mercredi 29 septembre 2021

Watership Down (1972) 🐰

Chronique express!

Comme les copains ont fait des retours enthousiastes lorsque Watership Down de Richard Adams est sorti chez Monsieur Toussaint Louverture dans une traduction de Pierre Clinquart, je n'ai pas hésité à l'acheter lorsque j'ai croisé le chemin de la VO – d'autant plus que cette couverture d'Emily Sutton pour Penguin est irrésistible. Comme souvent, j'ai bien fait: ce roman s'est avéré génial!

C'est l'histoire d'une bande de lapins qui quitte sa garenne du jour au lendemain, l'un d'entre eux ayant eu une vision lui annonçant la destruction de ladite garenne. Une dizaine d'aventuriers qui devront affronter de terribles dangers pour trouver un nouveau lieu où vivre: les prédateurs, l'être humain, les véhicules, et même d'autres lapins qui ne sont pas forcément transparents sur leur mode de vie ou sont carrément embrigadés dans un régime ultrasécuritaire. La manière dont Richard Adams a donné vie à la culture et aux mœurs lapines est absolument brillante. Ils ont leurs mythes, leur langue, leur organisation sociale... Tout est extrêmement crédible et on est vite happé par l'action et conquis par certains personnages hauts en couleur, comme le guerrier Bigwig que j'ai adoré et qui n'aurait pas eu à pâlir dans un roman de David Gemmell.

Je n'ai qu'un seul bémol à émettre: la représentation des lapines est totalement déplorable... Le groupe d'aventuriers est composé uniquement de mâles. Il faut attendre une bonne centaine de pages pour qu'on rencontre une lapine et qu'elle soit nommée. Il faut attendre une centaine de pages de plus pour qu'une autre lapine prenne la parole. Les mâles parlent constamment des femelles en disant "ma lapine" et le groupe monte deux expéditions pour récupérer (kidnapper, quoi!) des lapines dans d'autres lieux (une ferme et une autre garenne) parce qu'ils doivent se reproduire. En bref, l'auteur a transposé une organisation sociale ultra patriarcale chez des animaux non humains chez qui il aurait pu – vu qu'il s'agit de toute façon de personnages de fiction dans une œuvre de fiction – inventer un système tout à fait différent. C'est dommage... Mais lisez ce roman quand même, il est génial!

Allez donc voir ailleurs si ces lapins y sont!

vendredi 24 septembre 2021

La chatte (1933) 🐈

Chronique express!

Alain et Camille sont jeunes, riches et fraîchement mariés. En attendant que les travaux soient finis dans leur future maison, ils logent dans un appartement au neuvième étage, quelque part à Paris. Mais Saha, la chatte d’Alain, restée dans la maison où il a grandi à Neuilly-sur-Seine, se languit de son maître et perd du poids… Alors, il la ramène dans son nouveau foyer.

La Chatte me semble s’insérer à la perfection dans l’œuvre de Colette – pour le peu que j’en ai vu, en tout cas. On y trouve des dialogues faisant la part belle à l’implicite, des relations très fines entre psychologies complexes, un jardin de ville empli de plantes luxuriantes et un chat. Une chartreuse, plus précisément. Une chatte racée, féminine, sensuelle et joueuse, qui a une relation tout à fait unique et charnelle avec son maître Alain. Bien sûr, tout cela n’est pas du goût de Camille, l’épouse… L’histoire est racontée essentiellement du point de vue d’Alain et on assiste en quelques semaines au délitement total d’un mariage (qui, certes, ne commençait pas non plus avec un enthousiasme franchement débordant). Colette parle des tout petits ressentis qui font le quotidien et aborde les relations sexuelles sans voile. On comprend très vite que ça ne colle pas pour Alain et qu’il a la tête totalement ailleurs. C’est fin, c’est moderne, c’est une réussite. Colette était vraiment très forte! Et ça se lit vite. Cette édition Grasset fait 200 pages, mais la police est très grande. Alors, n’hésitez pas!

Pour une raison que je ne m'explique pas, les deux livres de Colette que j'ai achetés dans cette superbe édition reliée en cuir n'ont pas le même éditeur: Albin Michel pour Claudine à l'école, Grasset pour la Chatte. Mais c'est beau quand même.

dimanche 19 septembre 2021

Notes de chevet (Xe-XIe siècles)

Notes de chevet de Sei Shônagon est un ouvrage japonais composé à la fin des années 990 et au début des années 1000. La vie de l’autrice est mal connue, mais on sait qu’elle était une dame d’honneur de la cour impériale japonaise, plus précisément de l’impératrice Teishi. Avec ces Notes, elle tient à la fois des listes et un journal. Parfois, elle énumère des éléments (des lacs, des choses rares, des temples…); parfois, un sujet lui évoque des anecdotes de la vie à la cour, qu’elle raconte plus précisément. Le résultat est à la fois fascinant et très difficile à lire.

Le côté fascinant est dû à la très belle traduction d’André Baujard, qui se lit toute seule et dégage une élégance et un raffinement qui vont fort bien au contexte de la cour impériale. Ne connaissant pas du tout le japonais, je ne peux me prononcer sur l’original, mais on a ici l’impression que Sei Shônagon s’exprimait avec beaucoup de clarté et de distinction et avait beaucoup d’esprit. Les listes sont parfois touchantes et invitent à prêter attention à de petites choses. Citons par exemple les chapitres 134 à 136: "Choses qui donnent confiance", "Choses qui rendent heureux" et "Choses vénérables et précieuses". Tout un programme. 💖 D’un autre côté, la dame d’honneur savait aussi mordre quand elle n’aimait pas quelque chose ou quelqu’un et n’était pas exempte de sentiments bien humains. J’ai ainsi noté cette citation rigolote dans le chapitre 14, "Choses détestables":

"Une personne qui vous était déjà complètement antipathique, alors qu’elle n’avait rien fait pour cela, et qui se rend coupable d’une chose qui vous déplaît."

Hélas, toute cette beauté et cet esprit ont été entravés, pour moi, par un fossé culturel franchement infranchissable. Malgré les nombreuses notes de fin d'ouvrage, j’ai globalement été à mille lieux de comprendre ce que racontait Sei Shônagon dans ses anecdotes de cour: réactions des personnages, messages implicites, coutumes de l’époque, missives contenant des bribes de poésies… l’essentiel m’échappait clairement. Je pense que le fossé est particulièrement marqué ici à cause de l’éloignement à la fois géographique et temporel; non seulement je connais mal le Japon actuel, mais en plus on parle ici du Japon du Xe siècle! Je serais certainement en difficulté pour lire un texte européen du Xe siècle, alors japonais, n’en parlons pas… J’ai noté un exemple particulièrement gros au chapitre 43, "Choses qui semblent éveiller la mélancolier":

"La voix de celui qui parle après avoir mouché, à la hâte, son nez qui coulait.
S’arracher les sourcils."

Et là, perplexité de ma part. Quel rapport entre la voix de quelqu’un qui s’est mouché et la mélancolie? Et entre l’arrachage de sourcils et la mélancolie? Sur ce deuxième point, une note m’informe généreusement que la chose était faite "pour s’en peindre d’autres plus haut", mais je ne comprends quand même pas. Un lien avec l’affaissement de la peau dû au vieillissement, peut-être? On se maquillait des sourcils plus haut pour paraître plus jeune, de même qu'on fait, aujourd’hui, des injections de botox pour affermir le visage?

Globalement, mes incompréhensions n’étaient pas toutes aussi marquées que sur ces deux points, c’était plutôt une impression générale de rater des sous-entendus. Par exemple, toutes les courtisanes éclatent de rire après que quelqu’un a dit quelque chose et je n’y vois rien de drôle…

L’ouvrage étant quand même assez dense (environ 350 pages dans un format et une police intermédiaires), je dirais qu’il est destiné à des grands amateurs de la culture japonaise, dont il forme d’ailleurs, selon l’introduction et la page Wikipédia, un chef d’œuvre littéraire (il est d’ailleurs publié par Gallimard dans une collection intitulée Connaissance de l’Orient réalisée en partenariat avec l’Unesco). Même si je n’ai pas été pleinement satisfaite de ma lecture, car je m’attendais plutôt à une réflexion sur l’impermanences des choses et, de là, sur le sens de la vie, je suis ravie d’avoir découvert ces Notes, qui restent fort agréables à lire en français et donnent assez envie… de faire soi-même ses propres listes. 😉

mardi 14 septembre 2021

Claudine à l’école (1900)

J’ai beaucoup aimé ce que j'ai lu de Colette, alors je n’hésite pas à acheter ses romans lorsque je tombe dessus. Même un livre aussi culcul que Claudine à l’école, sorte de Martine romanesque et champêtre qui ne m’attirait pas plus que ça… Et j’ai eu bien raison de lui donner sa chance, puisque j’avais tout faux: Claudine à l’école n’est pas du tout l’équivalent romanesque des albums de Martine. C’est l’histoire d’une cancre. 🤣🤣

Bon, c’est champêtre, ça c’est sûr. Nous sommes dans une école rurale française, probablement en Bourgogne, vers la fin du XIXe, et nous lisons le journal de Claudine, âgée de 16 ou 17 ans. Elle prépare le certificat d’études et vit donc sa dernière année à l’école avant de partir à Paris. Sa mère est morte et son père ne s’occupe que peu d’elle, affairé comme il l’est à étudier les limaces de la région. Par conséquent, elle est libre d’occuper son temps comme elle le souhaite. Très sûre d’elle et bonne élève, elle travaille parce qu’il le faut, mais sans passion, tyrannise ses camarades de classe et tient tête aux enseignantes. Surtout à Mademoiselle Sergent, dont elle est jalouse… Car celle-ci lui a piqué Aimée, une autre maîtresse dont Claudine est tombée amoureuse! En effet, Claudine à l’école parle ouvertement de relations homosexuelles, d’abord avec le rapprochement entre Claudine et Aimée, puis avec la relation de Mademoiselle Sergent et Aimée, puis avec l’idolâtrie de Luce pour Claudine…

Entre l’élève rebelle (qui n’aurait fait de moi qu’une bouchée si j’avais été à l’école avec elle, soit dit en passant…) et la vision tout à fait décomplexée de l’homosexualité, on est donc très loin des albums de Martine, vous l’aurez compris.

En outre, Colette parle également des rapports de pouvoir entre hommes et femmes avec la figure de Dutertre, le délégué cantonal qui couche avec les enseignantes et se frotte de très près aux "grandes", les élèves de dernière année. Un bon petit obsédé qui frôle avec la pédophilie, c’est charmant.

Et pourtant, Claudine à l’école garde un petit côté champêtre et suranné, lié à l’époque lointaine qu’il nous raconte, quand passer le certificat d’études était tout un programme (trois jours à l’hôtel dans le chef-lieu pour passer les épreuves!), que les élèves de différents âges étaient réunies en classe unique, mais avec les garçons et les filles dans des établissements séparés, et qu’on écrivait sur des pupitres… C’est tout à fait charmant, et bien que Claudine ait très bien compris le fonctionnement du monde qui l’entoure, on a l’impression qu’il ne pouvait rien arriver de mal dans ce monde-là. C’est un peu l’anti-Zola, en quelque sorte. 😄 Même quand elle parle de Dutertre, ça reste léger, amusant.

En plus, Colette écrit divinement bien, autant lorsqu’elle adopte un ton plus lyrique que quand elle décrit avec humour les jalousies de Claudine, donc j’ai adoré cette lecture.

Claudine à l’école a d’abord été publié sous le nom de Willy, alors époux de Colette, mais c’est bien elle qui l’a écrit. 💪

Le petit truc en plus que vous avez absolument besoin de savoir: j’ai trouvé cette édition Albin Michel, imprimée en 1950 et reliée en cuir, pour la modique somme de six euros dans une brocante de Bordeaux par un jour de début juillet. Il faisait beau, les week-ends estivaux commençaient, apportant avec eux la promesse des vacances, j’étais avec des amis que j’aime et des cannelés attendaient dans mon sac. C’était le bonheur, quoi.


Allez donc voir ailleurs si cette école y est!
L'avis de Grominou

jeudi 9 septembre 2021

Lágrimas en la lluvia (2011)

Chronique express!

Je vous présente mon paillasson Batman
et ses nombreux poils de chat. 😄

Madrid, 2109. Bruna Husky, détective androïde, se réveille péniblement, l’esprit alourdi par l’alcool. Sa voisine, elle aussi une androïde, tambourine à sa porte. Mais, une fois entrée dans l’appartement, elle attaque Bruna en prétendant être humaine, puis se suicide. L’autopsie révèle qu’elle portait une mémoire artificielle clandestine, responsable de ses propos incohérents et de son comportement violent. Commence alors, pour Bruna, une enquête policière délicate. Mandatée par Myriam Chi, la directrice du Mouvement Radical Répliquant, elle devra faire la lumière sur plusieurs morts d’androïdes – appelés réplicants en référence au film Blade Runner – dans un contexte politique explosif, où les tensions entre humains et réplicants ne font que s’exacerber. Il semble clair que quelqu’un, dans l’ombre, fait tout son possible pour que la situation dégénère…

Bien branchée par les retours positifs des copains, j’ai saisi l’occasion d’acheter ce roman dès que je l’ai trouvé en VO. Et grand bien m’en a pris, puisque j’ai adoré. Rosa Montero, dont j’avais déjà lu Bella y oscura (il y a suffisamment d’années pour n’en avoir aucun souvenir…), a su mettre en scène des personnages fort sympathiques dans un univers qui est, lui, fort peu sympathique (Terre bouleversée par le changement climatique, raréfaction des ressources, racisme permanent des humains envers les réplicants et les extraterrestres…), mais tellement bien construit qu’on adhère à 100%. Bruna m’a parfois agacée car elle passe à côté de certaines choses pourtant voyantes – le comportement anormal de la numéro deux du Mouvement Radical Répliquant, par exemple – et a beaucoup de mal à tenir sa langue, mais quelque part cela fait aussi d’elle quelqu’un de très humain. Ce qui est une belle réussite pour quelqu’un qui n’est, en fait, pas une humaine, ahah! Quant aux personnages secondaires, ils sont tous très réussis. Et puis, la narration est très prenante et pleine d’humour noir, j’ai adoré. Même si les copains sont unanimes pour dire que la suite est moins bien, j’ai acheté dare dare les deux autres romans. Après l’ours blanc de ce tome, l’éditeur Booklet a choisi un tigre et un corbeau pour ses couvertures. Hâte de voir ça!

Allez donc voir ailleurs si ces larmes y sont!
L'avis de Baroona
L'avis du Chien critique
L'avis de Lorhkan
L'avis de Tigger Lilly

samedi 4 septembre 2021

La gamelle d'août 2021

Comme d'habitude, faisons le bilan culturel du mois écoulé. J'ai profité des vacances pour replonger dans l'univers Marvel et écouler des revues qui commençaient à s'accumuler.

Sur petit écran

Les Gardiens de la galaxie de David Gunn (2014)
Lorsqu’il est sorti au cinéma, j’ai tout simplement détesté ce film. Bon. Au deuxième visionnage, il n’est quand même pas si douloureux. C’est un film popcorn, quoi, et les personnages de Rocket, Drax et Groot sont même sympathiques. Je trouve, néanmoins, que tout y est poussif: l’humour, l’évolution des personnages, la naissance des liens amicaux entre eux, les confidences de Gamora et Peter Quill, le déhanchement sexy de Nebula et cet usage exaspérant de la musique pour montrer qu’on est tellement cool parce qu’on écoute des morceaux vintage. Et puis, quand on a la chance d’avoir Glenn Close au casting, on lui donne plus que trois répliques, non? Bon. Mais ça se laisse regarder, quoi. Une seule scène m’a touchée: l’union des vaisseaux des Nova Corps pour défendre Xandar. 😍

Les Gardiens de la galaxie. Vol. 2 de David Gunn (2017)
Ayant détesté le premier opus, j’avais fait l’impasse sur le deuxième lors de sa sortie au cinéma. Au final, je l’ai préféré au premier. Peter Quill, le personnage que je n’aime pas, est finalement peu présent; il doit avoir une demi-heure de scènes vraiment à lui. Du coup, les autres personnages sont plus mis en avant et travaillés, et Yundu, qui était parfaitement oubliable dans le premier film, parvient même à devenir très attachant. On passe aussi beaucoup de temps avec Rocket et Groot, et un peu moins avec Gamora et Nebula, mais quand même. Par contre, je déteste l’intégralité des chansons, ça ça ne s’est pas arrangé…

Avengers: Infinity War d’Anthony et Joe Russo (2018)
Ce film m'avait laissée assez indifférente au cinéma, la faute à la mort de Loki au bout de cinq minutes (NO LOKI, NO MOVIE) et à un méchant que je trouve complètement raté. Avec ce deuxième visionnage, je trouve que la conclusion de dix années de films Marvel commence plutôt bien. Le film passe du ton humoristique habituel à une vision plus sobre et se termine agréablement mal. Il réussit, en outre, à trouver un équilibre très réussi entre la bonne vingtaine de personnages importants qu’il réunit, chacun ayant un vrai rôle, voire une scène dédiée et importante. Et puis T’Challa crie "WAKANDA FOREVER" et ça ça vaut de l’or, mes amis, de l’or (on signe où pour s'engager dans l'armée du Wakanda?). Même Thanos m’a moins déplu. Je trouve toujours son plan totalement merdique, mais au moins il en jette en tant que personnage superpuissant, et sa relation avec Gamora est vachement plus compréhensible quand on vient de voir ou revoir les deux Gardiens.

Avengers: End Game d’Anthony et Joe Russo (2019)
Après la disparition de la moitié des êtres vivants de l’univers, une poignée d’Avengers, dont les cinq membres d’origine du premier film, met tout en œuvre pour remettre la main sur les Pierres de l’Infini, donnant vie à un voyage dans le temps qui permet de retrouver, ne serait-ce qu’une minute, une multitude de personnages des films passés. Dont Loki et Frida, que j’adore – et si le premier est à peine visible, la deuxième a droit à une vraie scène qui lui rend honneur. Puis c’est la bataille finale, que je trouve frustrante à cause du décor sombre et enfumé (presque digne d’un film DC…) mais qui flatte néanmoins la fibre épique qui sommeille en chacun de nous. Une conclusion satisfaisante, donc, ce que je n'avais pas pensé à l'époque. C’était la fin d’une ère Marvel, la fin d’une décennie et, avec le recul, la fin du Monde d’Avant: l’année suivante, une certaine épidémie allait mettre le cinéma à genoux, blockbusters compris…

Sur grand écran

Pas de cinéma ce mois-ci.

Du côté des séries

Je n'ai rien regardé, mais j'ai revécu la saison 6 de Downton Abbey par procuration car mon homme a replongé. 💛

Et le reste

J'ai lu les deux premiers numéros d'Epsiloon, la nouvelle revue scientifique fondée par d'anciens journalistes de Science & Vie. La maquette est agréable et le contenu est intéressant, mais j'y ai retrouvé ce que je reprochais auparavant à Science & Vie: un certain sensationnalisme dans les titres, un enthousiasme insensé dans les articles (on est toujours à la veille d'une révolution incroyable, par exemple) et une rédaction pas toujours d'une grande élégance. Dans le numéro 2, j'ai même trouvé que l'article sur la reforestation sentait l'anti-écologisme primaire, à croire qu'il y a un horrible complot des écolos pour nous faire planter des arbres et détruire la planète! J'ai quand même acheté le numéro 3, car j'ai besoin d'intégrer les sciences à ma routine et que la revue se lit plutôt rapidement, mais je ne suis pas convaincue.

J'ai également lu deux numéros de Livres Hebdo récupérés auprès de Vert pour garder un œil sur le monde de l'édition, et, en fin de mois, mon Cheval Magazine adoré (qui se dégrade au fil des années, en fait, mais passons...).

lundi 30 août 2021

Michel Strogoff (1876)

Chronique express!

Comme toujours, c’est un immense plaisir de lire Jules Verne, qui mélange à merveille aventure, humour et informations scientifiques. Dans Michel Strogoff, ce dernier élément s’exprime essentiellement par des données géographiques. En effet, Michel Strogoff, courrier du tsar, est chargé de transporter une précieuse missive depuis Moscou jusqu’à Irkoutsk, ville de Sibérie orientale, afin de prévenir le frère du tsar des manigances d’un traître, un Russe qui soutient l’invasion tartare menaçant l’empire. Bien entendu, le chemin de Michel Strogoff, déjà pénible en temps normal, sera semé d’embûches à cause de ladite invasion et des hordes tartares qui rôdent dans la campagne. Mais Michel Strogoff est un homme de fer, déterminé à arriver coûte que coûte, et il rencontrera en route plusieurs personnages qui sauront l’aider: Nadia, qui cherche elle aussi à gagner Irkoutsk, et Alcide Jolivet et Harry Blunt, journalistes respectivement français et anglais. Deux personnages hauts en couleur qui apportent une touche d’humour très sympathique.

Des aventures à fond de train à travers la Russie: évidemment, j’ai adoré, et je recommande. Lisez Verne, c’est vraiment génial!

mercredi 25 août 2021

D'un cheval l'autre (2020)

Chronique express!

Bartabas, fondateur de la troupe de théâtre équestre Zingaro, propose dans Un cheval l’autre une sorte d’autobiographie, cheval après cheval. Chaque chapitre est consacré à un épisode dans la vie d’un de ses chevaux, que ce soit la rencontre, un instant partagé, une maladie ou une séparation. Mis bout à bout, tous ces moments permettent de suivre ses débuts à cheval et sa carrière.

Bien entendu, il est impossible de ne pas rêver à ses descriptions de dressage et de spectacles; n’importe quel cavalier bave devant ses chevaux. Et je me suis retrouvée, de manière plus personnelle, dans une sorte d’aisance et de plénitude ressentie en présence des chevaux plus que des humains, comme si ces animaux donnaient du sens à la vie. J’ai aussi été émue par un chapitre très douloureux sur la fin de Zingaro, le célèbre étalon frison qui a fait la renommée de la troupe. Par contre – et cela, je pense, n’étonnera pas les gens qui ont déjà vu le personnage en interview... – Bartabas a un égo GIGANTESQUE, un truc juste hallucinant, et s’exprime avec une certaine pomposité qui m’a profondément déplu. En plus, je l’ai souvent trouvé anthropomorphique dans son propos, ce que je trouve fort surprenant chez un professionnel du cheval. En bref: je dirais que c’est un livre à lire pour les chevaux, pas pour l’homme… 😅

vendredi 20 août 2021

La Langue de Trump (2019)

Chronique express!

En 2016, Bérengère Viennot, journaliste et traductrice, a été confrontée de près à une sacrée difficulté: traduire Donald Trump, nouvellement élu à la présidence des États-Unis. Après un rappel fort concis et clair sur ce qu’est une traduction – nous restituons un message, pas des mots –, elle explique dans ce court essai comment elle a dû faire évoluer sa pratique dans le cas de Trump.

En général, en effet, le traducteur est censé "réparer" le discours du locuteur d’origine si celui-ci commet des erreurs. Par exemple, si vous traduisez un roman dans lequel un personnage habillé en vert est soudain en bleu, vous rétablissez la couleur verte de sa tenue (à moins que ce changement de couleur ne soit délibéré, bien sûr). Autre exemple: si vous traduisez quelqu’un qui n’a pas beaucoup de vocabulaire, vous trouvez des synonymes pour éviter les répétitions.

Or, chez Trump… Eh bien, sa manière de s’exprimer fait partie intégrante du personnage et de son message, donc, vous devez vous exprimer comme lui. À partir de là, Bérengère Viennot aborde plusieurs points caractéristiques de la communication de Trump: les phrases sans queue ni tête, la déformation de la réalité, l’usage massif de Twitter, l’égo, la haine des journaux… C’est passionnant et ça se lit tout seul, c’est vraiment à mettre entre toutes les mains – même si, bon, quand elle cite Trump pendant plus de quatre lignes, ça donne un peu mal à la tête d’essayer de comprendre ce qu’il raconte. Ça manque un peu de complotisme, mais l’essai est paru en janvier 2019, donc bien avant le délire de Trump sur la prétendue fraude électorale qui lui aurait coûté sa réélection.

Bref: un document d’actualité à lire sans hésiter, et en serrant les doigts pour que le délire ne recommence pas en 2024. 🙃🙃

dimanche 15 août 2021

L'Argent (1890)

Dix-huitième tome des Rougon-Macquart: après les locomotives de la Bête humaine, place à la finance et à la Bourse de l’Argent!


L’intrigue
Saccard, le spéculateur qui faisait fortune dans la Curée en achetant des immeubles parisiens durant les grands travaux haussmanniens, rôde à la Bourse de Paris. Il est au plus bas et ne rencontre guère d’aide parmi les joueurs et spéculateurs, mais est toujours aussi déterminé à brasser les millions. Avec l’ingénieur Hamelin et sa sœur Caroline, naît alors un projet d’ampleur: fédérer les paquebots de Méditerranée et exploiter des mines en Orient sous le chapeau d’une banque, l’Universelle. Hamelin pourra travailler sur le terrain, tandis que Saccard se chargera de la création de la banque et de son entrée en bourse.

Le monde de la finance
Le roman commence à deux pas de la Bourse de Paris, institution qui y jouera un rôle essentiel. Zola nous plonge dans les arcanes de la création d’entreprise et de la capitalisation boursière. L’Universelle est constituée avec un capital de vingt-cinq millions de francs, à raison de cinquante mille actions valant cinq cents francs chacune. Bien sûr, l’objectif est ensuite de faire monter la cote de ces actions à la Bourse. Dès le début, l’affaire est louche: le comité d’administration est créé en faisant circuler un mensonge sur l’éventuel soutien d’Eugène Rougon, ministre de l’Empereur et frère de Saccard, les actions ne sont pas créées/achetées de manière bien légale (elles ne sont pas "souscrites", mais je ne sais plus ce que ça veut dire… 😅) et Saccard se jette dans le combat à la hausse par tous les moyens, essentiellement en achetant des actions lui-même, sous des prête-noms, ce qui est évidemment illégal. Les concepts financiers ne sont pas des plus clairs et le lexique présent dans cette édition du Livre de poche est très utile, même si, parfois, je ne l’ai pas compris non plus. 😅 En tout cas, Zola s’est bien documenté, comme toujours, et c’est assez prenant de plonger dans la Bourse du temps du papier.

Le prix de l’argent
Bien sûr, toutes ces magouilles ont un coût, et ce ne sont pas ceux qui prennent les risques qui vont le payer. Saccard obtient la confiance de nombreux petits investisseurs, d’une part parce qu’il fait beaucoup de publicité, d’autre part parce qu’il rachète des journaux et leur fait publier, évidemment, des articles élogieux (l’indépendance de la presse, ce thème toujours d’actualité…) et enfin parce qu’il fait courir des rumeurs discrètes sur le véritable but de l’Universelle, une banque proche des milieux catholiques qui aurait vocation à soutenir le Pape grâce aux investissements des catholiques du monde entier. Parmi ces investisseurs, je me souvenais des Beauvilliers, une comtesse âgée et sa fille, qui maintiennent un luxe de façade en se privant du moindre confort: pourvu de recevoir avec classe deux fois par mois, elles mangent des pommes de terre le reste du temps. Leur ruine sera totale et RIEN ne leur sera épargné. Elles sont peut-être parmi les personnages les plus poignants de Zola…

Un antisémite de base
L’épopée de cette banque catholique se fait en opposition à la finance juive, incarnée par Gundermann, le roi de la Bourse de Paris. Saccard est un antisémite de base, convaincu que les Juifs sont retors, qu’ils contrôlent tout et que ce sont des voleurs, et il prononce plusieurs tirades contre eux. Ce n’est pas le plus marquant dans ce roman, mais c’est intéressant de le citer car cela fait écho à l’engagement futur de Zola en faveur de Dreyfus; on comprend très bien que Zola ne partage pas l’avis de Saccard et que celui-ci est en pleine théorie du complot. (Ah, si Zola avait connu le début des années 2020, quel roman n’aurait-il pas écrit sur le complotisme… 😅)

Mme Caroline, un personnage lumineux
Face aux magouilles de Saccard et à la fin catastrophique que l’on voit arriver, le lecteur peut trouver un peu de réconfort auprès de Mme Caroline, la sœur de l’ingénieur Hamelin, et, dans une moindre mesure, auprès de celui-ci. Elle est un beau personnage droit dans ses bottes, plein de compassion pour autrui et de bon sens, et l’on s’attache beaucoup à elle malgré ses choix malheureux. Son frère est très positif aussi, mais on le voit beaucoup moins, vu qu’il part en Orient. Caroline, présente à Paris tout au long de l’intrigue, a un rôle plus important et c’est son point de vue qui nous guide dans certains chapitres. La sœur et le frère sont très différents, mais ils font preuve d’une belle entente qui fait chaud au cœur. L’idée me vient soudain qu’on pourrait les rapprocher de Hubert et Hubertine dans le Rêve, un couple très soudé.

Pour finir : Zola ne serait pas Zola sans appétits sexuels…
Bien sûr, l’Argent parle essentiellement de soif d’argent (ah, ah!), mais il contient la dose réglementaire de sexe avec une scène INCROYABLE impliquant la baronne Sandorf et Saccard, surpris en petite tenue par l’amant attitré de Madame, et les suites d’un viol issu d’un lointain passé et en entraînant un autre, triste à mourir. Comme toujours, Zola osait tout dire, c’est épatant dans un roman d’un siècle très puritain!

Allez donc voir ailleurs si cet argent y est!
L'avis de Baroona
L'avis de Tigger Lilly

mardi 10 août 2021

The Sundial (1958)

Après We Have Always Lived in the Castle, j'avais très envie de poursuivre ma découverte de Shirley Jackson. C'est chose faite avec The Sundial, le Cadran solaire, un roman très étrange...


La splendide maison Halloran abrite une famille très aisée et très particulière. La maîtresse des lieux est Mrs Halloran. Elle règne sur les finances et les habitants. Son mari, Richard Halloran, est en fauteuil roulant et semble avoir perdu l'esprit. Il y a ensuite la tante Fanny, la sœur de Richard, veille fille aigrie contre sa belle-sœur. Il y a aussi la jeune Mrs Halloran, Maryjane, qui a épousé feu Lionel, le fils de Mrs Halloran et de Richard, et qui accuse la mère de celui-ci de l'avoir poussé dans les escaliers. Citons enfin Fancy, la fille de la jeune Mrs Halloran, et Miss Ogilvie et Essex, deux domestiques au statut plutôt élevé.

Tout ce petit monde se déteste et s'envoie des piques avec le plus grand flegme, jusqu'au jour où la tante Fanny se perd dans le jardin et aperçoit, dans un brouillard qu'elle est la seule à voir, le fantôme de son père, décédé depuis des lustres. Celui-ci lui annonce la fin du monde, mais lui garantit qu'il protègera tous ceux qui se trouvent dans la maison Halloran et qu'ils hériteront du monde d'après...

Il est difficile de décrire ce roman. En deux mots, c'est Downton Abbey à la sauce complotiste. Quand la tante Fanny décrit l'apparition et la mise en garde de son père, tout le monde la croit (avec plus ou moins de conviction, tout de même), y compris des personnages qui arrivent là après les faits. Commencent alors des préparations pour affronter la fin du monde et survivre au lendemain de sa destruction: la tante Fanny commande toutes sortes de provisions et d'équipements, Mrs Halloran met en place des règles à respecter. C'est très bizarre. En revanche, c'est toujours très drôle; la manière dont les personnages enchaînent les monologues croisés, sans jamais prêter attention à ce que disent les autres, le ton poliment cassant de Mrs Halloran, les inquiétudes très comme il faut de Mrs. Ogilvie... C'est un vrai régal, et Shirley Jackson était une excellente dialoguiste! Les deux ou trois passages étranges, essentiellement les apparitions de feu Mr Halloran, sont également très réussis.

Malgré le plaisir de la lecture, je tire toutefois une certaine perplexité de ce roman, d'autant plus que la fin, relativement ouverte, ne répond pas à la question principale: elle est vraie, cette prophétie, ou pas? Le monde va-t-il oui ou non prendre fin par une nuit d'apocalypse? Nos riches bourgeois attendent...

jeudi 5 août 2021

La gamelle de juillet 2021

Comme tous les mois, retour sur les activités culturelles du mois précédent!

Sur petit écran

Pas de film.

Sur grand écran

Black Widow de Cate Shortland (2019)

Enfin, le retour des films à grand spectacle sur grand écran! Dommage que celui-ci manque d'envergure et ait du mal à trouver son ton: entre le comique lourd du père et les émotions que je n'ai pas pu partager par manque d'attachement à une famille à peine rencontrée, je n'ai pas été très convaincue. Et puis il y a beaucoup d'explosions, mais bon, tout le monde n'est pas Michael Bay. Reste une Scarlett Johansshon très convaincante, elle, comme toujours, et la satisfaction de voir une deuxième super-héroïne Marvel avoir droit à son film.

Cruella de Craig Gillespie (2021)

Un divertissement sympathique, plus prenant que le début, qui laisse présager d'un film très familial, ne le laisse craindre. Emma Stone (actrice que je n'aime pas du tout, pourtant) incarne très bien le personnage et Emma Thomson est formidable. Pour les amateurs de mode, il y a aussi de très belles tenues. Précisons toutefois qu le meilleur personnage du film est... un chihuaha. 😅

Du côté des séries

Loki – saison 2 (2021)

J'aurai donc détesté jusqu'au bout cette série que j'attendais avec tout l'amour du monde. Je suis désespérée. Entre l'élément temporel, le Loki-bouffon, un Tom Hiddleston qui n'est pas exploité ne serait-ce qu'à 30 % de ses capacités, l'histoire d'amour d'une mièvrerie extraordinaire en soi et parfaitement navrante pour ce personnage-là et l'antagoniste de fin que j'ai juste eu envie d'étrangler, je n'ai jamais autant exprimé mon mécontentement devant un produit Marvel. 😅 Et je ne pouvais même pas me consoler en reluquant Loki parce que 1/ ils lui ont collé des cheveux encore plus huileux qu'avant, ce qui ne lui va pas, et 2/ parce qu'il était toujours habillé en humain alors que je le trouve sexy en Asgardien. Voilà. Le drame. Il me faudrait une cure de Thor 2 pour m'en remettre. Une dernière chose: le meilleur personnage de la série est un alligator. 👀🐊

Et le reste

Outre mon Cheval Magazine adoré, j'ai lu Translittérature, la revue de l'Association des traducteurs littéraires de France, une lecture de qualité sur des traductions et des traducteurs extraordinaires.

samedi 31 juillet 2021

Jamaica Inn (1936)

Enthousiasmée par ma lecture de Rebecca, je n'ai pas hésité à poursuivre ma découverte de Daphne du Maurier avec Jamaica Inn.

L'intrigue se passe en Cornouailles durant les années 1800-1810. Après la mort de sa mère, Mary Yellan n'a d'autre choix que d'aller vivre chez sa tante, qu'elle n'a pas vue depuis des années. Malheureusement, la déception est grande: cette femme autrefois enjouée n'est plus que le reflet de ce qu'elle a été et vit clairement dans la terreur de son mari, le terrible Joss Merlyn, tyrannique propriétaire de l'auberge de la Jamaïque. Mary ne tarde pas à comprendre que ce commerce cache de sordides affaires. Mais que faire et comment venir en aide à sa tante en ce lieu perdu dans les landes, loin de tout village et déserté par les habitants de la région, qui en connaissent la réputation?

Bien qu'il ne soit, d'emblée, pas à la hauteur du chef d'œuvre qu'est Rebecca, Jamaica Inn m'a happée et passionnée. J'ai adoré le décor des Cornouailles, les landes battues par les vents, l'auberge noire et silencieuse, les tors déserts. J'ai aussi aimé l'ambiance mystérieuse, l'énigme des activités de Joss Merlyn, et même ce personnage haut en couleurs et détestable. Daphne du Maurier a très clairement choisi d'écrire un roman d'inspiration gothique comme le XIXe en raffolait, et c'est réussi! Mary fait une protagoniste attachante, qui impressionne par sa volonté et sa réflexion, même si elle se jette dans la gueule du loup plusieurs fois – sciemment ou pas.

Là où le bât blesse, toutefois, c'est dans la résolution de l'énigme. Moi qui ne devine jamais rien, j'avais tout compris à la moitié du livre. 😜 Je dirais donc qu'il s'agit d'un roman à lire pour le plaisir du décor venteux, de l'ambiance bröntesque et bien sûr de la belle plume de du Maurier, et pas pour mener l'enquête. Si vous ne connaissez pas encore Daphne du Maurier, ne commencez pas par ici. Si vous la connaissez déjà, lisez-le en sachant à quoi vous attendre.

lundi 26 juillet 2021

Marouflages (2009) + L'Opéra de Shaya (2014)

Après le Miroir aux éperluettes et Espaces insécables, j'ai poursuivi ma découverte de Sylvie Lainé avec deux autres recueils, que je réunis en un seul et même billet pour des raisons pratiques.

Ça y est: je suis conquise!

Marouflages (2009)

Les Yeux d'Elsa (2005)
Voilà un texte très efficace, lourd de sens, très fin dans son déroulé et sa rédaction, et tout simplement marquant. Le protagoniste gagne sa vie en recueillant les dauphins blessés, qui s'engagent à travailler pour les humains en échange de soins. Ces dauphins, bien sûr, ne sont pas des dauphins comme les autres, mais sont génétiquement modifiés pour ressembler à l'être humain et pouvoir parler. Un jour, notre protagoniste recueille Elsa, une dauphine encore moins comme les autres. Un grand texte.

Le prix du billet (2007)
Cette nouvelle n'est pas à la hauteur des Yeux d'Elsa, mais est néanmoins efficace. On y suit une femme qui attend un homme dans une gare et qui est accostée par une autre femme, que cet homme a envoyée à sa place. Une belle réussite dans le quiproquo et les faux-semblants, qui étudie un thème déjà apparu dans les précédents recueils que j'ai lus: le poids des choix et la manière dont on mène sa vie.

Fidèle à ton pas balancé (2009)
Avec ce texte au titre magnifique, je suis quelque peu retombée dans la perplexité éprouvée devant les deux recueils précédents. C'est bien écrit, ça se lit tout seul, je suis intéressée... Mais... C'est quoi le message? Il fallait que je comprenne quoi? 🙄

L'Opéra de Shaya (2014)

L'Opéra de Shaya (2014)
En compagnie de So-Ann, qui a du mal à trouver sa place sur les mondes qu'elle visite, on découvre Shaya, une planète luxuriante dont les habitants peuvent évoluer en fonction des êtres différents d'eux, comme un être humain. So-Ann a deux ans devant elle avec pour seule mission d'imprégner les différents êtres vivants qu'elle rencontre. Ce texte est une très belle découverte d'un monde tout à fait différent du nôtre, avec une thématique de rencontre de l'autre fort intéressante. J'apprécie vraiment de découvrir des êtres radicalement différents des humains, et sans affrontement par-dessus le marché! On est très loin des aliens insectoïdes uniquement destinés à faire la guerre. Tout ça rappelle un peu la découverte de Pandora dans Avatar... Mais avec une fin plus glaçante.

Grenade au bord du ciel (2013)
Un texte moins marquant sur la découverte d'un astéroïde présentant une drôle de structure similaire à celle d'une grenade. Un groupe de scientifiques va y découvrir quelque chose de très étrange. Reste à décider ce qu'il convient d'en faire...

Petits arrangements intra-galactiques (2012)
Récit d'un homme tombé en panne dans l'espace et contraint de se poser sur une planète qu'il ne connaît pas, ce texte est plein de verve et très drôle. En plus, ça parle de nourriture. J'ai beaucoup aimé.

Un amour de sable (2014)
Deux intelligences s'étudient l'une l'autre, mais sont tellement différentes qu'elles ne peuvent aucunement se comprendre. Hélas, elles sont tellement différentes qu'elles ne peuvent même pas comprendre qu'elles ne peuvent pas se comprendre. Un texte très réussi.

Et voilà, mes lectures de Sylvie Lainé sont terminées. Malgré une certaine perplexité de ma part face à de nombreux textes, essentiellement dans les deux premiers recueils, je dois dire que je suis tout à fait conquise par sa plume et ses récits. Je recommande!

Allez donc voir ailleurs si cette Sylvie y est!
L'avis de Lorhkan sur l'Opéra de Shaya
L'avis de Shaya sur Marouflages
L'avis de Tigger Lilly sur l'Opéra de Shaya
L'avis de Vert sur Marouflages et sur l'Opéra de Shaya

mercredi 21 juillet 2021

Je suis vivant et vous êtes morts (1993)

Chronique express!

Comme les habitués de ce blog l'ont sans aucun doute déjà constaté, j'adore Emmanuel Carrère, écrivain aussi brillant et passionnant que névrosé et lucide. Bien décidée à lire tout ce qu'il a publié, je me suis cette fois-ci penchée sur Je suis vivant et vous êtes morts, sa biographie de Philip K. Dick. Bien que je ne connaisse que modérément l'œuvre de cet écrivain, il m'a bien retourné le cerveau quand je l'ai lu. La rencontre entre le roi des névroses et le roi des faux-semblants était très prometteuse. Qu'en a-t-il été?

J'avais vu juste: cette lecture est haute en couleurs! D'une part, Carrère s'exprime avec sa verve habituelle, ce qui rend tout très dynamique et amusant. D'autre part, Dick était sérieusement barré, à tel point qu'il est difficile de décrire ses délires: théories du complot, fausses réalités, acide... Il vivait vraiment en dehors de la réalité consensuelle. Ses romans ne semblent être finalement qu'un avant-goût de ce qu'il se passait dans sa tête. Je me suis beaucoup marrée au début. On découvre aussi un homme fort peu agréable avec ses multiples compagnes successives. Et puis, j'ai un peu perdu le fil par manque de temps, et j'ai trouvé le dernier quart plus difficile à suivre. Peut-être que cette biographie aurait gagné à être un peu plus condensée. Quoi qu'il en soit, je la recommande sans hésiter, que vous appréciiez Dick ou pas. C'est vraiment quelque chose!

"[On] se disait, partagé entre le fou rire et l'inquiétude, que c'était bien du Phil Dick, cinglé comme ses livres et comme ses livres toujours passionnant."

Livres de Philip K. Dick déjà chroniqués sur ce blog

Livres d'Emmanuel Carrière déjà chroniqués sur ce blog

vendredi 16 juillet 2021

Hors-série Une Heure-lumière 2020

Chronique express!

Il est certainement superflu de présenter la collection Une Heure-lumière du Bélial', qui réunit des textes courts. Tous les ans, la maison propose un hors-série gratuit pour l'achat de deux livres. Découvrons ensemble l'édition 2020.

Les interviews
C'est ma profession qui est à l'honneur, puisque le Bélial' interroge les traductrices et traducteurs qui ont travaillé sur les vingt-six premiers tomes de la collection. Ce n'est pas tous les jours que les éditeurs nous donnent la parole, voire reconnaissent notre existence, donc c'est bien. Les entretiens sont fort intéressants et font découvrir et des méthodes et des ressentis très divers. C'est bien.

La nouvelle
Retour à n'dau de Kij Johnson, traduite de l'anglais par Anne-Sylvie Homassel, met en scène une guérisseuse de chevaux dans un monde de steppes, que son peuple parcourt en continu de manière à toujours conserver son ombre à la bonne longueur. C'est n'dau, le lieu où on est sensé être, à la bonne distance du jour brûlant et de la nuit glaciale. Puis des étrangers font irruption, apportant la mort, et la guérisseuse est arrachée à tout ce qu'elle connaît. Le texte raconte ce chamboulement total de sa vie et la difficile reconstruction qui s'ensuit. Je ne peux pas dire que tout cela m'ait emballée outre-mesure, malgré la présence de chevaux; comme la Quête onirique de Vellit Boe, j'ai trouvé ce texte plaisant, mais il ne laissera pas de trace. Néanmoins, c'est un joli texte bien construit et l'autrice sait ce qu'elle fait.

Allez donc voir ailleurs si ce hors-série y est!
L'avis du Chien critique
L'avis de Lorhkan
L'avis de Vert
L'avis de Xapur

dimanche 11 juillet 2021

Freud. La guérison par l'esprit (1931)

Chronique express!

En 1931, Stefan Zweig publie un essai intitulé la Guérison par l'esprit, dans lequel il détaille les travaux de Franz-Anton Mesmer, Mary Baker-Eddy (fondatrice de la Science chrétienne 👀) et Sigmund Freud. Une manière de revenir sur trois méthodes qui obtiennent des résultats puissants en exploitant l'esprit humain. Cette édition de la Petite biblio Fayot reprend la partie consacrée à Freud, qu'elle complète par un article intitulé "Sur Malaise de la civilisation" et par le discours que Zweig a prononcé à l'enterrement de Freud.

En gros, il s'agit d'un résumé des travaux et du parcours de Freud. Zweig part de la situation de la morale et des mœurs, notamment sexuelles, au début du XIXe siècle (un chapitre d'une actualité incroyable), puis explique comment Freud a commencé à soupçonner le rôle du sexe, du plaisir et du refoulement dans les névroses qu'il traitait. C'est très bien écrit (ou mieux: c'est très bien traduit) et je pense que c'est une excellente porte d'entrée pour qui voudrait découvrir les notions freudiennes facilement. Pour ma part, ça a été  un très bon rafraîchissement – trois ans après avoir lu Cinq leçons sur la psychanalyse, je dois en effet avouer que j'avais tout oublié. Tout ça ne donne pas une image franchement exaltante de l'humanité, mais c'est justement ce que j'appréciais chez Freud quand j'étais ado: ce jusqu'au boutisme, cette volonté de voir et dire la vérité même si elle n'est pas flatteuse.

Le seul défaut que je vois à cet ouvrage est que Zweig est clairement un admirateur pleinement acquis à la cause de Freud, qu'il décrit comme un chercheur rigoureux et un bourreau de travail. Pour aller plus loin, il serait intéressant de lire un ouvrage plus critique. Je ne pense pas le faire, moi, mais il me semble indispensable de le préciser.

Pourquoi ce livre?
Parce qu'il a été traduit de l'allemand par Olivier Mannoni, brillant directeur de l'École de traduction littéraire du Centre national du livre.

Autres livres de Stefan Zweig déjà chroniqués sur ce blog
Une histoire au crépuscule et Petite nouvelle d'été (1906)
Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme (1927)
Marie-Antoinette (1932)

Autres livres traduits par Olivier Mannoni déjà chroniqués sur ce blog
Schluss? de Walter Kempowski
Une Histoire au crépuscule et Petite nouvelle d'été de Stefan Zweig
Dictature 2. Quand la Chine espionne son peuple (et demain le monde) de Kai Strittmatter

mardi 6 juillet 2021

Les BD du deuxième trimestre 2021

Une fois de plus, retour sur les bandes dessinées du trimestre!

Message de service: ce billet ne contient pas de BD sur les chats, mais pas d'inquiétude: je n'ai pas été kidnappée. 😜

Sous terre de Mathieu Burnat (avec Marc-André Selosse comme conseiller scientifique) (2021)


Fatigué de régner sur le monde souterrain, Hadès organise un concours pour trouver son successeur. Les participants doivent explorer son royaume, le sol, et découvrir des éléments qui leur permettent de gagner des cartes. Ce contexte sert de prétexte à la présentation du sol, de ses habitants, de son rôle et de son fonctionnement, ainsi, hélas, que de sa dégradation sous l’effet de l’agriculture industrielle. Cette bande dessinée est une excellente source d’information et j’ai beaucoup aimé en apprendre plus sur cet élément méconnu, mais vital, des écosystèmes terrestres. À la fin, un glossaire permet de récapituler les notions abordées. De la bonne vulgarisation à mettre entre toutes les mains.
Éditeur: Dargaud

Jamie Delano présente Hellblazer. Volume 1 de Jamie Delano (et de multiples dessinateurs), traduit de l’anglais par Jérémy Manesse (2020)


Ce premier volume des histoires de Constantine scénarisées par Jamie Delano reprend le recueil Péchés originels, qui réunit les épisodes 1 à 9 de Hellblazer (1987-1988), et le recueil le Diable par la queue, qui réunit les épisodes 10 à 13 (1988-1989). J’ai déjà lu ces deux volumes, respectivement dans le premier et le deuxième volume de l’intégrale Jamie Delano publiée par Panini, dont je vous parlais le trimestre dernier. Toutefois, ils sont ici séparés par deux numéros de Swamp Thing, le 76 et le 77. Et c’est une excellente idée. En effet, ces deux numéros reprennent l’intrigue exactement là où s’arrête le numéro 9 de Hellblazer et nous mènent juste avant l’épisode 10. Si vous ne les lisez pas, vous n’avez pas l’histoire complète… Du coup, je comprends mieux une certaine perplexité de ma part face à l’épisode 10 lorsque j’ai lu l’intégrale Panini!
Même si je n’ai pas relu l’intégralité des deux recueils, les feuilleter m’a permis de me remettre l’histoire en tête et d’en tirer beaucoup plus de satisfaction. J’ai mieux cerné l’intrigue globale, qui a effectivement un certain corps quand on en prend connaissance en une fois, plutôt qu’en découpant la lecture comme je l’avais fait en mars.
Un regret, toutefois: Panini avait retouché les pages de titre de chaque numéro pour y insérer le nom du traducteur, qui figurait ainsi aux côtés du scénariste, du dessinateur, de l’encreur, etc. au début de chaque histoire. (Donc, dix fois par volume, oui, oui.) Chez Urban, il faut aller le chercher dans l’ours du livre, en tout petit et tout à la fin. 💔
Éditeur: Urban Comics

Sous les arbres. Tome 3 : Un chouette été de Dav (2021)


Après l’automne et l’hiver, le monde entier attendait avec impatience le printemps… Et pour une raison inexplicable, c’est l’été qui est arrivé. 🤣 Apparemment, le dérèglement climatique influence aussi le monde de l’édition. Quoi qu’il en soit, ce troisième tome est fidèle aux précédents et tout aussi adorable avec son vieil hibou agacé par deux petits écureuils et une petite souris qui jouent à la balle dans la mare en bas de chez lui. C’est à tomber de mignonnerie, je suis vraiment gaga. Mon préféré reste toutefois l’hiver, pour l’instant.
Une critique, toutefois: ça me laisse toujours perplexe, ces univers où il n’y a AUCUN personnage féminin… 🤷‍♀️
Éditeur: les éditions de la Gouttière

Jamie Delano présente Hellblazer. Volume 2 de Jamie Delano (et de multiples dessinateurs), traduit de l’anglais par Philippe Touboul et Jérémy Manesse (2022)


Ce deuxième volume des histoires de John Constantine scénarisées par Jamie Delano commence par Maudit Saint, le Hellblazer Annual numéro 1 (1989), et les deux numéros de The Horrorist (1995-1996), que j’ai déjà lus dans le deuxième volume de l’intégrale Panini. Puis on passe à la Fabrique de la peur, recueil réunissant les épisodes 14 à 22 d’Hellblazer (1988-1989). On a ici une histoire complète tournant autour d’un complot pour renverser le gouvernement grâce à l'invocation d'un démon particulièrement néfaste. Je n’ai pas compris la fin, à part que c’est la puissance primitive de la femme qui défait le mal. On termine le volume avec les numéros 23 et 24 (1989): le premier parle d’un personnage qui ne fait plus bien la différence entre le monde réel et le monde de la littérature, à tel point qu’il rencontre des personnages de roman, et le deuxième tourne autour d’un tueur en série.
Je ne peux pas dire que je sois très emballée par cette lecture; j’ai toujours du mal à lire les comics, et là, je trouve souvent les dessins hideux, et la multiplication des dessinateurs fait que j’ai du mal (ou plutôt: encore plus de mal que d’habitude…) à reconnaître les personnages d’un épisode à l’autre. Mais je persévère parce que j’aime bien l’ambiance punk, les textes un peu torturés et l’existence des démons.

Jamie Delano présente Hellblazer. Volume 3 de Jamie Delano (et de multiples dessinateurs), traduit de l’anglais par Philippe Touboul (2022)


Ce deuxième volume des histoires de John Constantine scénarisées par Jamie Delano comprend les numéros 28 à 40 de Hellblazer (1990-1991), puis le numéro 84 (1994), puis les quatre numéros de Hellblazer Special: Mauvais sang (2000), puis le numéro 250 de Hellblazer (2009). Les numéros 28, 29 et 30 complètent l’histoire du tueur en série qui avait commencé avec le numéro 24, compris dans le deuxième volume de cette intégrale. (Vous vous demandez où sont passés les numéros 25 à 27? Eh bien, moi aussi! 👀 Visiblement, ce n’est pas Jamie Delano qui les a scénarisés. En tout cas, on n’a pas besoin d’eux pour suivre l’histoire du tueur en série appelé le Père de famille.) J’ai bien aimé le numéro 31, dans lequel on apprend que Constantine a essayé de tuer son père à l’aide de la magie noire quand il était adolescent, le numéro 37, qui parle de masculinité toxique, et la série Mauvais sang, qui propose un thriller sur la famille royale britannique avec un ton et des dessins beaucoup moins torturés que le reste, voire pas torturés du tout. Sinon, j’ai toujours autant de mal avec les dessins en général, et les changements de dessinateur à chaque numéro, et je suis souvent restée perplexe ou j’ai été agacée par la capacité de Constantine à geindre sur son sort. Je continuerai néanmoins à lire Hellblazer, car on m’assure que les épisodes scénarisés par Azzarello sont supérieurs à ceux scénarisés par Delano. On en reparle dans trois mois!

jeudi 1 juillet 2021

La gamelle de juin 2021

Juin 2021: enfin, le retour au cinéma! 😃🤩

Sur petit écran

Pas de film.

Sur grand écran

Adieu les cons d'Albert Dupontel (2020)
Un film sympathique et drôle, mais poussif dans certains traits d'humour et facile à oublier. J'ai beau avoir vu peu de films de Dupontel, je l'ai connu plus inspiré.

Nomadland de Chloé Zhao (2020)
Frances McDormand est excellente, comme d'habitude, dans ce film qui parle de réalités sociales et économiques difficiles, de destins cabossés, de liberté et d'entraide. De quoi réfléchir à ses propres relations et ses propres choix. J'ai cru plusieurs fois, à tort, que le film était terminé, ce qui m'a donné au final l'impression bizarre qu'il était interminable, mais je recommande, même si je n'en resterai pas marquée de façon indélébile.

Basic Instinct de Paul Verhoeven (1992)

Une séance UGC Culte tout à fait torride (ok, ok, tout le monde l'a déjà faite, je sais). Sharon Stone est juste incroyable dans ce film; elle dégage un érotisme démesuré juste en étant là, entièrement habillée. Et elle joue dix personnages en un, Catherine Tramell étant tour à tour en pleine possession de ses moyens, joyeuse comme une enfant, désespérée, glaciale... Dingue. J'ai vu ce film quand j'étais ado et je réalise que je n'avais rien compris. Je pense, aujourd'hui, que c'est bien Catherine qui a tué, et que sa relation avec Nick tient sur le fait qu'il a, lui aussi, tué (et ça, que le gars était un tueur à répétition, m'avait totalement échappé à l'époque). Le film sexualise énormément les deux personnages féminins, mais montre aussi tout un tas d'hommes dominés par leur désir (la scène de l'interrogatoire: ils se décomposent tous sur place) et par une femme ultrapuissante (forte de son sex appeal, de son sang-froid, de son énorme cerveau et de sa fortune évaluée à cent-dix millions de dollars, rien que ça), ce qui me laisse penser que le réalisateur a une vision plus maline qu'un simple "oh, regardez, des nichons". Il y a aussi une scène de viol, et je n'avais pas compris que c'était un viol; Nick et Beth couchent ensemble, mais le premier, frustré, se défoule sur la deuxième, et leur rapport dégénère en moins d'une minute et devient horrible. La musique, enfin, joue beaucoup pour créer une ambiance sinistre. Bref, une vraie réussite, mais à réserver à un public aguerri, tant pour les scènes érotiques détaillées que pour quelques coups de pic à glace bien sanglants.

Un espion ordinaire de Dominic Cooke (2020)
Un bon film d'espionnage sur un commercial britannique qui a véhiculé des documents entre l'URSS et le Royaume-Uni. Les acteurs sont convaincants et, du peu que je peux en juger, les personnages russes parlent du vrai russe entre eux, ce qui est rarissime. Et puis, voir les gens se réunir pour suivre les discours de Kennedy pendant la crise des missiles de Cuba, ça permet de vachement relativiser l'angoisse que vous avez vécue en attendant l'annonce des résultats de la présidentielle américaine de novembre 2020, hein. 🤣

Du côté des séries

Loki – saison 1 (2021)

J'attendais avec grande impatience la série mettant en scène mon personnage préféré du MCU, l'excellent Loki incarné par Tom Hiddleston. Pas de bol, cette série repose essentiellement sur un truc que je déteste, à savoir le temps: linéarités temporelles multiples, voyage dans le temps, manipulation du temps. Merde. En plus, je trouve pour l'instant Loki assez tourné en ridicule. Je m'accroche et on en reparle le mois prochain.

Et le reste

Outre mon Cheval Magazine adoré, j'ai lu le numéro de février de Science & Vie, qui consacrait un dossier à la façon dont les dinosaures ont tiré parti de graves crises écologiques (ou plutôt: la façon dont de graves crises écologiques ont favorisé l'essor des dinosaures). Intéressant, bien sûr, mais j'ai retrouvé tout ce que je n'aime pas dans la manière dont les articles sont rédigés (un certain sensationnalisme, l'affirmation permanente que tel ou tel truc est une avancée majeure...). J'espère que Epsiloon, mensuel lancé en juin par de nombreux journalistes ayant claqué la porte de S&V, sera de meilleure facture.