une convertie, vu que je suis végétarienne depuis plus de deux ans et que j’étais déjà flexitarienne depuis dix ans quand j'ai complètement abandonné la chair animale. Donc, un moment de lecture agréable sur le coup, mais rien de bien marquant. Saluons toutefois le fait que Charlotte Bousquet met en scène des adolescents qui se posent des questions et réfléchissent pour se bouger et être de meilleurs êtres humains, ce qui est appréciable!

jeudi 18 novembre 2021

L’année suspendue (2021)

Chronique express!

Après avoir exploré son asexualité dans Nous qui n’existons pas, Mélanie Fazi publie un nouvel ouvrage autobiographique. Celle fois, elle retrace le parcours de son diagnostic d’autisme, depuis ses premières réflexions, inspirées par une amie lui ayant dit "Je crois que tu es peut-être sur le spectre de l’autisme", jusqu’aux résultats finaux de différents tests. La première moitié de l’ouvrage porte sur son comportement et ses caractéristiques particulières (par exemple, elle a un problème de fatigue chronique depuis des années et a besoin de se ressourcer par la solitude entre deux interactions sociales) et sur la façon dont son vécu s’est mis à résonner avec tout ce qu’elle lisait sur l’autisme. La deuxième moitié porte sur le diagnostic à proprement parler, avec ses démarches pour trouver des professionnels de santé puis les tests.

Cet ouvrage est super intéressant et se lit tout seul. Mélanie Fazi a une capacité d’introspection incroyable et s’exprime avec autant de netteté que de simplicité, c’est formidable. Son propos est nuancé et exprime toute la complexité de certaines situations, émotions et relations humaines. Elle souligne ce qui relève de son cas personnel et de la situation en France au moment de son diagnostic, aborde les méthodes d’adaptation qu’elle a mises en place… J’ai lu une bonne partie de cet ouvrage dans des conditions peu favorables (mon homme ronflait tellement dans le lit de notre chambre d'hôtel que je suis partie lire dans la salle de bain 😜) et ça m’a permis de passer mes heures d’insomnie avec beaucoup de plaisir – ce qui a quelque chose de paradoxal au vu du sujet, en fait, mais c’était mon ressenti. Sans surprises, je me suis énormément reconnue dans ses traits de caractère et c’était un peu comme lire le journal que je n’ai pas su écrire. (Je précise que ceci n’est pas un message subliminal pour vous dire que je suis autiste.) Je vais d’ailleurs offrir ce livre à deux amies qui pourront certainement en bénéficier, soit pour leur démarche personnelle soit pour venir en aide à d’autres.

Pour la petite histoire, il semblerait que les autistes se tournent plus facilement que les non-autistes vers l’imaginaire, à tel point que quand Mélanie Fazi a expliqué à un psy qu’elle adorait lire, il lui a demandé "heroic fantasy?" 😂😂

Livres de l'autrice déjà chroniqués sur ce blog
Nous qui n'existons pas (2018)
Serpentine (2004)

Allez donc voir ailleurs si cette année y est!
L'avis de Shaya

samedi 13 novembre 2021

The Stars are Legion (2017)

Quand Zan se réveille, elle n’a qu’une certitude: elle a jeté un enfant. Ça, elle s’en souvient. Tout le reste, à commencer par son prénom, lui a été dit par les femmes qui l’entourent. Elle a commandé une grande armée. Elle devait détruire un monde qui n’existe pas. Son armée a été anéantie…

À ses côtés, Jayd, une femme qui prétend être sa sœur, mais que Zan ne croit pas. Autour d’elle, un vaisseau-monde dont on comprend rapidement qu’il est vivant. Il a des artères, on y recycle les personnes, les vaisseaux ronronnent et ont des yeux… Il fait partie de la Légion. Mais la Légion est en danger, car les mondes pourrissent et meurent les uns après les autres.

Les chapitres de The Stars are Legion de Kameron Hurley, plutôt courts, sont racontés à la première personne, soit par Zan soit, plus rarement, par Jayd. Au début, il est très difficile de saisir les enjeux, vu que Zan n’a aucune information en main. On comprend toutefois que la guerre fait rage entre leur vaisseau-monde, le Katarzyna, et un autre, le Bhajava, et que Zan et Jayd ont un rôle essentiel à jouer et sont prêtes à sacrifier beaucoup pour parvenir à leurs fins.

Les trois premiers chapitres ont été difficiles pour moi à cause de cette opacité et de mes conditions de lecture, qui n’étaient pas du tout favorables. Puis, à partir du quatrième, j’ai pu enchaîner et je me suis surprise à adorer ce roman. Les chapitres sont courts, ce qui met facilement le lecteur en mode "allez, j’en lis encore juste un"... Et l’univers est assez spectaculaire. Kameron Hurley a eu une idée très intéressante avec ses vaisseaux-mondes organiques et elle l’a poussée jusqu’au bout. [Divulgâcheur] Imaginez, c’est le vaisseau qui contrôle la procréation: ses habitantes tombent enceintes sans savoir de quoi. Elles peuvent accoucher aussi bien d’une créature mutante que d’un truc difforme qui évoque vaguement un outil… [Fin du divulgâcheur]

C’est extrêmement dépaysant, même si on ne comprend pas tout – et d’ailleurs, les personnages ne comprennent pas tout non plus, les communications étant rares entre les différents niveaux du vaisseau.

Avec cet univers unique et une intrigue riche, qui prend rapidement la forme d’un parcours initiatique à la recherche de l’identité de Zan, j’ai vraiment adoré ce roman. Si je ne crie pas au chef d’œuvre, c’est à cause du style, que j’ai trouvé assez pauvre. Je pense que l’autrice a choisi un style simple et direct délibérément, pour en faire un roman de space opera et d’action au ton vif, qui ne perd pas de temps. Mais la narration est au présent et moi, le présent dans un roman d’aventure, ça me tombe des mains. J’ai l’impression d’être de retour en primaire. Par ailleurs, les phrases sont courtes, avec bien peu de conjonctions (il y a "but", quoi…) et de subordonnées; c’est sujet-verbe-complément pratiquement ad eternam. Et Kameron Hurley n’emploie pratiquement qu’un verbe pour décrire les prises de parole des personnages: "to say". Il y a aussi des "to ask", mais c’est surtout "to say". C’était tellement répété que je pensais au pauvre traducteur qui s’est coltiné ça – pour info, il s’agit de Gilles Goullet pour la version française.

Rasida takes Aditva by the shoulder. I tense.
"Tell me chat you planned," Rasida says to Aditva.
Aditva begins to cry.
"Please, Rasida," Nashatra says. "I know you are displeased, but–…"
"You know what we do to traitors, Mother," Rasida says.
"I know," Nashatra says again.
"The Legion is my sister," Rasida says. "We are all sisters. That means nothing when survival is at stake."

Je vous assure que ce genre de truc peut rendre un traducteur zinzin. J’ai testé.

Bon, je vous fais tout un paragraphe sur ça, mais en soi le roman se lit super facilement; c’est un bon page turner! C’est juste qu’il me semble manquer cet aspect stylistique pour en faire un Grand Roman.

Et sinon les vaisseaux-mondes ne sont habités que par des femmes, ce qui est tout à fait délibéré de la part de Kameron Hurley.

"When I first came up with the idea for this novel in 2012, I knew it was going to be a hard sell. What, you want to write an all-women space opera? Like, science fiction without men in it? Not even a mention of men?"

🤣🤣🤣

Allez donc voir ailleurs si ces étoiles y sont!
L'avis d'Itenarasa
L'avis de Tigger Lilly

lundi 8 novembre 2021

Ainsi soit-elle (1975)

Après avoir lu Mon évasion, l'autobiographie que Benoîte Groult a écrite quand elle avait 80 ans passés, j'avais très envie de lire l'essai féministe qu'elle a publiée pendant les années 70, Ainsi soit-elle. C'est accompagnée de Shaya que je suis passée à l'action...

"Je n'avais pas envie d'écrire un roman. Mais un je-ne-sais-quoi. Un fourre-tout. Un livre qui parle des femmes qu'on qualifié aujourd'hui de M.L.F. dès qu'elles s'avisent de broncher..."
Difficile de parler de cet essai, qui aborde de très nombreux sujets: place des femmes dans la société, mépris diffus les enjoignant à rester à leur place, réaction des hommes (et de très nombreuses femmes) face aux revendications féministes, insultes contre les militantes (les éternelles "mal baisées"...), mutilations génitales, contrôle de la natalité et renvoi permanent à la position subordonnée à l'homme, qui donne du sens à tout, et à la maternité (dans le cadre adéquat du mariage, évidemment: si elle n'est pas mariée, la mère n'est plus une sainte mais une âme perdue...).

Hélas, je retiens surtout de cette lecture un certain abattement, car les piques et les critiques n'ont pas beaucoup évolué depuis les années 1970: on parle trop de féminisme, les femmes nous ont bien fait chier, et puis quoi encore?

Je retiens aussi le chapitre sur les mutilations génitales, parfaitement horrifiant. Ah, les orties sur le clitoris pendant une nuit entière, une recette sans faille pour le faire enfler et le couper plus facilement! Et Benoîte Groult fait le lien avec d'autres pratiques qui ont pour unique but d'handicaper la femme pour qu'elle ne puisse pas être autonome, comme le bandage des pieds en Asie et les colliers des femmes-girafes en Afrique.

Sur un plan plus positif, je retiens aussi la verve de Benoîte Groult, qui n'avait pas DU TOUT sa langue dans sa poche! Tout le monde en prend pour son grade et c'est assez jubilatoire, même si son ton parfois vindicatif ne me semble pas le plus approprié dans un essai, un genre que je considère comme plus universitaire et neutre. En même temps, quand on voit le sujet, difficile de ne pas frôler l'explosion à la figure de certains connards... Outre la dénonciation, elle donne aussi quelques pistes pour des relations hommes-femmes plus épanouies, dont une que j'ai soulignée:

"Sans fierté de soi-même et sans respect de l'autre, il n'y a pas de couple. Et la fierté de l'un ne se construit pas sur l'abaissement de l'autre."

Une maxime que je ferais bien de retenir, moi qui ai la critique facile et qui ai à maintes reprises utilisé des connaissances ou des proches comme faire-valoirs... (Oui, j'ai honte. Mais notez que, au moins, j'en ai pris conscience.)

Si cet essai est probablement un peu daté et n'a pas révolutionné ma vision du monde, certainement parce qu'on parle énormément de féminisme depuis #MeToo et que j'ai déjà lu sur le sujet, il reste une lecture intéressante et une rencontre fort intéressante avec Benoïte Groult. Elle a le prénom... Elle a le nom... Elle a le staïle... On ne peut pas passer à côté d'elle! 🤩

Allez donc voir ailleurs si Benouâââte y est!
L'avis de Shaya

mercredi 3 novembre 2021

La gamelle d'octobre 2021

Comme d'habitude, retour sur l'actualité culturelle du mois qui vient de s'écouler..

Sur petit écran

Pas de film.

Sur grand écran

Dune. Première partie de Dennis Villeneuve (2020)
Ce deuxième visionnage a été très bénéfique et m'a permis de mieux appréhender les motivations de l'Empereur et de revivre avec enthousiasme certaines scènes (Duncan Idaho!! 😍). Il s'agit vraiment d'un film à voir au cinéma, ne le laissez pas passer s'il vous intéresse...

Le dernier duel de Ridley Scott (2021)

Un film de qualité et prenant, qui parle d'un sujet d'actualité, le viol. Je recommande, d'autant plus que, comme toujours, Ridley Scott propose de beaux plans équestres, dont deux scènes qui ont dû être difficiles à tourner (Matt Damon qui chasse l'étalon à coups de pelle (!) et le cheval blessé dans l'arène à la fin). Toutefois, j'ai eu un peu de mal à rentrer dedans; au début, les scènes s'enchaînaient un peu vite et je ne saisissais pas bien les relations de l'une à l'autre; et tout au long du film, j'ai trouvé certains acteurs ou personnages à côté de la plaque, notamment Ben Affleck avec ses cheveux blonds très artificiels ou le roi de France, maniéré et immature. Et surtout, [divulgâcheur] c'est un film ÉPOUVANTABLE à endurer à cause de ce qu'il montre du viol. Il y a effectivement un viol dedans, il n'y a aucun doute sur ça, et on le voit DEUX FOIS. La première fois, ça a été, pour moi, pratiquement insoutenable. La deuxième fois, ça a été PIRE. Ce n'était pas aussi horrible que le viol de Lisbeth dans Millenium, la seule fois dans ma vie où j'ai réellement envisagé de sortir d'une salle de cinéma, mais on n'était pas loin; c'est moins violent, mais aussi choquant et peut-être plus glaçant encore du fait qu'on le voit deux fois, sous deux points de vue différents. Comment Jodie Comer et Adam Driver ont-ils réussi à tourner ça? Je me demande ce que ressent un acteur donnant vie à ce genre de scène. Le lendemain soir, j'ai monté à cheval, une activité qui me fait généralement oublier tout le reste, et je voyais encore Adam Driver avec sa présence si prédatrice et son assurance totale dans la chambre [fin du divulgâcheur].

Du côté des séries

Je suis sur la saison 1 de The Witcher en préparation de la 2, qui arrive bientôt. J'adore cette série, mais qu'est-ce qu'elle a de faiblesses dans la technique et le récit, voire des nullités totales (les lentilles!! Je vous jure!! J'en peux plus de ces lentilles ridicules!!). J'espère qu'ils gèrent mieux la deuxième...

Et le reste

J'ai lu mon Cheval Magazine, comme tous les mois, et j'ai lu le Monde Diplomatique de septembre. Cette lecture pointue et exigeante m'a pris un temps fou, comme en avril, mais m'a permis d'avoir au moins une vague idée de la situation en Afghanistan fin août, ce qui est une bonne chose. Par contre, les journalistes sont suffisamment à gauche pour que j'ai l'impression d'être une droitiste, lol. Mon idée de l'acheter deux fois par an me semble bonne; plus souvent, c'est plus de temps et d'énergie que je ne souhaite y consacrer; moins souvent, c'est perdre la possibilité d'accumuler un minimum de bagage culturel pour assimiler leurs articles.

vendredi 29 octobre 2021

Je pense trop. Comment canaliser ce mental envahissant (2010)

Je vous parle aujourd'hui d'un ouvrage qui m'a été prêté par une amie. Apparemment, on a eu une conversation sur le fait de trop penser cet été, mais je n'en ai aucun souvenir. 😂 

Christel Petitcolin est "Conseil et Formatrice en communication et développement personnel" (je cite la quatrième de couverture, majuscules superflues comprises 😜). Dans sa pratique, elle a rencontré de nombreuses personnes faisant preuve d'hyperefficience mentale et elle a écrit ce livre pour les aider à mieux se comprendre et mieux gérer leur vie.

Pour elle, l'hyperefficience mentale est une tendance caractérisée par la suprématie du cerveau droit. Le surefficient mental fait preuve d'hyperesthésie, c'est-à-dire qu'il est extrêmement sensible aux stimulus sensoriels (il prête attention aux odeurs, il est gêné par la musique forte...), d'hypersensibilité (réactions exacerbées aux interactions sociales), d'hyperaffectivité et d'hyperempathie. Il peut aussi avoir des problèmes de gestion du stress en raison de l'hypervigilance de son cerveau, mais je n'ai plus cet aspect-là en tête (et je n'ai pas envie de relire le chapitre concerné...).

"Le cerveau droit vit l'instant présent. Il privilégie l'information sensorielle, l'intuition et même l'instinct. Il perçoit les choses de façon globale et peut restituer un ensemble à partir d'un seul élément, même mineur. [...] Sa pensée en arborescence est foisonnante et lui donne accès à la pluralité des solutions. Affectif, émotionnel, donc irrationnel, il se sent appartenir à la famille humaine et même au monde du vivant."

Le cerveau droit a aussi une soif d'absolu qui le porte à faire preuve d'un certain idéalisme, voire d'un idéalisme certain, et applique un système de valeurs très rigide, ce qui en fait une proie idéale pour les manipulateurs...

Bon. J'ai entamé ce livre avec un apriori négatif envers son autrice à cause du titre. "Je pense trop", c'est une critique. C'est quelque chose de négatif. "Être surefficient mental", en revanche, c'est quelque chose de positif. Il y a "sur" et "efficience" dedans. Ça veut dire que vous pensez plus que les autres. Vous voyez le tour de passe-passe? Vous ne pensez plus trop, vous pensez plusss. Vous n'avez plus un handicap, mais un atout. Et ça, c'est super flatteur pour le client... Il vient avec un problème et vous lui expliquez que pas du tout, il n'a pas un problème, il est extraordinaire. (Et encore, l'autrice utilise le terme de surefficience, qui est pragmatique, et pas le terme "surdoué", qui est, je crois, obsolète.)

Par ailleurs, la liste des traits des surefficients mentaux m'a semblé tellement large que n'importe qui peut s'y retrouver. Moi, par exemple, j'ai tous les traits que j'ai cités ci-dessus (hyperempathie, hyperaffectivité, etc.), à l'exception de la pensée en arborescence. Vous ne dormez pas la nuit parce que votre cerveau tourne à toute allure? C'est une marque d'hyperefficience mentale. Vous n'arrivez pas à structurer votre exposé d'histoire-géo parce que vous vous éparpillez sur plein de pistes différentes? C'est une marque d'hyperefficience mentale. Vous ne dites jamais non quand on vous demande un service? C'est une marque d'hyperefficience mentale...

Enfin, la description des "normopensants", à savoir les gens dominés par le cerveau gauche, en fait des êtres bornés, qui ne s'intéressent à peu près à rien et n'éprouvent pas de sentiments forts. Ils se contentent de ce qu'ils ont (ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, si je force le trait), ils sont très contents d'eux-mêmes et ils avancent péniblement d'une idée à l'autre, là où le surefficient mental a déjà traité mille informations dans toutes les directions...

Bon.

Ce que je viens de vous dire, c'est tout le mal que j'ai pensé de ce livre. Ajoutez-y que, après l'avoir terminé, j'ai visité le site de l'éditeur et découvert qu'il publie des témoignages sur les anges et des manuels de numérologie (🙃🙃🙃), et vous comprendrez que j'éprouve un certain scepticisme.

Toutefois, étant donné que j'ai un système de valeurs très rigide (ce qui, je le rappelle, peut être une marque d'hyperefficience mentale!), je dois aussi valoriser ce qui est à valoriser dans ce bouquin. Car je pense qu'il y a vraiment quelque chose à creuser dans cette histoire de cerveau dominant et dans les manières différentes dont les gens fonctionnent et appréhendent le monde. Tout le monde ne pense pas de la même manière, il peut être très difficile de ne pas être dans la norme et il est enrichissant pour tout le monde de prendre conscience de cette variété et de ces difficultés. Si les traits que je résume ici vous parlent, ce livre pourrait vous aider à y voir plus clair. Il est même structuré de façon très intelligente (deux parties descriptives sur l'organisation mentale et la personnalité et une partie sur la vie une fois ce trait connu). Je pense que ça peut être utile pour quelqu'un qui a eu des difficultés à s'adapter au système scolaire, par exemple. Ou bien pour les femmes, tout simplement. Il n'est pas impossible que j'aie une vision excessivement genrée du monde occidental, mais l'hyperefficient décrit ici me semble bien correspondre aux trois quarts des femmes que je connais (pas parce que leur cerveau fonctionne différemment de celui des hommes, évidemment, mais parce qu'on les a élevées et formatées d'une certaine manière tout au long de leur vie).

Enfin, la page sur l'estime de soi m'a permis de constater que je dispose d'une solide estime de moi, ce qui est ma foi fort agréable à découvrir, même si je ne prends pas les propos de l'autrice pour argent comptant!

dimanche 24 octobre 2021

The Last Unicorn (1968)

Ma pile à lire ne contenant plus que sporadiquement des livres en anglais, je suis contrainte de relire des livres déjà rangés dans la bibliothèque. Et bien que j'en possède un certain nombre, c'est toujours un casse-tête de trouver quoi lire... Cette fois-ci, j'ai choisi la Dernière licorne de Peter S. Beagle. À la base, j'ai vu le dessin animé quand j'étais enfant, puis j'ai lu le livre il y a une dizaine d'années.

L'histoire: une licorne qui a toujours vécu dans sa forêt entend deux chasseurs affirmer que les licornes ont disparu. Étonnée, elle quitte sa forêt pour retrouver ses semblables. Sur son chemin, elle rencontre Schmendrik, un sorcier qui cherche ses pouvoirs, et Molly Grue, qui vit dans les bois avec une bande de hors-la-loi. Leur quête les mènera jusqu'au château du terrible roi Haggard...

Le dessin animé de 1982 étant très fidèle au roman, il n'y a pas de grande découverte à faire ici si on a déjà vu l'adaptation. On y rencontre les quatre gardes de Haggard et on apprend qu'une sorcière a lancé une malédiction sur le château et la ville voisine. À part ça, j'ai eu l'impression de lire le script du dessin animé tellement je retrouvais les dialogues mot pour mot (oui, j'ai l'impression de connaître le dessin animé par cœur 😁). Bien sûr, cela n'est pas un problème de la part du roman, juste une remarque expliquant en partie mon manque d'implication dans cette lecture.

Par ailleurs, le style de Beagle est très particulier. L'auteur est très doué avec les mots. Il déforme des expressions consacrées, accole deux mots qui ne vont pas ensemble ou décrit de manière étonnante – mais tout en raffinement – un phénomène étrange (ainsi, le chat qui sort "d'un repli de l'air" vers la fin, si je me souviens bien). Parfois, un personnage se met à rimer, l'air de rien. Cela donne une ambiance merveilleuse au sens premier du terme: le merveilleux, le magique, le monde à côté du nôtre qu'on aperçoit seulement. C'est parfait pour un roman sur une licorne, évidemment! Moi, par contre, je ne suis pas trop rentrée dedans. Ce genre de procédé me perd très rapidement car je ne sais jamais si je ne comprends pas un truc 1/ parce que le fait que l'anglais n'est pas ma langue maternelle m'en empêche ou 2/ parce que l'auteur a réellement proposé quelque chose de hors de l'ordinaire. Et puis je n'aime pas trop les trucs farfelus à la Alice au pays des merveilles, et certains passages m'ont semblé du même genre.

Bon, je critique, je critique, mais j'ai fini le roman en larmes, évidemment. Il s'en dégage une terrible nostalgie de... Je ne sais pas trop de quoi. D'une sorte d'innocence, de l'espoir que le monde soit plus beau qu'il n'en a l'air... Et en même temps, c'est une histoire assez injuste, dont le dénouement est aussi positif que tragique... Bref, faites-vous votre propre idée!

"You can find your people if you are brave. They passed down all the roads long ago, and the Red Bull ran close behind them and covered their footprints."

mardi 19 octobre 2021

El peso del corazòn (2015)

Chronique express!

Après Lagrimas en la lluvia, j'avais très envie de retrouver Bruna Husky, la réplicante de combat créée par Rosa Montero, et j'ai donc commandé la suite illico presto (enfin, à la vitesse inexistante de ma connexion de vacances, j'ai mis genre deux jours à passer ma commande 🤣). Ce deuxième roman commence dans une zone Zéro, une région très polluée, où Bruna s'est rendue pour son travail de détective et où elle prend sous son aile une petite fille russe. Ce qu'elle regrettera assez vite, car la petite mord quand elle n'est pas contente. Bruna l'appelle "le monstre" ou "la Russe" et ne sait plus comment s'en débarraser, j'adore. 🤣 Leur rencontre, ainsi qu'une mystérieuse mission confiée à Bruna par une cliente fortunée, vont mettre notre réplicante sur la piste d'une nouvelle affaire, qui l'emmènera sur Labari, une station artificielle où s'est mise en place une société ultra autoritaire, et en Finlande...

Les ingrédients de ce deuxième roman sont exactement les mêmes que dans le premier et ça marche aussi bien. J'adore que Bruna fasse connerie sur connerie dans sa vie personnelle, que ce soit dans son rapport à l'alcool ou dans celui avec Paul Lizard, un policier, et qu'elle insulte régulièrement, dans sa tête, la vie et les gens. 😂 J'adore que l'histoire se passe à Madrid: avec le fait que je lis ça en espagnol, j'ai une sensation de dépaysement total. J'adore que Bruna ait des pulsions sexuelles très fortes et décrites de manière factuelle, presque crue, même si elle se jette dans les rapports sexuels avec un jusqu'auboutisme quasiment sentimental qui m'emballe moins. J'adore les personnages secondaires, comme l'archiviste Yannis et le bubi Bartolo ("Bartolo bueno, Bartolo bonito!" Ohlàlà! 🤩🤩🤩🤩). Et j'adore cet avenir urbain, triste et pauvre, même s'il est très effrayant. Il est vrai que l'effet de surprise du premier tome est passé et que l'enquête a moins d'ampleur (quoique... les déchets nucléaires, ça fait réfléchir...), mais le voyage reste génial. Le troisième tome est dans ma pile.

Allez donc voir ailleurs si ce cœur y est!
L'avis de Baroona
L'avis du Chien critique
L'avis de Lorhkan
L'avis de Tigger Lilly

jeudi 14 octobre 2021

Deux lectures courtes: L'Échappée belle (2001, rééd. 2009) et le hors-série Une Heure-lumière 2018

Pour des raisons de calendrier, je réunis exceptionnellement deux livres dans ce billet: deux lectures courtes et stratégiques en une période où j'ai eu du mal à dégager du temps pour lire.

L'Échappée belle d'Anna Gavalda (autrice dont je vous ai déjà parlé ici) est le récit d'une escapade. Deux sœurs et un frère se retrouvent pour assister à un mariage. Dans la voiture, l'épouse du frère exprime de maintes manières son mécontentement face à leur manque d'organisation ou leur retard, et l'atmosphère est tendue; mais les trois membres de la fratrie se serrent discrètement les coudes, gardant leur calme face à la tempête. Une fois arrivés à destination, ils découvrent que leur frère cadet n'est pas venu et décident, sur un coup de tête, de le rejoindre.

C'est une jolie histoire pleine de souvenirs d'enfance et d'une solidarité propre aux fratries, mais avec plein de sentiments nuancés, car rien n'est tout blanc dans les vies de ces quatre personnages, vus par la narratrice, Garance. Pendant quelques heures, ils vont se retrouver entre eux, comme autrefois. Quand j'ai lu ce roman pour la première fois, il y a plus de dix ans, j'ai adoré cette bouffée d'air, cette envie d'évasion. J'ai moins ressenti cet enthousiasme cette fois, mais j'ai tout de même passé un joli moment. C'est un roman riche de nostalgie face au temps qui passe. Rien d'exceptionnel, mais la réalité de nos vies. Pour info, j'ai lu l'édition revue et corrigée parue chez le Dilettante, qui reprend le roman paru à l'origine chez France Loisirs en 2001.

Le premier hors-série de la célèbre collection Une Heure-lumière du Bélial' a atterri entre mes mains par erreur; je l'ai offert deux fois à la même personne, alors je suis rentrée chez moi avec. 😅 Il comprend une introduction d'Olivier Girard, fondateur du Bélial', qui raconte comment est né le projet de la collection. Très intéressant, même si tous ces gens qui insistent sur l'invendabilité des nouvelles en France me semblent surtout regarder leur fascinant nombril de gens plus intellectuels que les autres parce qu'ils lisent des textes courts... 🤔 Suit une nouvelle de Ken Liu, Sept anniversaires, traduite de l'anglais par Pierre-Paul Durastanti. Sept anniversaires, sept journées dans la vie d'une femme à la vie incroyablement longue, qui assiste à une évolution radicale de la Terre et de l'humanité. Après un premier chapitre très touchant, et malgré la présence de nombreux thèmes pertinents (relations parents-enfants, responsabilité de l'être humain vis-à-vis des autres espèces vivantes...), j'ai totalement décroché de ce texte trop désincarné pour moi. Enfin, le recueil se clôt sur une interview d'Aurélien Police, illustrateur ayant dessiné toutes les couvertures de la collection. Très intéressant aussi, même si on devine un certain égo, comme chez Olivier Girard. (En même temps, je suppose qu'on ne perdure pas dans l'édition et l'illustration si on n'a pas un minimum d'égo pour y croire...)

Voilà, une lecture pas très enthousiasmante pour moi. J'ai préféré le hors-série de 2020. Mais je vous conseille de lui donner une chance s'il croise votre chemin: la nouvelle de Ken Liu fait à peine trente pages, ce serait dommage de se priver d'une rencontre avec cet auteur... Vous pouvez aussi lire les avis de Lorhkan et d'Ombrebones, qui sont plus enthousiastes.

samedi 9 octobre 2021

Les BD du troisième trimestre 2021

Comme tous les trimestres, retour sur mes dernières lectures de bandes dessinées et de comics.

La compil du chat assassin de Véronique Deiss, d’après Anne Fine, traduite de l’anglais par Véronique Haïtse (2021)

La série du chat assassin compte plusieurs romans écrits en anglais par Anne Fine. En France, ils sont disponibles chez l’École des Loisirs dans une traduction de Véronique Haïtse. Rue de Sèvres propose également une adaptation en bande dessinée avec Véronique Deiss, dont ce volume regroupe les quatre épisodes: Journal d’un chat assassin, Le Retour du chat assassin, La Vengeance du chat assassin et L’Anniversaire du chat assassin. Les dessins sont très rigolos et les histoires sont cocasses. Tout commence par le retour du chat à la maison avec un lapin mort, ce qui pousse ses humains à le qualifier d’"assassin". C’est un bon moment de lecture féline, bien que ce ne soit pas mémorable. Et le prix est franchement raisonnable: 15€ pour quatre bandes dessinées, même courtes, c’est une bonne affaire!
Éditeur: Rue de Sèvres

Boule et Bill n° ? de Jean Roba ( ?)

J’ai lu un album de Boule et Bill en vacances dans une location et je n’ai pas noté le titre ou le numéro, donc je ne suis pas sûre de quel album c’était… Probablement Carnet de Bill, paru en 1976. C’était adorable. J’aurais tellement aimé lire ça quand j’étais gamine… 

Revolution de John Barber, Cullen Bunn et Fico Ossio, traduit de l’anglais par Cédric Delarbre (2021)

Attention, cross-over de la mort qui tue! Cet album de six épisodes (Prélude et les numéros 1 à 5) met en scène les Transformers, les GI Joe, Action Man, les Micronautes, ROM et MASK. Six licences de jouets que je connais très mal, voire, pas du tout, à l’exception de mes bien-aimés Transformers. C’est franchement mauvais, je n’ai rien compris à l’intrigue et les dialogues m’ont parfois semblé n’avoir ni queue ni tête. Une seule chose est claire: Optimus Prime est toujours ultra charismatique quand il prend la pose! Et Windblade, la seule Transformer femme, a des gros seins. 🤣 Je suis épatée de l’existence de ce truc, c’est vraiment dingue. Vestron publie des tas de cross-over hallucinants, genre Transformers vs Terminator, Transformers et Retour vers le futur, Robocop vs Terminator… Qui eût cru qu'il y avait un tel marché?
Éditeur: Vestron

Dino Park de Plumeri et Bloz (2021)

Ce spin-off des Dinosaures en bande dessinée, série dont je vous ai déjà parlé ici, ici et ici, met en scène de nombreux dinosaures dans un parc à dinosaures. C’est ultra-référencé à Jurassic Park, parfois jusqu’à l’excès tellement le modèle revient constamment, mais c’est aussi amusant et instructif que la série de départ. Il y a un véritable effort de transmission des informations connues sur les dinosaures présentés, y compris à travers trois doubles pages qui ne sont pas consacrées à des planches mais à l’approfondissement d’un sujet précis. À offrir sans hésitation aux moins de dix ans, qu’ils soient mordus de dinos ou pas.
Éditeur: Bamboo

Thanos gagne de Donny Cates (scénario) et Geoff Shaw (dessin), traduit de l’anglais par Mathieu Auverdin pour Makma (2017)

Cet arc narratif de six épisodes s’insère dans la série Thanos Vol. 2 de Marvel, mais peut se lire indépendamment malgré les nombreuses références à d’autres personnages ou évènements. Le Thanos de notre époque voit débarquer Ghost Rider (oui oui… Ghost Rider… Le personnage de Nicolas Cage… 😄) avec la Pierre du temps, qui l’embarque dans le futur, à la rencontre de lui-même: un vieux Thanos, devenu roi d’un univers désert, dont il a pratiquement éradiqué toute forme de vie. Vous savez peut-être que 1/ je déteste les histoires de voyage dans le temps et 2/ j’ai détesté Thanos au cinéma… Il est donc surprenant que j’aie apprécié cet arc, qui est plutôt bien foutu et bien dessiné et montre les véritables motivations de Thanos: loin de vouloir "rééquilibrer l’univers" par un massacre d’ampleur, il veut simplement tuer tout le monde pour séduire la Mort, dont il est amoureux. Une motivation que je trouve beaucoup plus censée. Et puis il a tué sa mère quand il avait douze ans, ce que je trouve digne d’un vrai méchant.
Éditeur: Panini

Thanos. Sanctuaire zéro de Tini Howard (scénario) et Ariel Olivetti (dessin), traduit de l’anglais par Jérémy Manesse (2019)

Cette histoire en six épisodes raconte le début de la relation entre Gamora et Thanos. Leur rencontre se fait dans la violence: Thanos extermine les habitants de la planète Zen-Whoberi afin d’empêcher le Magus de les convertir à sa religion, l’Église Universelle de la Vérité, mais laisse la vie sauve à une petite fille qui, comme lui, voit la Mort. Il la ramène sur son vaisseau, où elle doit se reconstruire. L’histoire est racontée par Gamora, adulte, à un petit enfant qui n’est autre qu’une version du Magus venue… je ne sais d’où en fait, probablement d’un futur parmi d’autres? Quoi qu’il en soit, l’histoire est intéressante, puisqu’on voit une petite fille à la résistance extraordinaire s’adapter à un contexte ultratraumatisant pour survivre. Et Thanos, qui court après la Mort et est hanté par le Magus qui lui parle alors que Thanos n’a rien demandé, est plutôt compréhensible et presque sympathique.
Éditeur: Panini

Le chat qui rendait l’homme heureux – et inversement (vol. 1) d’Umi Sakurai, traduit du japonais par Sophie Piauger (2018)

Un homme seul et triste adopte un chat exotic shorthair, qui s’ennuie dans sa cage dans une animalerie et dont personne ne veut parce qu’il est gros et n’est plus un bébé. (J’ai vérifié à quoi ressemblent les exotic shorthair et il faut dire que ce ne sont pas les chats les plus sexys qui soient…) Il l’appelle Kukumaru, qui signifie quelque chose comme "grand bonheur, bonheur en rond". Les deux vont retrouver l’amour et la joie au contact l’un de l’autre. Fukumaru est totalement hystérique d’avoir été adopté, lui qui croyait que personne ne voudrait jamais de lui, et l’homme se rouvre progressivement à la vie. On comprend assez rapidement qu’il a vécu un deuil douloureux. C’est une belle histoire sur la manière dont les animaux de compagnie nous aident à surmonter la solitude et à être heureux, tout simplement. Deux petites critiques, toutefois: la relation humain-chat est vraiment très fusionnelle (même pour moi!) et il est parfois difficile de comprendre à qui appartient la voix off, car le narrateur change de chapitre en chapitre (parfois le chat, parfois l’homme, parfois une autre personne).
Éditeur: Soleil

Docteur Strange & Docteur Fatalis: Triomphe et tourment de Roger Stern (scénario), Mike Mignola (dessin) et Mark Badger (encrage et couleurs), traduit de l’anglais par A. Catteau (1989)

J’ai beaucoup apprécié cette rencontre entre le docteur Strange et le docteur Fatalis, qui font temporairement équipe pour libérer la mère de ce dernier des Enfers. L’histoire est bien menée et se lit très bien seule, sans connaître les personnages ou d’autres comics. Et Mike Mignola au dessin, c’est toujours le bonheur. Et puis j’ai lu une édition spéciale en très grand format: l’ouvrage est difficile à ranger dans la bibliothèque, mais les planches gagnent à être vues en grand ! 💖
Éditeur: Panini

lundi 4 octobre 2021

La gamelle de septembre 2021

Septembre, le mois de la rentrée et du retour à la vie réelle après la pause des vacances...

Sur petit écran

Pas de film.

Sur grand écran

Shang-Chi et la légende des dix anneaux de Destin Daniel Cretton (2021)


Pfiou! La bande-annonce m'avait tellement peu convaincue que je m'attendais à un gros navet, et en fait j'ai trouvé ça super, à tel point que je suis allée le voir deux fois. Shang-Chi est un Marvel fort sympathique avec de nouvelles perspectives qui relèvent quasiment du fantastique – au final, le danger qui menace la Terre est une créature démoniaque type Cthulhu. Il y a une dragonne. Et il y a Morris. J'adore Morris. 😍

Dune. Première partie de Dennis Villeneuve (2020)
Un film total, porté par une vision totale; Dennis Villeneuve a pensé son univers dans les moindres détails et tout est très convaincant. L'histoire prend son temps pour nous faire entrer dans la vie des personnages et les poser, et le tout est porté par une musique très bien choisie (bravo Hans Zimmer). Je dois toutefois dire que je n'ai pas été plus transportée que ça. En partie à cause d'une certaine froideur permanente, à l'exception de LA scène de Jason Momoa (le seul personnage qui sourit de tout le film est aussi mon préféré, et ce n'est peut-être pas un hasard...), et en partie de quelques éléments que j'ai trouvés plus faibles, comme le méchant très méchant, très avide, très moche et très obèse (sans commentaires...) ou le retour incessant de figures féminines à contre-jour, un truc que je trouve insupportable.
Sur le plan "la hype m'a grave saoulée": pour un film que certains qualifient de féministe et d'écologiste, les femmes sont étonnamment cantonnées à de la figuration (à contre-jour!) et toute notion de rapport à l'environnement est traitée étonnamment rapidement. C'est un film à voir pour la beauté de ses images, pas du tout pour son contenu ou son message.

Du côté des séries

Rien, hélas. J'ai perdu mon rythme de croisière en août, à cause de ma connexion pourrie en vacances, et je n'ai pas repris en septembre... Mais il faut que je m'affole pour revoir la première saison de The Witcher avant la sortie de la deuxième!

Et le reste

J'ai lu lu numéro 3 d'Epsiloon, qui m'a convaincue de ne pas poursuivre avec cette revue (ou bien ponctuellement, si le dossier porte sur un sujet qui m'intéresse), et mon Cheval Magazine adoré en fin de mois.

mercredi 29 septembre 2021

Watership Down (1972) 🐰

Chronique express!

Comme les copains ont fait des retours enthousiastes lorsque Watership Down de Richard Adams est sorti chez Monsieur Toussaint Louverture dans une traduction de Pierre Clinquart, je n'ai pas hésité à l'acheter lorsque j'ai croisé le chemin de la VO – d'autant plus que cette couverture d'Emily Sutton pour Penguin est irrésistible. Comme souvent, j'ai bien fait: ce roman s'est avéré génial!

C'est l'histoire d'une bande de lapins qui quitte sa garenne du jour au lendemain, l'un d'entre eux ayant eu une vision lui annonçant la destruction de ladite garenne. Une dizaine d'aventuriers qui devront affronter de terribles dangers pour trouver un nouveau lieu où vivre: les prédateurs, l'être humain, les véhicules, et même d'autres lapins qui ne sont pas forcément transparents sur leur mode de vie ou sont carrément embrigadés dans un régime ultrasécuritaire. La manière dont Richard Adams a donné vie à la culture et aux mœurs lapines est absolument brillante. Ils ont leurs mythes, leur langue, leur organisation sociale... Tout est extrêmement crédible et on est vite happé par l'action et conquis par certains personnages hauts en couleur, comme le guerrier Bigwig que j'ai adoré et qui n'aurait pas eu à pâlir dans un roman de David Gemmell.

Je n'ai qu'un seul bémol à émettre: la représentation des lapines est totalement déplorable... Le groupe d'aventuriers est composé uniquement de mâles. Il faut attendre une bonne centaine de pages pour qu'on rencontre une lapine et qu'elle soit nommée. Il faut attendre une centaine de pages de plus pour qu'une autre lapine prenne la parole. Les mâles parlent constamment des femelles en disant "ma lapine" et le groupe monte deux expéditions pour récupérer (kidnapper, quoi!) des lapines dans d'autres lieux (une ferme et une autre garenne) parce qu'ils doivent se reproduire. En bref, l'auteur a transposé une organisation sociale ultra patriarcale chez des animaux non humains chez qui il aurait pu – vu qu'il s'agit de toute façon de personnages de fiction dans une œuvre de fiction – inventer un système tout à fait différent. C'est dommage... Mais lisez ce roman quand même, il est génial!

Allez donc voir ailleurs si ces lapins y sont!

vendredi 24 septembre 2021

La chatte (1933) 🐈

Chronique express!

Alain et Camille sont jeunes, riches et fraîchement mariés. En attendant que les travaux soient finis dans leur future maison, ils logent dans un appartement au neuvième étage, quelque part à Paris. Mais Saha, la chatte d’Alain, restée dans la maison où il a grandi à Neuilly-sur-Seine, se languit de son maître et perd du poids… Alors, il la ramène dans son nouveau foyer.

La Chatte me semble s’insérer à la perfection dans l’œuvre de Colette – pour le peu que j’en ai vu, en tout cas. On y trouve des dialogues faisant la part belle à l’implicite, des relations très fines entre psychologies complexes, un jardin de ville empli de plantes luxuriantes et un chat. Une chartreuse, plus précisément. Une chatte racée, féminine, sensuelle et joueuse, qui a une relation tout à fait unique et charnelle avec son maître Alain. Bien sûr, tout cela n’est pas du goût de Camille, l’épouse… L’histoire est racontée essentiellement du point de vue d’Alain et on assiste en quelques semaines au délitement total d’un mariage (qui, certes, ne commençait pas non plus avec un enthousiasme franchement débordant). Colette parle des tout petits ressentis qui font le quotidien et aborde les relations sexuelles sans voile. On comprend très vite que ça ne colle pas pour Alain et qu’il a la tête totalement ailleurs. C’est fin, c’est moderne, c’est une réussite. Colette était vraiment très forte! Et ça se lit vite. Cette édition Grasset fait 200 pages, mais la police est très grande. Alors, n’hésitez pas!

Pour une raison que je ne m'explique pas, les deux livres de Colette que j'ai achetés dans cette superbe édition reliée en cuir n'ont pas le même éditeur: Albin Michel pour Claudine à l'école, Grasset pour la Chatte. Mais c'est beau quand même.

dimanche 19 septembre 2021

Notes de chevet (Xe-XIe siècles)

Notes de chevet de Sei Shônagon est un ouvrage japonais composé à la fin des années 990 et au début des années 1000. La vie de l’autrice est mal connue, mais on sait qu’elle était une dame d’honneur de la cour impériale japonaise, plus précisément de l’impératrice Teishi. Avec ces Notes, elle tient à la fois des listes et un journal. Parfois, elle énumère des éléments (des lacs, des choses rares, des temples…); parfois, un sujet lui évoque des anecdotes de la vie à la cour, qu’elle raconte plus précisément. Le résultat est à la fois fascinant et très difficile à lire.

Le côté fascinant est dû à la très belle traduction d’André Baujard, qui se lit toute seule et dégage une élégance et un raffinement qui vont fort bien au contexte de la cour impériale. Ne connaissant pas du tout le japonais, je ne peux me prononcer sur l’original, mais on a ici l’impression que Sei Shônagon s’exprimait avec beaucoup de clarté et de distinction et avait beaucoup d’esprit. Les listes sont parfois touchantes et invitent à prêter attention à de petites choses. Citons par exemple les chapitres 134 à 136: "Choses qui donnent confiance", "Choses qui rendent heureux" et "Choses vénérables et précieuses". Tout un programme. 💖 D’un autre côté, la dame d’honneur savait aussi mordre quand elle n’aimait pas quelque chose ou quelqu’un et n’était pas exempte de sentiments bien humains. J’ai ainsi noté cette citation rigolote dans le chapitre 14, "Choses détestables":

"Une personne qui vous était déjà complètement antipathique, alors qu’elle n’avait rien fait pour cela, et qui se rend coupable d’une chose qui vous déplaît."

Hélas, toute cette beauté et cet esprit ont été entravés, pour moi, par un fossé culturel franchement infranchissable. Malgré les nombreuses notes de fin d'ouvrage, j’ai globalement été à mille lieux de comprendre ce que racontait Sei Shônagon dans ses anecdotes de cour: réactions des personnages, messages implicites, coutumes de l’époque, missives contenant des bribes de poésies… l’essentiel m’échappait clairement. Je pense que le fossé est particulièrement marqué ici à cause de l’éloignement à la fois géographique et temporel; non seulement je connais mal le Japon actuel, mais en plus on parle ici du Japon du Xe siècle! Je serais certainement en difficulté pour lire un texte européen du Xe siècle, alors japonais, n’en parlons pas… J’ai noté un exemple particulièrement gros au chapitre 43, "Choses qui semblent éveiller la mélancolier":

"La voix de celui qui parle après avoir mouché, à la hâte, son nez qui coulait.
S’arracher les sourcils."

Et là, perplexité de ma part. Quel rapport entre la voix de quelqu’un qui s’est mouché et la mélancolie? Et entre l’arrachage de sourcils et la mélancolie? Sur ce deuxième point, une note m’informe généreusement que la chose était faite "pour s’en peindre d’autres plus haut", mais je ne comprends quand même pas. Un lien avec l’affaissement de la peau dû au vieillissement, peut-être? On se maquillait des sourcils plus haut pour paraître plus jeune, de même qu'on fait, aujourd’hui, des injections de botox pour affermir le visage?

Globalement, mes incompréhensions n’étaient pas toutes aussi marquées que sur ces deux points, c’était plutôt une impression générale de rater des sous-entendus. Par exemple, toutes les courtisanes éclatent de rire après que quelqu’un a dit quelque chose et je n’y vois rien de drôle…

L’ouvrage étant quand même assez dense (environ 350 pages dans un format et une police intermédiaires), je dirais qu’il est destiné à des grands amateurs de la culture japonaise, dont il forme d’ailleurs, selon l’introduction et la page Wikipédia, un chef d’œuvre littéraire (il est d’ailleurs publié par Gallimard dans une collection intitulée Connaissance de l’Orient réalisée en partenariat avec l’Unesco). Même si je n’ai pas été pleinement satisfaite de ma lecture, car je m’attendais plutôt à une réflexion sur l’impermanences des choses et, de là, sur le sens de la vie, je suis ravie d’avoir découvert ces Notes, qui restent fort agréables à lire en français et donnent assez envie… de faire soi-même ses propres listes. 😉

mardi 14 septembre 2021

Claudine à l’école (1900)

J’ai beaucoup aimé ce que j'ai lu de Colette, alors je n’hésite pas à acheter ses romans lorsque je tombe dessus. Même un livre aussi culcul que Claudine à l’école, sorte de Martine romanesque et champêtre qui ne m’attirait pas plus que ça… Et j’ai eu bien raison de lui donner sa chance, puisque j’avais tout faux: Claudine à l’école n’est pas du tout l’équivalent romanesque des albums de Martine. C’est l’histoire d’une cancre. 🤣🤣

Bon, c’est champêtre, ça c’est sûr. Nous sommes dans une école rurale française, probablement en Bourgogne, vers la fin du XIXe, et nous lisons le journal de Claudine, âgée de 16 ou 17 ans. Elle prépare le certificat d’études et vit donc sa dernière année à l’école avant de partir à Paris. Sa mère est morte et son père ne s’occupe que peu d’elle, affairé comme il l’est à étudier les limaces de la région. Par conséquent, elle est libre d’occuper son temps comme elle le souhaite. Très sûre d’elle et bonne élève, elle travaille parce qu’il le faut, mais sans passion, tyrannise ses camarades de classe et tient tête aux enseignantes. Surtout à Mademoiselle Sergent, dont elle est jalouse… Car celle-ci lui a piqué Aimée, une autre maîtresse dont Claudine est tombée amoureuse! En effet, Claudine à l’école parle ouvertement de relations homosexuelles, d’abord avec le rapprochement entre Claudine et Aimée, puis avec la relation de Mademoiselle Sergent et Aimée, puis avec l’idolâtrie de Luce pour Claudine…

Entre l’élève rebelle (qui n’aurait fait de moi qu’une bouchée si j’avais été à l’école avec elle, soit dit en passant…) et la vision tout à fait décomplexée de l’homosexualité, on est donc très loin des albums de Martine, vous l’aurez compris.

En outre, Colette parle également des rapports de pouvoir entre hommes et femmes avec la figure de Dutertre, le délégué cantonal qui couche avec les enseignantes et se frotte de très près aux "grandes", les élèves de dernière année. Un bon petit obsédé qui frôle avec la pédophilie, c’est charmant.

Et pourtant, Claudine à l’école garde un petit côté champêtre et suranné, lié à l’époque lointaine qu’il nous raconte, quand passer le certificat d’études était tout un programme (trois jours à l’hôtel dans le chef-lieu pour passer les épreuves!), que les élèves de différents âges étaient réunies en classe unique, mais avec les garçons et les filles dans des établissements séparés, et qu’on écrivait sur des pupitres… C’est tout à fait charmant, et bien que Claudine ait très bien compris le fonctionnement du monde qui l’entoure, on a l’impression qu’il ne pouvait rien arriver de mal dans ce monde-là. C’est un peu l’anti-Zola, en quelque sorte. 😄 Même quand elle parle de Dutertre, ça reste léger, amusant.

En plus, Colette écrit divinement bien, autant lorsqu’elle adopte un ton plus lyrique que quand elle décrit avec humour les jalousies de Claudine, donc j’ai adoré cette lecture.

Claudine à l’école a d’abord été publié sous le nom de Willy, alors époux de Colette, mais c’est bien elle qui l’a écrit. 💪

Le petit truc en plus que vous avez absolument besoin de savoir: j’ai trouvé cette édition Albin Michel, imprimée en 1950 et reliée en cuir, pour la modique somme de six euros dans une brocante de Bordeaux par un jour de début juillet. Il faisait beau, les week-ends estivaux commençaient, apportant avec eux la promesse des vacances, j’étais avec des amis que j’aime et des cannelés attendaient dans mon sac. C’était le bonheur, quoi.


Allez donc voir ailleurs si cette école y est!
L'avis de Grominou

jeudi 9 septembre 2021

Lágrimas en la lluvia (2011)

Chronique express!

Je vous présente mon paillasson Batman
et ses nombreux poils de chat. 😄

Madrid, 2109. Bruna Husky, détective androïde, se réveille péniblement, l’esprit alourdi par l’alcool. Sa voisine, elle aussi une androïde, tambourine à sa porte. Mais, une fois entrée dans l’appartement, elle attaque Bruna en prétendant être humaine, puis se suicide. L’autopsie révèle qu’elle portait une mémoire artificielle clandestine, responsable de ses propos incohérents et de son comportement violent. Commence alors, pour Bruna, une enquête policière délicate. Mandatée par Myriam Chi, la directrice du Mouvement Radical Répliquant, elle devra faire la lumière sur plusieurs morts d’androïdes – appelés réplicants en référence au film Blade Runner – dans un contexte politique explosif, où les tensions entre humains et réplicants ne font que s’exacerber. Il semble clair que quelqu’un, dans l’ombre, fait tout son possible pour que la situation dégénère…

Bien branchée par les retours positifs des copains, j’ai saisi l’occasion d’acheter ce roman dès que je l’ai trouvé en VO. Et grand bien m’en a pris, puisque j’ai adoré. Rosa Montero, dont j’avais déjà lu Bella y oscura (il y a suffisamment d’années pour n’en avoir aucun souvenir…), a su mettre en scène des personnages fort sympathiques dans un univers qui est, lui, fort peu sympathique (Terre bouleversée par le changement climatique, raréfaction des ressources, racisme permanent des humains envers les réplicants et les extraterrestres…), mais tellement bien construit qu’on adhère à 100%. Bruna m’a parfois agacée car elle passe à côté de certaines choses pourtant voyantes – le comportement anormal de la numéro deux du Mouvement Radical Répliquant, par exemple – et a beaucoup de mal à tenir sa langue, mais quelque part cela fait aussi d’elle quelqu’un de très humain. Ce qui est une belle réussite pour quelqu’un qui n’est, en fait, pas une humaine, ahah! Quant aux personnages secondaires, ils sont tous très réussis. Et puis, la narration est très prenante et pleine d’humour noir, j’ai adoré. Même si les copains sont unanimes pour dire que la suite est moins bien, j’ai acheté dare dare les deux autres romans. Après l’ours blanc de ce tome, l’éditeur Booklet a choisi un tigre et un corbeau pour ses couvertures. Hâte de voir ça!

Allez donc voir ailleurs si ces larmes y sont!
L'avis de Baroona
L'avis du Chien critique
L'avis de Lorhkan
L'avis de Tigger Lilly

samedi 4 septembre 2021

La gamelle d'août 2021

Comme d'habitude, faisons le bilan culturel du mois écoulé. J'ai profité des vacances pour replonger dans l'univers Marvel et écouler des revues qui commençaient à s'accumuler.

Sur petit écran

Les Gardiens de la galaxie de David Gunn (2014)
Lorsqu’il est sorti au cinéma, j’ai tout simplement détesté ce film. Bon. Au deuxième visionnage, il n’est quand même pas si douloureux. C’est un film popcorn, quoi, et les personnages de Rocket, Drax et Groot sont même sympathiques. Je trouve, néanmoins, que tout y est poussif: l’humour, l’évolution des personnages, la naissance des liens amicaux entre eux, les confidences de Gamora et Peter Quill, le déhanchement sexy de Nebula et cet usage exaspérant de la musique pour montrer qu’on est tellement cool parce qu’on écoute des morceaux vintage. Et puis, quand on a la chance d’avoir Glenn Close au casting, on lui donne plus que trois répliques, non? Bon. Mais ça se laisse regarder, quoi. Une seule scène m’a touchée: l’union des vaisseaux des Nova Corps pour défendre Xandar. 😍

Les Gardiens de la galaxie. Vol. 2 de David Gunn (2017)
Ayant détesté le premier opus, j’avais fait l’impasse sur le deuxième lors de sa sortie au cinéma. Au final, je l’ai préféré au premier. Peter Quill, le personnage que je n’aime pas, est finalement peu présent; il doit avoir une demi-heure de scènes vraiment à lui. Du coup, les autres personnages sont plus mis en avant et travaillés, et Yundu, qui était parfaitement oubliable dans le premier film, parvient même à devenir très attachant. On passe aussi beaucoup de temps avec Rocket et Groot, et un peu moins avec Gamora et Nebula, mais quand même. Par contre, je déteste l’intégralité des chansons, ça ça ne s’est pas arrangé…

Avengers: Infinity War d’Anthony et Joe Russo (2018)
Ce film m'avait laissée assez indifférente au cinéma, la faute à la mort de Loki au bout de cinq minutes (NO LOKI, NO MOVIE) et à un méchant que je trouve complètement raté. Avec ce deuxième visionnage, je trouve que la conclusion de dix années de films Marvel commence plutôt bien. Le film passe du ton humoristique habituel à une vision plus sobre et se termine agréablement mal. Il réussit, en outre, à trouver un équilibre très réussi entre la bonne vingtaine de personnages importants qu’il réunit, chacun ayant un vrai rôle, voire une scène dédiée et importante. Et puis T’Challa crie "WAKANDA FOREVER" et ça ça vaut de l’or, mes amis, de l’or (on signe où pour s'engager dans l'armée du Wakanda?). Même Thanos m’a moins déplu. Je trouve toujours son plan totalement merdique, mais au moins il en jette en tant que personnage superpuissant, et sa relation avec Gamora est vachement plus compréhensible quand on vient de voir ou revoir les deux Gardiens.

Avengers: End Game d’Anthony et Joe Russo (2019)
Après la disparition de la moitié des êtres vivants de l’univers, une poignée d’Avengers, dont les cinq membres d’origine du premier film, met tout en œuvre pour remettre la main sur les Pierres de l’Infini, donnant vie à un voyage dans le temps qui permet de retrouver, ne serait-ce qu’une minute, une multitude de personnages des films passés. Dont Loki et Frida, que j’adore – et si le premier est à peine visible, la deuxième a droit à une vraie scène qui lui rend honneur. Puis c’est la bataille finale, que je trouve frustrante à cause du décor sombre et enfumé (presque digne d’un film DC…) mais qui flatte néanmoins la fibre épique qui sommeille en chacun de nous. Une conclusion satisfaisante, donc, ce que je n'avais pas pensé à l'époque. C’était la fin d’une ère Marvel, la fin d’une décennie et, avec le recul, la fin du Monde d’Avant: l’année suivante, une certaine épidémie allait mettre le cinéma à genoux, blockbusters compris…

Sur grand écran

Pas de cinéma ce mois-ci.

Du côté des séries

Je n'ai rien regardé, mais j'ai revécu la saison 6 de Downton Abbey par procuration car mon homme a replongé. 💛

Et le reste

J'ai lu les deux premiers numéros d'Epsiloon, la nouvelle revue scientifique fondée par d'anciens journalistes de Science & Vie. La maquette est agréable et le contenu est intéressant, mais j'y ai retrouvé ce que je reprochais auparavant à Science & Vie: un certain sensationnalisme dans les titres, un enthousiasme insensé dans les articles (on est toujours à la veille d'une révolution incroyable, par exemple) et une rédaction pas toujours d'une grande élégance. Dans le numéro 2, j'ai même trouvé que l'article sur la reforestation sentait l'anti-écologisme primaire, à croire qu'il y a un horrible complot des écolos pour nous faire planter des arbres et détruire la planète! J'ai quand même acheté le numéro 3, car j'ai besoin d'intégrer les sciences à ma routine et que la revue se lit plutôt rapidement, mais je ne suis pas convaincue.

J'ai également lu deux numéros de Livres Hebdo récupérés auprès de Vert pour garder un œil sur le monde de l'édition, et, en fin de mois, mon Cheval Magazine adoré (qui se dégrade au fil des années, en fait, mais passons...).