samedi 14 septembre 2024

La Force de l'âge (1960)

Après Mémoires d'une jeune fille rangée, j'avais très très envie de poursuivre ma lecture des mémoires de Simone de Beauvoir, et j'ai profité d'une période de vacances assez calme pour emprunter le deuxième volume, La Force de l'âge. L'édition Folio fait 786 pages avec très peu d'espaces dus aux retours à la ligne ou aux changements de paragraphe, et il faut donc prévoir du temps pour s'y attaquer.

"Vingt et un ans et l’agrégation de philosophie en 1929. La rencontre de Jean-Paul Sartre. Ce sont les années décisives pour Simone de Beauvoir. Celles ou s’accomplit sa vocation d’écrivain, si longtemps rêvée. Dix ans passés à enseigner, à écrire, à voyager sac au dos, à nouer des amitiés, à se passionner pour des idées nouvelles. La force de l’âge est pleinement atteinte quand la guerre éclate, en 1939, mettant fin brutalement à dix années de vie merveilleusement libre."
La quatrième de couverture résume parfaitement la première partie du livre. De 1929 à 1939, de Beauvoir enseigne la philosophie dans différents lycées pour jeunes filles et consacre l'intégralité de son temps libre à Jean-Paul Sartre, la lecture, l'écriture et la marche. C'est absolument enthousiasmant. J'ai eu l'impression d'une personne qui croquait la vie à pleines dents, abattait une quantité de travail phénoménale, lisait TOUT, explorait l'Europe à un rythme de marche ahurissant, sans jamais hésiter. En réalité, de Beauvoir s'est aussi posé beaucoup de questions, notamment sur la société et sur ses futurs romans, et elle en parle longuement, mais cela ne ralentit aucunement L'ÉLAN qui se dégage de son récit. Son sac et quelques affaires sur le dos, elle a parcouru la France entière, l'Italie, la Grèce, l'Espagne, l'Allemagne avec peu de sous mais une détermination à toute épreuve, généralement en compagnie de Sartre, mais parfois seule et parfois avec des amis. Même quand elle arpente Rouen, où elle a enseigné et qu'elle décrit, somme toute, comme une ville de province endormie, on a l'impression qu'elle explore un lieu extraordinaire et le voit d'un œil plus acéré que le commun des mortels.
"Un jour, au premier étage du Flore, Sartre demanda à Queneau qu’est-ce qui lui restait du surréalisme : « L’impression d’avoir eu une jeunesse », nous dit-il. Sa réponse nous frappa, et nous l’enviâmes."
C'est un peu ce que j'ai ressenti en lisant ces mémoires: l'impression que de Beauvoir a eu une jeunesse qui, chez moi, ne s'est jamais manifestée.

Le tout en refaisant le monde dans l'attente de la révolution socialiste destinée à balayer la société petite-bourgeoise. Sur ce dernier point, de Beauvoir est très transparente, car elle n'était pas 100 % à l'aise avec sa propre condition de petite-bourgeoise: issue d'une famille originellement aisée, elle a pu faire des études et avait un revenu assuré en travaillant pour l'Université, et elle était donc loin de la condition ouvrière; elle contournait la chose par une sorte de pirouette, du type "je suis dans le système mais je n'en fais pas vraiment partie", et cela a quelque chose de rassurant de voir que même un grand esprit est en fait un humain avec ses contradictions.

Ces années sont bien sûr celles de la montée du fascisme dans toute l'Europe, et tant de Beauvoir que Sartre ont fait preuve d'un bel aveuglément, croyant à chaque étape que ce n'était qu'une situation mineure destinée à se résoudre facilement: le parti nazi ne tiendra jamais, Hitler ne restera pas longtemps au pouvoir, le soulèvement de Franco contre la République espagnole sera vite réglé... Et elle en parle avec une honnêteté que je trouve admirable. Pages terribles sur la guerre d'Espagne et la destruction du Frente Popular, en partie à cause de l'inaction de la gauche française. Au contraire, pages exaltantes sur la victoire du Front Populaire français, la semaine de quarante heures, la condition ouvrière qui change pour de vrai!

Ces années-là sont aussi celles des amitiés fusionnelles et des fameux ménages à trois, que de Beauvoir peint comme un peu schyzophrènes, très franchement. En même temps, les trois quarts des personnages sont des originaux et/ou des phénomènes, alors on imagine bien que les relations amicales et amoureuses entre eux sont spéciales. Wikipédia m'informe qu'elle a depuis été accusée de fournir des jeunes femmes à Sartre, mais rien ici ne permet de le soupçonner... (Et en même temps, elle ne l'aurait pas dit si cela avait été le cas, bien sûr.) Quant à la relation avec Sartre, elle est tout à fait unique et irremplaçable, et de Beauvoir semble tout à fait sincère quand elle dit qu'elle n'a jamais été jalouse de ses autres relations car elle savait que la leur était au-dessus de tout.

Ayant pris de la mescaline, Sartre s'est cru poursuivi, durant des années, par des crustacés. C'est tout à fait dingue. De Beauvoir raconte que ça lui a bien pourri une année scolaire. Puis il s'est remis. Mais cela donne des passages très drôles.
"Nous nous arretâmes encore quelques jours à Rome. Assez brusquement, l'humeur de Sartre changea; le voyage s'achevait et il retrouvait ses soucis: la situation politique, ses rapports avec Olga. J'eus peur. Est-ce que les langoustes allaient ressusciter? [...] Alors, nous allâmes prendre une chambre, et dormir. Sartre me dit plus tard que tout au long de cette nuit une langouste l'avait suivi."
Je... Les mots me manquent. Qui l'aurait cru?

Simone Weil est aussi citée, mais de très loin, car ils ne fréquentaient pas les mêmes cercles, tous les trois. Chez Gallimard, Sartre décrit, dans une lettre que de Beauvoir reproduit, qu'il est tombé sur Jules Romains, l'auteur de la saga des Hommes de bonne volonté que j'ai entrepris de lire. Ça m'a fait plaisir de voir que ces gens-là connaissaient cet auteur tombé dans l'oubli. Dans la deuxième partie, entre en scène un jeune auteur que de Beauvoir et Sartre ont tout de suite remarqué: un certain Albert Camus. Hystérie de ma part, moi qui ai été tant marquée par La Peste.

Cette deuxième partie, justement, m'a encore plus plu que la première, car elle est le récit de la guerre. D'abord, le journal que de Beauvoir tenait à l'époque, de septembre 1939 à septembre 1940: la sidération de la déclaration de guerre, l'angoisse des débuts, les mois d'incertitude durant lesquels il ne se passait rien, puis le désastre de juin 1940, l'angoisse d'être sans nouvelles de Sartre qui avait été mobilisé, l'exode en direction d'Angers, le retour dans une Paris occupée. Puis quatre ans d'occupation, les intellectuels du café de Flore, l'écriture de son premier roman, la nourriture qui prend une place prépondérante en raison de sa rareté, les tentatives de participer à la Résistance en tant qu'intellectuels, la peur pour les amis juifs, les nouvelles affreuses concernant tel ou tel ami ou connaissance tué au combat, fusillé ou disparu dans un train en direction de l'Est. Et enfin, le retour de l'espoir, de la certitude qu'il y aura un après. Sartre et de Beauvoir n'ont pas eu la guerre la plus affreuse de tous, vu qu'ils n'ont été ni emprisonnés ni blessés ni déportés (ils ont même pu partir en vacances en vélo et passer sans trop de difficultés en zone libre!!), mais on sent toute l'angoisse de cette période d'impuissance et d'horreur pour le régime vichissois.

Non contente de saisir avec acuité le monde qui l'entoure, de manier des notions de philosophie subtiles (d'ailleurs, je n'ai pas vraiment compris ce qu'elle raconte au sujet des personnages de ses romans, mais cela est sans doute partiellement dû au fait que je n'en ai lu aucun), de s'auto-étudier avec une grande finesse, de Beauvoir est aussi capable de dire "sur ce point, j'ai changé d'avis" ou "sur ce point, je me suis trompée", ce que je trouve admirable. Le troisième tome de ses mémoires, La Force des choses, est disponible en deux tomes, pour un total de 900 pages. J'espère avoir un créneau pour le lire durant la première moitié de 2025.

lundi 9 septembre 2024

Éros de Paris (1932)

Chronique express!

Éros de Paris est le quatrième tome de la grande fresque des Hommes de bonne volonté de Jules Romains. Je l'ai lu très vite après le troisième tome, car je voulais profiter d'avoir un peu de temps libre en vacances. Même si chaque roman ne compte que 150 pages environ, il s'agit de pages grand format dans une police relativement petite, ce qui demande du temps. En outre, je me concentre pour essayer de bien saisir les tenants et les aboutissants des différentes intrigues, et mes innombrables retours en arrière et consultations des résumés rallongent le temps de lecture d'au moins 15%. 😅 Bref, je ne voulais pas laisser passer un créneau adapté!! Ce quatrième tome est dans la droite ligne des précédents et son titre le résume parfaitement: ce sont des histoires d'amour et des pensées sur l'amour en plein Paris. Jerphalion qui se désole de n'avoir personne, Jallez qui repense à son deuxième amour de jeunesse, Sammécaud qui essaye de faire céder sa maîtresse. J'ai adoré. Un peu moins que les précédents peut-être, car tous ces gens sont des hommes peu respectueux des femmes. Mais il n'y a pas que ça: déjà, il y a le chien Macaire qui se balade durant un chapitre qui lui est entièrement dédié; puis des socialistes qui préparent la révolution; puis l'infâme relieur qui est suffisamment en retrait pour que mon antipathie pour lui ne prenne pas le dessus; et puis on sait, enfin, pourquoi la femme aux yeux tristes est si triste. Quel livre a-t-elle fait relier dans le premier roman, toutefois? Il faudra encore attendre pour le savoir.

Le spectre de la guerre européenne est très présent, et je crains pour nombre de ces personnages. Mais l'auteur a pris quatre romans pour nous mener d'octobre à décembre 1908, et Wikipédia m'informe que l'année 1914, synonyme de catastrophe, n'arrivera pas avant le tome 14!! J'ai donc encore dix bouquins devant moi avant que la grande vague de l'horreur militaire ne fauche la jeunesse européenne. Joie, bonheur!

Le petit truc en plus que je ne veux pas oublier: au chapitre XXII (et peut-être à un autre endroit que je n'ai pas noté et que je ne retrouve donc pas), Jallez aperçoit Jules Romains, c'est-à-dire l'auteur de ce roman. 😂

mercredi 4 septembre 2024

La gamelle d'août 2024

Comme d'habitude, retour sur la vie culturelle du mois écoulé!

Sur petit écran

Quelques vidéos YouTube, le plaisir des périodes de vacances scolaires.

Sur grand écran


Edge of Tomorrow de Doug Liman (2014)

Un film de boucle temporelle que j'adore et qui vieillit très bien, avec un super rôle pour Emily Blunt et un Tom Cruise en forme. La fin a de gros problèmes, mais ne gâche pas l'ensemble pour autant. Il fallait bien toute la puissance de Tom-Tom pour m'attirer au cinéma en cette période d'hibernation. 🖤
(Le soir même de ma séance, Tom Cruise débarquait au Stade de France pour récupérer le drapeau olympique. CET HOMME.)

Borderlands de Eli Roth (2024)

Malgré une fin naze, j'ai passé un bon moment devant ce film de SF sans grandes prétentions. L'univers est très chouette et Cate Blanchett est exceptionnelle, comme d'habitude. Quel charisme!!

Seven de David Fincher (1995)

Un excellent film avec un duo d'acteurs de haut vol – Brad Pitt et Morgan Freeman au top du top –, une réalisation impeccable, une intrigue prenante, une musique mégasinistre qui fait beaucoup pour l'ambiance. Et une insomnie dans la nuit qui a suivi, bien sûr. Comment peut-on dormir après avoir vu Seven? 😂

Dû côté des séries

Riiieeeeeeeen.

Et le reste

J'ai lu Translittérature, la merveilleuse revue de l'Association des traducteurs littéraires de France. 🖤 Et c'est tout. Vendredi 30 août, Cheval Magazine n'était toujours pas arrivé et j'ai donc dû partir en vacances sans! 😱😱😱

vendredi 30 août 2024

La Nuit des Temps (1968)

Chronique express!

Après avoir découvert avec enthousiasme Ravage au printemps dernier, j'avais très envie de continuer à lire du René Barjavel. Je me suis donc tournée vers un autre de ses romans les plus célèbres: La Nuit des Temps. Hélas, l'enthousiasme a été moindre. Cela est dû, en partie, au fait que je n'ai pas retrouvé la langue très élégante que j'avais adorée dans Ravage, de la vraie belle littérature. Mais cela est aussi dû à des raisons plus vagues, que je suis en peine d'expliquer. Je me suis moins intéressée à l'histoire et aux personnages, les enjeux m'ont moins tenue en haleine… Je ne peux pas lui reprocher quelque chose de précis en particulier, mais voilà, ça a moins pris.

Alors, en toute objectivité, j'ai pris du plaisir à le lire, et j'y ai trouvé beaucoup de bonnes choses. Une technophobie nettement moins marquée que dans Ravage, déjà, où ça prenait des proportions insensées. Une métaphore pas du tout dissimulée de la bombe atomique, qui est vivement critiquée. Le message était puissant en pleine Guerre Froide, mais il reste d'actualité aujourd'hui, quand on pense au nombre d'ogives nucléaires qui demeurent. La société que découvrent les protagonistes  a quelque chose d'utopique, qui tourne au cauchemar quand on essaye d'en sortir; certains passages résonnent avec les problématiques de la surveillance de masse. Un contexte fascinant qui pose plein de difficultés: l'Antarctique, où se cachent les vestiges d'une société bien plus avancée que la nôtre, mais où on est loin de tout. Une collaboration bienvenue entre scientifiques de tous les pays, couplée à une critique acerbe de l'impérialisme et des luttes de pouvoir. Même le sexisme ambiant, moins marqué que dans Ravage mais bien présent (le nombre de commentaires sur les seins d'Éléa, l'Américain qui met la main aux fesses de la Russe… 🙃), pourrait être tempéré par le fait que [énorme divulgâcheur] le fond de l'histoire est la lutte d'une femme pour disposer de son corps et de sa vie [fin du divulgâcheur]. En fait, je pense que Ravage est tellement oufissime que La Nuit des Temps a beau être pertinent, il pâlit un peu en comparaison! Je pense que je lirai tout de même L'Enchanteur à l'occasion, car Méli du Bazar de la Littérature en disait beaucoup de bien...

Allez donc voir ailleurs si cette nuit y est!
L'avis de Grominou: première partie et deuxième partie

dimanche 25 août 2024

Les Amours enfantines (1932)

Chronique express!

Après Le 6 octobre et Crime de Quinette, place au troisième tome de l'incroyable fresque des Hommes de bonne volonté de Jules Romains!! J'ai mis des semaines à me décider à ouvrir mon pavé, puis des jours à dépasser les deux premières pages, car je ne comprenais rien à ce que je lisais à cause de la fatigue. Puis, miracle, j'ai pu y consacrer un peu de temps et mon cerveau s'est remis en marche. Et c'était génial!! Dans ce tome, on suit surtout Jallez et Jerphanion, les deux Normaliens. En racontant un amour de jeunesse, Jallez justifie le titre du roman. Jerphanion, lui, nous fait entrer chez les Saint-Papoul, une famille noble auprès de laquelle il donne les leçons. Les Saint-Papoul ont un chien, Macaire, qui sera sans doute important sur le long terme, car il est cité en quatrième de couverture. Une autre famille noble, les Champcenais, est beaucoup mise en avant, en partie pour les aventures de Madame, et en partie parce que Monsieur fait partie du cartel des pétroliers déterminé à circonscrire les actions du député Gurau… Gurau que j'adore, pour l'instant, et qui nous fait rencontrer Jean Jaurès, qui semble plus grand que nature et absolument enthousiasmant. On voit assez peu Quinette, le relieur criminel, et pas du tout la femme triste qui a fait relier son livre dans le premier tome – le personnage que je souhaite le plus revoir.

Je suis absolument ébahie par les ramifications de cette série, les rapports entre personnages, les retours parfois microscopiques d'un personnage qui a eu tout un chapitre dans le tome précédent ou le précédent encore. J'ai l'impression que c'est encore plus dense que les Rougon-Macquart, plutôt genre les bouquins russes comme Guerre et paix!! Un truc de malades!!

lundi 19 août 2024

Redshirts (2012)

Chronique express!

(Cette tagline 😂 Je me meurs 😂)

Avalanche de miracles en ce mois d'aoüt! Non seulement une librairie anglophone a ouvert non loin de chez moi, mais il y avait du John Scalzi en rayon quand je suis passée! 🖤🖤 Et plus précisément Redshirts, un roman-clin d'œil à Star Trek que je voulais lire depuis longtemps. Et encore plus miraculeux: j'ai réussi à me plonger dans la lecture!! Je l'ai lu en quelques jours, et avec un réel plaisir – même si j'ai préféré la première partie, la suite étant un peu trop méta pour mes goûts (mais très bien quand même).

L'histoire: Andrew Dahl fait ses premiers pas sur l'Intrepid, le vaisseau le plus avancé de la flotte de l'Union Universelle. Mais il ne tarde pas à se rendre compte qu'il se passe des choses bizarres à bord. Par exemple, tous les membres d'équipage disparaissent mystérieusement, planqués dans le premier placard venu ou partis prendre un café, quand les officiers cherchent du monde pour partir en mission. Pourquoi? Que se trame-t-il dans les coulisses? Pour Dahl et ses amis, il faudra aller très loin pour avoir des réponses. On pourrait presque dire qu'il faudra aller "where no man has gone before"... 👀👀 Mais toujours avec humour!

Allez donc voir ailleurs si ces chemises rouges y sont!
L'avis de Baroona
L'avis d'Ombrebones

mercredi 7 août 2024

La gamelle de juillet 2024

Encore un mois qui a filé à la vitesse de la lumière! Mais le moral a été meilleur que durant la première moitié de juin, ce qui est fort agréable.

Sur petit écran

Je n'ai regardé aucun film, mais j'ai profité d'avoir un peu de temps libre (tout est relatif...) pour reprendre un peu YouTube. J'adore manger en regardant les vidéos "Une semaine avec moi" de Mon Blog de Fille, par exemple.

Sur grand écran

Robocop de Paul Verhoeven (1987)

J'ai adoré découvrir ce film que je n'avais jamais vu et que je croyais, à tort, être une petite chose un peu ridicule, voire, potentiellement, un nanard. Eh bien non. C'est de la super science-fiction qui nous dit quelque chose sur notre monde (travail de la police, privatisation des services publics, détachement j'menfoutisme absolu des riches et puissants, traitement de l'information et des pubs à la télévision) et sur l'être humain (la scène durant laquelle Murphy visite son ancienne maison et se souvient est d'un tragique!). Le tout porté par une Detroit sale et infréquentable (les gars de Kiss peuvent chanter autant qu'ils veulent... Je n'irai jamais rocker là-bas... 😂), des acteurs convaincants et une musique très réussie signée Basil Poledouris (le compositeur de la célèbre bande originale de Conan le Barbare). Je suis rentrée chez moi en criant au génie.

Mes indispensable avis sur d'autres films de Verhoeven: Total Recall (1990), Basic Instinct (1992) (du génie!!!) et Starship Troopers (1997). 

King Kong de Peter Jackson (2005)

Une très belle redécouverte! Ce film mélange les genres avec brio, de l'ambiance mystérieuse et inquiétante du début à la partie aventure pure sur l'île jusqu'au tragique de la fin, et propose quelques plans qui ont été pas loin de me faire crier au génie – y compris la séquence épouvantable au fond du canyon avec des insectes répugnants, une parenthèse d'horreur qui me semble prouver que Peter Jackson, auréolé du triomphe du Seigneur des Anneaux, pouvait faire absolument tout ce qu'il voulait. Les acteurs sont tous très bons; à la limite, on pourrait reprocher à Jack Black de manquer de finesse, mais ça porte un personnage qui commence comme un sympathique embobineur et se révèle de plus en plus être un simple connard. Exception faite des dinosaures sauropodes, qui sont d'une laideur rare et dont la course est assez ridicule, l'animation est spectaculaire. Weta a vraiment écrit l'histoire du cinéma. ❤ Enfin, ce film ne manque pas de nous dire quelque chose sur l'être humain, sur sa cupidité, sur le viol du monde naturel et sur l'exploitation des animaux, à tel point que j'ai demandé à Google si Peter Jackson est végane (Google ne m'a pas répondu un "oui" franc, mais il travaille avec James Cameron pour soutenir la végétalisation de l'alimentation en Nouvelle-Zélande, ce qui pourrait être un indice en ce sens). Le parallèle avec des films à grand spectacle tels que Jurassic Park, Titanic et Avatar est évident. Ils nous divertissent, mais ils nous disent quelque chose de politique...

Dernière chose que je veux retenir: bien qu'elle soit pratiquement tout le temps en robe à petites bretelles, il n'y a pas vraiment de plan nichon sur Naomi Watts. Un exploit.

Twisters de Lee Isaac Chung (2024)

Une carrière de météorologue,
un moyen comme un autre de rencontrer un beau cowboy.

La bande-annonce laissait présager le pire, mais ce film catastrophe ultrapatriotique se laisse regarder sans problème particulier – si on apprécie les films absurdes avec de la destruction, bien sûr. 👀 J'ai retrouvé pas mal d'acteurs que j'apprécie, notamment Anthony Ramos qui jouait le rôle principal dans le dernier Transformers et Daryl MacCormack, qui jouait dans La Roue du Temps et Good Luck to You, Leo Grande (mais il a un petit rôle, je ne l'ai même pas reconnu clairement, juste eu l'impression que je le connaissais). Glen Powell a le même rôle insupportable de beau gosse arrogant que dans Top Gun Maverick, mais on ne peut nier que le charme opère...

Du côté des séries

Rien. Je n'ai absolument pas la foi de m'y remettre, tout semble trop difficile. Les vidéos "Une semaine avec moi" de Mon blog de fille, c'est bien.

Et le reste

Un mois marquant du point de vue des revues!

J'ai lu en diagonale le Livres Hebdo de novembre 2023, dont le dossier parlait de ma grande terreur, "l'intelligence artificielle". Les constats sont accablants et les perspectives désolantes. Mais le reste de la revue était intéressant, bien sûr.

J'ai lu le hors-série estival de Cheval Magazine, qui portait sur le bien-être – c'est-à-dire le même sujet que le hors-série de l'été dernier, si je me souviens bien. Étrange. 🤔 Ces hors-séries réunissent des articles parus dans la revue au fil des ans. Pour moi qui lis tous les numéros, c'est donc un doublon; mais comme je ne me souviens de rien trois secondes après avoir fini ma lecture, ça ne me pose pas problème particulier. Seuls quelques articles très précis, comme celui sur la pose de sangsues sur les chevaux (👀), me disent vaguement quelque chose...

Le plus important, c'est que j'ai lu Le Monde Diplomatique de juin dernier, que j'ai acheté parce qu'il y avait un article de Dominique de Villepin, dont j'avais vaguement une bonne opinion en raison de son discours à l'ONU en 2003, et surtout parce que cet article avait un titre qui m'a fait vibrer: "La guerre n'est pas le plus court chemin vers la paix". Eh bien, quelle révélation, cet article. Deux pages sur le "nécessaire sursaut diplomatique" de la France et la vision d'un monde multipolaire fondé sur les règles, avec une analyse qui me semble lucide de certains conflits, l'évocation du fait que les guerres détournent nos efforts de la lutte contre le changement climatique (jusqu'ici, je n'avais vu que Reporterre évoquer cet aspect), un certain franc-parler qui semble honnête (la diplomatie, ça consiste à bricoler la solution la moins mauvaise). Le gars invite la France à se casser du G7 pour concentrer ses efforts sur le G20, qui est plus représentatif de la réalité mondiale, vous imaginez! Et il dit que les ambitions de la Chine sont légitimes! Je n'en revenais pas. Pour la première fois depuis que je lis ce journal, j'ai souligné des passages. Puis j'ai relu l'article et j'ai souligné encore plus de passages. Puis j'ai vu, sur les réseaux sociaux, que de Villepin a annoncé qu'il voterait Nouveau Front Populaire aux législatives et que, suite auxdites législatives, il a qualifié la constitution d'un gouvernement de "bâton merdeux" tellement la tâche est compliquée. Ce gars est ma nouvelle idole.

Bon, sinon, le reste du journal donne envie de tout cramer et d'étrangler les riches. La routine. 😂

En fin de mois, j'ai lu mon Cheval Magazine habituel, le numéro d'août.

Et vous, des révélations particulières en ce mois de juillet? 😊

jeudi 1 août 2024

L'Énigme de la chambre 622 (2020)

Un Joël Dicker dans l'entrée dans mon immeuble? Emballez, c'est pesé!

Dans ce cinquième roman du célèbre auteur suisse, j'ai retrouvé des caractéristiques des deux que j'avais déjà lus: une écriture efficace, qui n'est pas d'une grande élégance mais a le mérite d'être claire, et une intrigue bien menée, qui donne envie de tourner les pages et de lire "juste encore un chapitre"... En relisant mes chroniques que l'époque, je constate qu'on retrouve aussi les allers-retours dans le temps et les innombrables sous-intrigues ou rebondissements qui donnent l'impression que l'auteur tire un peu à la ligne. En bref, ce n'est pas du très grand art, mais c'est diablement efficace! Une vraie bouée de sauvetage à un moment où je désespérais de lire quoi que ce soit!

L'histoire: cette fois, notre enquête porte sur un meurtre commis dans la chambre 622 d'un palace de luxe en Suisse. Un écrivain venu dans ce palace entend parler de l'affaire et essaye d'en savoir plus, en écrivant en parallèle un livre sur le sujet. La victime? Eh bien, on ne le saura pas avant la bonne moitié du roman, même si on rencontre toutes les forces en présence, une série de personnages liés à une banque privée très renommée. Course à la présidence, manipulations, amours secrètes, décisions idiotes et plans désespérés ("l'opération retournement", mais quelle idée 😂) ont bien rythmé mes soirées et, même si j'ai deviné certains éléments en amont, je n'ai pas su prédire qui était mort et je n'ai identifié le meurtrier qu'au dernier moment.

À noter aussi: dans des passages qui sont probablement autobiographiques, le narrateur-écrivain, qui est suisse et s'appelle Joël (comme l'auteur...), n'arrête pas de parler de Bertrand de Fallois, l'éditeur qui l'a révélé (comme l'auteur...) et est devenu un mentor et ami (comme l'auteur? Je ne sais pas, mais disons que quand Bertrand de Fallois est mort, Joël Dicker a quitté les éditions de Fallois et a monté sa propre maison d'édition, Rosie and Wolfe, ce qui laisse penser qu'il était plus attaché au patron qu'à la maison).

À noter aussi: Rosie and Wolfe n'a pour l'instant publié qu'une traduction, mais le nom de la traductrice (ou du traducteur?), Dominique Goust, est en couverture!!! Youhouhouh!

Livres de l'auteur déjà chroniqués sur le blog!
La Vérité sur l'affaire Harry Québert (2012)
Le Livre des Baltimore (2015)

vendredi 26 juillet 2024

Le Petit Prince (1943) 🌟🦊🐑🐍

Chronique express!

Il me semble inutile de présenter Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, un des livres les plus connus (et traduits!) au monde. Je l'ai lu il y a longtemps, mais je ne me souvenais pas de grand-chose, à part les passages les plus célèbres ("Dessine-moi un mouton..."). Au contraire, je l'avais un peu pris en détestation comme un truc affreusement mignonnet, naïf et moralisateur sur l'amitié. Bon, en fait, je l'ai trouvé très mignon – dans le sens positif du terme – et j'ai été émue à la fin. Je ne suis pas sûre de bien comprendre pourquoi il a fait un tel triomphe, mais Saint-Exupéry a indéniablement mis le doigt sur quelque chose de très simple et essentiel de l'expérience humaine et de l'amitié... Et puis, ça m'a permis d'utiliser un marque-page de circonstance! 🥰

Pourquoi ce livre?
Parce que ma nouvelle enseignante de russe me le fait lire en russe et préférait que je le lise d'abord en français, de manière à comprendre plus facilement. Moi, j'étais partie pour ne pas le faire, car je trouve, justement, que ça devient trop facile. Mais vu comment j'en chie avec cette enseignante, je ne me suis pas fait prier quand elle m'a dit qu'elle préférait la stratégie facile. 😂

samedi 20 juillet 2024

Chien 51 (2022)

Après Eldorado, que j'ai trouvé brillant, je me suis empressée de chercher du Laurent Gaudé sur mon chemin. J'ai eu la chance de trouver La Mort du roi Tsongor dans jenesaisplus quelle boîte à livres, et j'ai emprunté Chien 51 en bibliothèque. Le prêt en bibliothèque étant limité dans le temps, j'ai commencé par là.

La couverture, superbe, est créditée au nom de Xiaohui Hu.

L'histoire se passe dans une mégalopole futuriste appartenant à une entreprise, GoldTex. La ville est divisée en trois zones, de la plus riche à la plus pauvre, et le personnage principal, Zem Sparak, est un policier de la zone 3, la plus pourrie. Dans une autre vie, il était grec. Mais un jour, la Grèce a été rachetée par GoldTex. La population a été déplacée. Zem a changé de vie, est devenu policier. Un "chien", ainsi surnommé parce qu'il flaire partout. Un beau jour, il est mis en binôme avec une inspectrice de la zone 2 pour résoudre un meurtre sordide, qui pourrait avoir un lien avec un trafic d'implants.

Comme les autres romans de Laurent Gaudé que j'ai lus, ce livre parle essentiellement des inégalités sociales. Magnapole, le genre de ville ultra hiérarchisée que la SF affectionne, est une scène parfaite pour dénoncer le traitement de certains citoyens de seconde zone et aborder la question de la puissance des entreprises jouant à armes égales avec les États, voire, ici, les rachetant. Et franchement, tous les souvenirs du protagoniste font froid dans le dos tellement ils résonnent avec la crise grecque et l'échec cuisant de bien des luttes. Cela m'a rappelé L'ombre de ce que nous avons été, dans lequel Luis Sepulveda met en scène d'anciens militants chiliens; je ne me souviens pas des détails, si ce n'est que ces hommes ont été vaincus par la torture, l'exil et le temps et ne sont plus, dans leur vieillesse, que l'ombre des jeunes d'autrefois. (D'où le titre du bouquin.)

Dans ce décor totalement déprimant (notamment lorsque Zem profite d'un casque de réalité augmentée pour juste voir Athènes telle qu'elle était... C'est à pleurer...), Laurent Gaudé met en scène une enquête assez classique, avec ses deux enquêteurs que tout sépare mais qui vont devoir apprendre à travailler ensemble, ses informateurs, ses pourris, ses réseaux. De ce point de vue, cela m'a rappelé les romans de Rosa Montero sur Bruna Husky, dans lequels le contexte science-fictif est certes intéressant, mais n'est pas le fond du sujet, puisque l'idée est essentiellement de savoir qui a tué Machin et pourquoi.

Chien 51 m'a moins marquée que Eldorado, voire relativement peu marquée de manière générale, mais ce qui est cool, c'est que Laurent Gaudé nous dit quelque chose et nous happe même quand il n'est pas à son meilleur, ce qui est fort admirable. Et je l'ai trouvé très intéressant, humble, lucide et pourtant encourageant dans l'épisode de C'est plus que de la SF consacré à Chien 51. Bref, je l'adore. 🥰 Je vais juste laisser passer plus de temps avant de lire La Mort du roi Tsongor, de peur que ses écrits perdent de leur force si je les lis de manière trop rapprochée.

Autres livres de l'auteur déjà chroniqués sur le blog
Le Soleil des Scorta (2004)
Eldorado (2006)
Ouragan (2010)

dimanche 14 juillet 2024

Le Mage du Kremlin (2022)

Chronique express!

Dans une maison superbe aux alentours de Moscou, Vadim Baranov raconte comment il a contribué, en 1999, à la nomination de Vladimir Poutine au poste de Premier ministre, puis à son élection à la présidence de la Fédération de Russie. Le personnage est fictif, mais il est inspiré – selon Wikipédia – d'une figure réelle, celle de Vladislav Sourkov. Ce qui est intéressant, dans tous les cas, c'est qu'il retrace toute l'évolution de la Russie à compter de la fin du communisme, depuis ses jeunes années et tout au long de ses décennies de travail au Kremlin, et qu'il détaille certain éléments-clés de l'ascension et du règne de Poutine: l'influence des attentats de Moscou de 1999 sur la population russe, la chute de Mikhaïl Khodorkovski (PDG de Ioukos), l'enjeu des JO de Sotchi et la guerre en Ukraine en 2014.

J'ai beaucoup apprécié ce roman de Giuliano da Empoli, qui m'a bien rafraîchi la mémoire sur un certain nombre d'actualités que j'avais suivies de loin durant les années 2000, mais je n'y ai pas non plus trouvé un chef d'œuvre stylistique – je me demande bien pourquoi l'Académie française lui a remis son Grand Prix, même si c'est déjà bien plus justifié que pour La Vérité sur l'affaire Harry Québert en 2012 🤣. J'ai aussi trouvé qu'il y avait quelques clichés ou généralités bizarres sur les Russes ("à l'époque les  fonctionnaires ne souriaient jamais en Union soviétique" – comment le sait-on? Quelqu'un a consulté tous les fonctionnaires de l'URSS et vérifié s'il leur arrivait de sourire? Il y a des pays où les fonctionnaires ont pour habitude de sourire?). En revanche, il y a parfois un point de vue qui fait contrepoint à la vision occidentale et qui est intéressant – ainsi, Vadim se moque de la communauté internationale qui trouve à redire sur les élections ukrainiennes de 2014 alors qu'elle valide les yeux fermés celles menées en Irak avec les soldats américains qui gardent les bureaux de vote. En bref, une lecture fort intéressante sur la Russie (un bon complément à Limonov d'Emmanuel Carrère!) et les mécanismes du pouvoir. Le roman étant sorti en avril 2022, il a dû se vendre comme des petits pains...

lundi 8 juillet 2024

Les BD du deuxième trimestre 2024

Comme d'habitude, retour sur les lectures graphiques des trois derniers mois.

Métal Hurlant hors-série spécial chats (avril 2024)

Métal Hurlant a sorti un hors-série spécial chats! Métal Hurlant a sorti un hors-série spécial chats! Métal Hurlant a sorti un hors-série spécial chats! Métal Hurlant a sorti un hors-série spécial chats! HAHAHAHAHAHAAHAHAHAHAHA!! Fallait-il encore une preuve que les chats dominent l'univers? Non, mais c'est quand même trop cool d'en avoir une aussi mythique!!! 😂😂😂 (Et oui, le numéro est très bien. Je n'ai pas tout compris à certaines BD, mais dans l'ensemble, c'est très bien.)

Giant de Mikaël (2017)

Un beau diptyque sur les ouvriers irlandais qui ont bâti les gratte-ciels de New York. Les dessins ne sont pas 100% à mon goût, mais ils sont extrêmement soignées et évocateurs. Une réussite découverte chez Baroona.
Éditeur: Dargaud

Transformers. Tome 1: Pleins gaz de Daniel Warren Johnson, traduit de l'anglais par Julien di Giacomo (2023)

Ce volume réunit les six premiers numéros de la série Transformers, publiée aux États-Unis par Image. Hélas, je n'ai pas compris grand-chose aux dessins; j'ai eu le plus grand mal à différencier les Transformers les uns des autres, à part Optimus, et vous conviendrez que c'est un problème quand l'histoire tourne autour de l'affrontement entre deux clans qui se bastonnent. 🙈 À noter toutefois: Image sort plusieurs séries Transformers et GI Joe dans un univers partagé, le "Energon Universe", ce qui rejoint la scène de fin du dernier film Transformers, Rise of the Beasts. Je ne poursuivrai pas en comics, mais je me réjouis de voir un jour cela au cinéma, et j'espère qu'Hasbro en tirera suffisamment d'argent pour que les Transformers nous accompagnent encore longtemps. 😊
Éditeur: Urban

mardi 2 juillet 2024

La gamelle de juin 2024

Juin 2024, le mois de la dépression totale. À la fatigue que je traîne depuis des années et à mon pessimisme cosmique qui me fait tout voir en noir, se sont ajoutés: le russe qui est devenu encore plus difficile avec une nouvelle enseignante (je savais que j'étais nulle, mais là j'ai découvert que je ne maîtrise même pas l'alphabet – je suis tombée plus bas que bas), le crève-cœur de voir mon centre équestre s'émietter et "mes" chevaux souffrir et d'y vivre très probablement mes dernières heures (avec un cheval en particulier 💔💔💔), la perspective d'un long trajet en voiture que je dois assurer seule et qui me terrifie, la catastrophe politique, le constat que tout est bloqué dans ma vie parce que JE SUIS UNE INCAPABLE. J'ai même à peu près laissé tomber la lecture et jeté l'éponge concernant la régularité du blog.

Voilà, ceci non pas pour faire pleurer dans les chaumières, mais pour bien me souvenir d'où j'en étais à cette période. En fin de mois, j'ai retrouvé plus d'élan et j'ai saisi une occasion pour affronter un problème qui me taraudait depuis des années, donc j'ai tendance à oublier le négatif et à croire que tout roule à peu près, mais ça a son importance!

Et maintenant, place au bilan culturel.

Sur petit écran

Rien.

Sur grand écran

Jurassic Park de Steven Spielberg (1993)

En un mot: la perfection.

En plusieurs mots: tout y est. La mise en scène, les acteurs, le fond, la technique, l'humour, la musique. Quel putain de chef-d'œuvre. J'ai vu un gros parallèle avec Titanic, autre film à grand spectacle qui n'oublie pas de tenir un propos sur le monde. Quels putains de chefs-d'œuvre.

Max Max: Fury Road de George Miller (2015)

Quel ovni, ce film! Je n'adhère pas 100% à tout, mais quelle vision, quelle cohérence, quel rythme, quelle musique!! Charlize Theron est tout simplement exceptionnelle (même quand elle fait quelque chose d'aussi anodin que de regarder dans le rétro, elle est OUFISSIME!!) et le réalisateur accomplit l'exploit de mettre une touche de sentiments et de tendresse (le geste d'adieu aux mortes, les secours que Max porte à Furiosa en parlant de manière presque balbutiante) dans un univers super dur. Un grand moment de cinéma!

Collateral de Michael Mann (2004)

Hellllloooo, beau gosse!!!

Dur! Même Tom Cruise n'a pu me sauver de l'ennui face à ce film qui  n'a pas grand-chose pour me plaire. Une histoire de gangsters, une caméra qui bouge et tremble, des énormités de moins en moins plausibles, des modèles d'hommes virils qui me laissent indifférente... Bon, Tom Cruise ne me laisse pas indifférente, mais il n'est pas non plus ici au top du top, donc voilà, quel ennui mortel. Je suis très étonnée que ce film ait été réalisé par la même personne qui a réalisé Le Dernier des Mohicans. Le grand écart!

Du côté des séries

J'ai regardé les bonus de Dinosaures dans le vague objectif d'écrire un billet sur le sujet, puis j'ai complètement lâché l'affaire (c'est-à-dire que j'ai renoncé à la fois à l'idée d'écrire un billet sur le sujet et à celle de regarder une série quelconque). On verra si j'arrive à me motiver pour regarder la deuxième saison de La Roue du Temps en juillet.

Et le reste

Le mois a été positif sur le plan des revues. J'ai d'abord lu un vieux numéro de La Croix L'Hebdo trouvé en boîte à livres, celui du 26 août 2023. J'avais déjà lu la plupart des articles du dossier climatique grâce à une amie abonnée; je ne vous raconte pas la catastrophe écologique en Dordogne, c'est un cauchemar. La couverture rend bien l'idée. 🙈🙈 Puis j'ai lu avec avidité le Mad Movies sur Batman, qui m'a donné envie de voir tous ces films. Cette revue est juste magique. Tout a l'air passionnant. Puis j'ai lu en diagonale un ancien numéro de Livres Hebdo, celui de septembre 2023. Et en fin de mois, j'ai miraculeusement réussi à lire Cheval Magazine. Je n'y croyais pas du tout, mais c'est l'avantage des insomnies: on a un peu de temps pour lire!

samedi 22 juin 2024

Légende (1984) 🪓🗡🏹💔💖✨

Dimanche 9 juin, je n'ai pas échappé au résultat des élections européennes pour la France. Je n'ai pas creusé le sujet, mais l'information principale est venue à moi lors de ma balade de clôture de week-end sur Instagram.

Lundi 10 juin, par conséquent, j'ai soigneusement évité l'actualité. Je n'ai pas creusé les résultats français et je ne suis pas allée chercher les résultats italiens.

Lundi 10 juin au soir, toutefois, j'ai commis l'erreur de regarder les stories sur Messenger. Je voulais voir des photos de chevaux. Mais soudain, j'ai cru comprendre qu'on parlait d'un certain mot en "d".

J'ai vérifié. C'était exact.

Vous imaginez ma sidération. Vous l'avez probablement éprouvée aussi. Mais ajoutez-y que je n'ai pas la nationalité française, moi.

Et puis...

Aux grands maux, les grands remèdes.

J'ai décidé de me casser dans un monde où les gens ont des valeurs.

J'ai décidé de relire Légende.

Légende!

Légende!

Le roman qui a révélé David Gemmell. Un des dix livres les plus importants de ma vie. Le livre où il y a Druss. Le livre où il y a Dros Delnoch, la forteresse imprenable mais condamnée.

💖💖💖 Légende 💖💖💖

Et vous savez quoi ? Légende est tellement merveilleux, tellement efficace, tellement plein de gens courageux, tellement plein de valeurs, que j'ai passé la semaine du 10 juin sans angoisse particulière. Totalement abattue par mes problèmes personnels, comme d'habitude. Ne déconnons pas. Mais sans angoisse particulière au regard de la catastrophe totale dans laquelle nous naviguions.

Pourquoi ce roman, que je lisais pour la quatrième ou cinquième fois, m'a-t-il fait un tel effet? Pourquoi ai-je vibre et pleuré? Pourquoi m'a-t-il fait oublier le reste? Pourquoi m'a-t-il donné, du moins quelques jours, du courage?

Parce que tout Légende ne parle que de deux choses: le courage de faire le choix difficile et l'acceptation de sa propre mort. Décider, collectivement mais surtout INDIVIDUELLEMENT, de tenir Dros Delnoch face à l'armée Nadir, forte de cinq cent mille hommes.

Décider de tenir Dros Delnoch même si on n'a aucune chance. 

Décider d'aller à Dros Delnoch même si on sait qu'on y mourra.

"Come and seek me if you will, old warrior! I stand on the walls of Dros Delnoch."

C'est la mort en personne, qui a un différent avec Druss, qui adresse ces mots au guerrier de légende, idolâtré depuis quarante ans par tout le peuple drenaï.

Et Druss, à plus de soixante ans, prend sa hache et se met en route. À pied. Avec son dos raide, son genou plein d'arthrite. Parce que Druss n'est jamais allé nulle part à cheval et qu'il sera bon pour le moral des troupes de le voir arriver à pied. Bien sûr, il pourrait faire une partie du trajet à cheval et finir à pied, de manière à s'économiser. Mais Druss est plus grand que nature. Un humain comme Druss, il y en a un par siècle. Druss n'est pas du genre à s'économiser. Druss n'est pas du genre à tricher. Alors, il va à pied. Alors, il accepte de prendre la direction de la forteresse en attendant l'arrivée du nouveau conte. Alors, il se bat au cœur de la mêlée sans jamais reculer, sans jamais se reposer.

Et il n'est pas le seul. Rek, qui filait aussi vite que possible vers le sud, pour la simple et bonne raison que les Nadir étaient au nord. Virae, élevée dans les mythes des guerriers d'antan. Bowman, l'archer désabusé et peut-être, au fond, idéaliste. Les Trente, les moines-guerriers qui ne font qu'un. Gilad, le fermier raté, et Bredan, le fermier heureux, qui vont apprendre la guerre et la camaraderie. Et Orrin, l'officier incompétent et détesté qui va oser courir avec ses hommes pour améliorer sa forme physique. Pour quelqu'un comme moi qui a toujours été nullissime en sport, la scène dans laquelle Orrin parvient à finir sa course sans être dernier est très, très puissante. Et comme le dit un autre personnage, il a en quelque sorte plus de mérite que les autres à se battre sur les murs de Dros Delnoch, car il a plus peur.

Et en face? Une horde de Nadir assoiffés de sang, unis sous la bannière d'Ulric, le premier à fédérer les clans nomades des steppes. Oui, certes. Mais aussi des Nadir pris un par un, qu'on suit brièvement dans le combat et qui ne sont pas différents des Drenai qui leur barrent le passage. Et Ulric, un chef spectaculaire, de la même stature que Druss. Un homme impitoyable et lucide. Un homme qui ne veut pas rabaisser les Drenai MAIS ÉLEVER LES NADIR. Un homme qu'on ne peut qu'admirer. Un homme que Druss lui-même admire. Leur conversation sous les murs du Dros est aussi courte que pleine de respect. Car même si chacun se battra jusqu'au bout pour anéantir l'autre, ils savent qu'ils sont égaux.

C'est une des choses que j'aime dans ce bouquin: que l'ennemi soit justement un ennemi et un adversaire, mais non méchant par essence. Seul Nosta Khan, le chamane, peut être considéré comme mauvais. Ulric n'a rien de mauvais. Et les gentils sont pleins de failles et de doutes. Druss lui-même dit, à son propre sujet:

"They will say, 'Here lies Druss. He killed many and birthed none'."

Paye ton bilan de vie, pour un gars que la nation idolâtre.

J'aime aussi que Gemmell prenne son temps pour réunir ses personnages à Dros Delnoch et montrer comment Druss réorganise la forteresse et entraîne ses hommes. Dans mon édition Orbit, l'assaut commence à la page 275 sur 430. Soit à bien plus de la moitié du bouquin.

Alors parfois, Gemmell quitte la camaraderie guerrière pour des passages d'une mièvrerie étrange – Rek dit vraiment à Virae que le ciel est plus bleu depuis qu'il l'a rencontrée 😂 –, il se répète pas mal dans ses conversations, et il abuse des deus ex machina à la fin – même si le premier d'entre eux est parfaitement logique et un autre m'a tiré des larmes. Et la femme est chez lui une exception dans un monde d'hommes, et un objet de désir sexuel. Mais il expose un des grands dilemmes de l'expérience humaine sans aucun manichéisme et j'ai besoin, terriblement besoin, de modèles tels que ses personnages. Face aux gens qui votent pour des idées affreuses, face aux gens qui privilégient leur confort au détriment du reste du monde, face aux gens qui exploitent les animaux, qui veux-je être? Je suis une trouillarde, je le sais. Mais que ferait Druss? Que ferait Druss? Je devrais me poser cette question tous les jours.

Allez donc voir ailleurs si Druss y est!
L'avis de Lorhkan
L'avis de Vert
L'avis de Xapur

mercredi 12 juin 2024

Eldorado (2006)

En 2014, mes beaux-parents me faisaient découvrir Laurent Gaudé en me prêtant Ouragan, un roman se déroulant à la Nouvelle-Orléans lors de l'ouragan Katrina. L'année suivante, peut-être toujours grâce à un prêt de leur part, je lisais Le Soleil des Scorta. Deux réussites qui ont clairement placé l'auteur parmi les écrivains contemporains de qualité à mes yeux. Mais depuis, rien. Et puis, en mai dernier, je suis tombée sur un autre de ses romans dans une boîte à livres et j'ai sauté dessus.

Eldorado s'ouvre à Catane, en Sicile. Salvatore Piracci, commandant d'une frégate italienne, sent un regard peser sur lui pendant qu'il achète son poisson au marché. Ce regard est celui d'une migrante clandestine qu'il a trouvée sur un bateau abandonné au large des côtes italiennes par les passeurs deux ans plus tôt. Une femme digne et dure, qui ne baisse pas le regard, et qui lui adresse une demande. Une demande déraisonnable. Une demande à laquelle Salvatore Piracci décide d'accéder.

Ailleurs, vraisemblablement au Soudan, deux frères passent leur dernière journée dans leur ville natale. Le moment est venu pour eux de partir. Ce jour, c'est leur dernier jour. Mais ils ne peuvent dire au revoir à personne, car leur départ est un secret. Ils partiront en cachette, avec un inconnu. Ils partiront en sachant qu'ils ne reviendront jamais de l'Europe qui les attend, l'Europe où ils pourront gagner leur vie.

Le thème de ce roman est donc, vous l'aurez compris, l'immigration clandestine à travers la Méditerranée, de l'Afrique du Nord vers l'Europe-forteresse. Depuis vingt ans, Salvatore Piracci, l'Italien, secoure des immigrants clandestins en Méditerranée. Il les tire des eaux mortelles, il leur donne à boire. Mais après, il les remet aux autorités qui les installeront dans des camps. Après la rencontre au marché, ce n'est plus possible. Les émotions qui montent en lui trouvent une échappatoire. Pour Soleiman, le deuxième personnage point de vue, le périple de l'exil ne commence pas comme prévu. À peine son frère et lui sont-ils arrivés en Libye que l'euphorie laisse la place au chagrin. Son frère ne fera pas réellement le voyage. Son frère fait demi-tour. Soleiman est seul pour aller là-bas.

Laurent Gaudé nous donne à voir ces deux parcours avec une justesse incroyable. Salvatore et Soleiman sont très différents, mais chacun est plein de couches d'émotions diverses et d'une sorte de droiture qui le mènera jusqu'au bout d'un parcours inversé mais passionnant, terrifiant, remuant. J'ai lu ce roman comme je ne lis plus que rarement, en oubliant le reste, en réfléchissant sur ma propre expérience de l'immigration – rien à voir avec celle de Soleiman : ce n'est pas moi qui ai émigré, ce sont mes parents, même si cela a façonné ma vie, et c'était parfaitement légal –, en retrouvant des valeurs que j'aimerais défendre dans ma vie, en vivant, en bref, au rythme de ces chapitres courts dont la richesse est inversement proportionnelle à la longueur. Le tout porté par une très belle écriture. J'ai bien tiqué sur quelques phrases, mais dans l'ensemble ce roman se lit tout seul sans jamais être simpliste, ni sur la forme ni sur le contenu.

"Lorsque les marins italiens montèrent à bord, munis de puissantes lampes torches dont ils balayaient le pont, ils furent face à un amas d'hommes en péril, déshydratés, épuisés par le froid, la faim et les embruns. Il se souvenait encore de cette forêt de têtes immobiles. Les rescapés ne marquèrent aucune joie, aucune peur, aucun soulagement. II n'y avait que le silence, entrecoupé parfois par le bruit des cordes qui dansaient au rythme du roulis. La misère était là, face à lui. Il se souvenait d'avoir essayé de les compter ou du moins de prendre la mesure de leur nombre, mais il n'y parvint pas. Il y en avait partout. Tous tournés vers lui. Avec ce même regard qui semblait dire qu'ils avaient déjà traversé trop de cauchemars pour pouvoir être sauvés tout à fait."

"Et nos enfants, Jamal, nos enfants ne seront nés nulle part. Fils d'immigrés là où nous irons. Ignorant tout de leur pays. Leur vie aussi sera brûlée. Mais leurs enfants à eux seront saufs. Je le sais. C'est ainsi. Il faut trois générations. Les enfants de nos enfants naîtront là-bas chez eux. Ils auront l'appétit que nous leur avons transmis et l'habileté qui nous manquait."

"Nos enfants ne seront nés nulle part." Quel crève-cœur, putain, quel crève-cœur.

Il faut que je continue à lire Laurent Gaudé. Il a écrit de la science-fiction, en plus...

Allez donc voir ailleurs si cet Eldorado y est
L'avis de Grominou

jeudi 6 juin 2024

La gamelle de mai 2024

Comme d'habitude, retour sur les activités culturelles du mois écoulé, hors lecture!

Sur petit écran

Pas de film. (Pourquoi je garde cette catégorie, déjà?)

Sur grand écran

Jusqu'au bout du monde [The Dead Don't Hurt] de Viggo Mortensen (2024)

Voilà un western assez classique, avec une petite ville dominée par le gros richard du coin, un projet minier, un petit connard à la gâchette facile et une vengeance. Mais dans le même temps, ce film est atypique, d'une part parce que la protagoniste est francophone et le protagoniste danophone, et d'autre part parce que ça parle essentiellement du destin d'une femme et non de celui d'un homme. Viggo Mortensen est merveilleux, évidemment (même si la moustache ne lui va pas, même à lui! Mais quel cauchemar, la moustache!), mais j'ai surtout été marquée par Vicky Krieps, qui a récemment joué la reine Anne d'Autriche dans Les Trois mousquetaires de Martin Bourboulon et qui joue extrêmement bien. Une actrice à suivre. Attention toutefois, le film parle de viol et n'est donc pas facile! Le titre anglais (qui signifie "Les morts ne souffrent pas") laisse d'ailleurs bien mieux deviner que le ton sera dramatique que l'adaptation française...

La Planète des singes: Le Nouveau Royaume de Wes Ball (2024)

Je ne pouvais, bien sûr, pas rater le retour au cinéma de cette série pour laquelle j'ai beaucoup d'affection. L'ensemble, malgré quelques bonnes idées, est fort paresseux. Je ne me suis pas ennuyée, mais bon, ce n'est pas marquant. J'ai surtout été intéressée par la présence de Freya Allan, qui joue Siri dans The Witcher, et de William H. Macy, que j'ai reconnu de Fargo (et qui, après vérification, joue aussi dans Jurassic Park 3, lol), et par le fait que l'intrigue part dans une direction résolument différente de celle du livre de Pierre Boulle et du premier film ([divulgâcheur] il est évident que les humains vont se réorganiser maintenant qu'ils ont récupéré les télécommunications, tandis que Noa va faire évoluer les singes [fin du divulgâcheur]).

Le Petit Dinosaure et la vallée des merveilles [The Land Before Time] de Don Bluth (1988)

Je savais très bien que j'allais pleurer en revoyant un des films les plus importants de mon enfance, mais j'ai tout de même été surprise: je me suis mise à pleurer AVANT le film. La séance étant destinée aux enfants, le cinéma a organisé un petit quiz avec des jouets à gagner. La première question portait sur le prénom du héros du film. La petite fille qui a levé la main la première a répondu "Petit Pied". Moi, je me suis mise à chialer. Voilà.

Bon. Malgré le crève-cœur absolu de ce retour en enfance, lié aussi bien à des raisons personnelles qu'au fait que certaines scènes vous démontent réellement le cœur (cf. l'image ci-dessus), j'ai trouvé que c'était absolument brillant. En à peine une heure et dix minutes, Don Bluth et ses scénaristes vous posent une très belle histoire d'entraide et d'amitié avec des personnages crédibles et nuancés, des enjeux importants, de l'aventure, un décor sublime et de l'humour. Je pense qu'il y a vraiment quelque chose à étudier si on s'intéresse à l'écriture d'histoires concises et riches à la fois. Et le tout sans aucun moralisme mièvre: le message sur l'entraide est porté par l'action plutôt que par les dialogues, ce qui est parfait. En même temps, ce dessin animé bénéficiait d'une équipe stupéfiante: Don Bluth (qui a aussi réalisé Le Secret de NIMH, autre dessin animé marquant de mon enfance) à la réalisation, Steven Spielberg, George Lucas, Kathleen Kennedy et Frank Marshall (mari de Kathleen Kennedy) à la production (excusez du peu!!!) et le stupéfiant, l'incroyable, le parfait James Horner (Titanic et Avatar, chef d'œuvres parmi les chefs d'œuvres!!) à la musique, musique qui tient d'ailleurs un rôle important pour porter l'histoire et qui se termine par la très belle chanson If We Hold On Together de Diana Ross.

Dernière chose que je tiens à noter pour avoir une chance de m'en souvenir: le plan de Céra qui essaye d'attraper un insecte ressemble à s'y méprendre à un plan du Roi Lion avec Simba, à tel point que je me suis demandé si celui le deuxième n'était pas un hommage au premier.

Du côté des séries

J'ai enfin terminé Dinosaures!! J'espère trouver l'énergie de lui consacrer un billet dédié.

Et le reste

J'ai lu en diagonale un ancien numéro de Livres Hebdo et j'ai lu mon Cheval Magazine habituel. Il y avait beaucoup de dressage dans ce numéro, ce qui est chouette, mais il y avait aussi une brève HONTEUSE invitant à "se méfier" de PETA (la plus grande association mondiale de défense des animaux, oui oui!!). Un nouveau sommet anti-animaliste qui m'a mise en rage et m'a même fait envisager (mais envisager seulement) de ne pas me réabonner. 🤬🤬🤬

Et sinon, j'ai aussi replongé dans Mad Movies, mais j'ai très peu avancé et ça m'occupera sans doute tout le mois de juin. ^^

samedi 1 juin 2024

Le café du temps retrouvé (2017)

Chronique express!

Après Tant que le café est encore chaud, j'ai eu envie de poursuivre ma lecture des romans de Toshikazu Kawaguchi sur le Funiculi Funicula, un café tokyoïte dans lequel on peut, si on parvient à s'asseoir à une place bien précise, remonter dans le temps. Comme dans le premier roman, on a ici quatre chapitres articulés autour d'une personne à chaque fois.

Mon avis est le même que pour le premier roman: c'est humain et touchant, j'ai été émue et je paierais cher pour pouvoir faire le voyage, moi aussi. 💖💖 Mais le style n'est pas à la hauteur, notamment au niveau des répétitions – par exemple, on nous répète les règles à peu près quarante fois en cent vingt pages et on nous dit mille fois que la serveuse débarrasse les tables (d'ailleurs, elle essuie un nombre de verres et de tasses qui semble franchement décorrélé du nombre de clients, qui est infime 😂). Le premier tome était traduit par la brillante Miyako Slocombe, mais c'est la tout aussi brillante Mathilde Tamae-Bouhon qui a pris le relais ici et les défauts stylistiques sont exactement les mêmes, ce qui confirme à mes yeux qu'ils viennent du texte de départ. Je ne suis donc guère motivée pour lire le troisième tome, en soi. Sauf que je vois qu'il se passe dans un autre café, dans le nord du pays, qu'il est plus épais (250 pages, ce qui peut laisser espérer plus de corps) et surtout qu'il est traduit par une troisième traductrice de haut vol, Géraldine Oudin. Donc, il n'est pas impossible que je voyage dans le temps une troisième fois... 👀

Autres traductions de la traductrice déjà chroniquées sur le blog
La Saveur du printemps de Kevin Panetta et Savanna Ganucheau (2019)