samedi 31 janvier 2026

Bilan 2025 - Lectures

Après le bilan cinématographique, place aujourd'hui au bilan des lectures de l'année!

2025 a été une très belle année. Il y a eu un moment, au printemps, où TOUT ce que je lisais était génial. C'est fantastique. Au final, il y a bien eu quelques ratés, mais vraiment peu. Du coup, le classement n'est pas évident... ^^

Petite précision suite aux questions des années précédentes: quand je compte les livres, je parle de livres non graphiques. Ce que je considère comme le sens par défaut de "livre", quoi. Les bandes dessinées, je les compte à part, de même que les revues. 🙂

Bilan des romans et essais
(non graphiques, donc 😅)

Une excellente nouvelle: je suis remontée un peu par rapport aux deux dernières années!

2020: 62
2021: 58
2022: 60
2023: 54
2024: 53
2025: 59

Bon, j'ai lu pas mal de nouvelles en fin d'année, ce qui a sûrement joué. Mais ça fait tout de même plaisir.

Comme pour les billets cinéma, j'ai la fleimme d'insérer tous les liens, mais vous pouvez retrouver chaque billet en tapant le nom du livre dans la barre de recherche dans la colonne de droite du blog. 🙂 

Le gagnant

Après mûre réflexion, je désigne Les Dépossédés d'Ursula K. Le Guin. On fait difficilement mieux. Mais la concurrence est rude, à tel point que la suite du classement n'est pas du tout un classement, mais un récapitulatif thématique. 😉

Le patrimonial

 

La Force des choses de Simone de Beauvoir. Une suite assez désabusée à ses mémoires.

Le jubilatoire

Au revoir là-haut de Pierre Lemaître, bien sûr!

L'outsider

La Saga de Youza de Youozas Baltouchis, traduit du lituanien et du russe par Denise Yuccoz-Neugnot. Cette version française est un bijou littéraire, et l'histoire de cet homme seul sur son marais vaut le détour. 💞

Les découvertes rafraîchissantes

Du thé pour les fantômes de Chris Vuklisevic et Roman de Ronce et d'Épine de Lucie Baratte, deux romans très différents mais avec quelque chose de commun, pour les séjours qu'ils nous proposent dans des univers que je n'avais jamais côtoyés, portés par des plumes d'une très grande maturité. Et puis Noon du Soleil noir de L. L. Kloetzer, bien sûr! 🤩

L'auteur le plus lu

Il s'agit de Jules Romains, ce qui ne devrait étonner personne. Lol. J'ai lu six romans supplémentaires de la saga des Hommes de bonne volonté, qui a confirmé toute sa qualité et est devenue une véritable obsession.

Les auteurs qui ont "placé" trois livres

Antoine Bello avec Les Falsificateurs, Les Éclaireurs et Les Producteurs, une trilogie de haut vol qui fait douter de TOUT! 😅😅
Guy de Maupassant avec Toine, Roque et La Maison Tellier.

Les auteurs et autrices qui ont "placé" deux livres

John Scalzi avec The Kaiju Preservation Society et Starter Villain
Benoîte Groult avec La Touche étoile et Journal à quatre mains (écrit avec sa sœur Flora)
George Sand avec La Mare au Diable et Elle et lui (une des rares rencontres ratées de l'année)
Arthur C. Clarke avec Imperial Earth et The Hammer of God
Kristina Sabaliauskaitė avec les deux tomes de L'Impératrice de Pierre, traduit du lituanien par Marielle Vitureau
Marguerite Yourcenar avec Feux et Nouvelles orientales (une géante, cette femme!)
Albert Camus avec L'Étranger et La Chute

Les valeurs sûres

Colette avec Le Blé en herbe
Becky Chambers avec The Galaxy, and the Ground Within
Agatha Christie avec The Sittaford Mystery
Barjavel avec Le voyageur imprudent
Emmanuel Carrrère avec Il est avantageux d'avoir où aller

Et la pile à lire, dans tout ça?

2025 a commencé avec une PAL à 22 et s'est terminé avec une PAL à 25. Tout va très bien.

Du côté des graphiques

Entre bandes dessinées, comics et albums, j'ai lu trente-sept volumes. Mon objectif est de lire une bande dessinée par mois, donc on y est, et amplement. Je n'ai rien lu de ce type un mois en particulier, mais les autres mois ont compensé. Il y a eu beaucoup de chats et j'ai comme l'impression que ça n'étonnera personne...

Du côté des revues

Ici aussi, mon objectif est de lire une revue ou un magazine par mois – en plus de Cheval Magazine, cependant. Là, c'est raté. Je n'ai lu que dix revues au total, et réparties sur neuf mois. Pendant trois mois de l'année, je n'en ai lu aucune! (À part Cheval Magazine, donc.) Je ne me l'explique pas. En général, je dois plutôt me freiner pour ne pas abandonner les romans au profit de ces supports qui, même lorsqu'ils demandent une certaine concentration – si ce n'est une concentration certaine – comme dans le cas du Monde Diplomatique, proposent des contenus nettement plus courts et donc plus faciles à suivre. J'espère que cela ne se reproduira pas.

Et pour 2026?

Eh bien, j'espère lire plus, bien sûr! 😊😊

lundi 26 janvier 2026

Bilan 2025 - Cinéma

Et maintenant que tous les billets de 2025 sont sortis, il est temps de passer aux bilans de l'année!

Comme tous les ans, je commence par le cinéma.

Bon, on ne peut pas dire que les choses aient été très enthousiasmantes. 😅 Je n'ai pas fait énormément de séances, et la proposition n'a pas été d'une extrême qualité...

2017: 44 séances
2018: 41 séances
2019: 27 séances
2020: 21 séances
2021: 16 séances
2022: 40 séances
2023: 41 séances
2024: 35 séances
2025: 30 séances

Comme toujours, les vieux films, diffusés notamment à l'occasion des séances UGC Culte, ont représenté une part importante de mes séances: huit films sur trente, c'est-à-dire plus de 25%. Pour le coup, ils étaient tous excellents, donc je vous les liste: Moulin Rouge (propulsion dans la stratosphère garantie 💗💗), Magic Mike (nan mais Channing!!), Gladiator (redécouverte totale!!), La Communauté de l'Anneau (la perfection 💗💗), Skyfall (l'Écosse!), Le Dernier des Mohicans (mon rêve, de le voir un jour sur grand écran 💗💗), Sleepy Hollow (toute ma jeunesse 💗💗) et Avatar 2. La Voie de l'eau (la famille 💗💗). J'ai la fleimme d'insérer les liens un par un, mais vous pouvez retrouver mes avis facilement en utilisant la barre de recherche dans la colonne de droite du blog. :)

Et concernant les sorties de l'année?

Il y a eu des déceptions (coucou Jurassic World – je n'attendais pas grand-chose de toi, mais tout de même... 👀), des choses inutiles (coucou Fantastic Four) et des films sympathiques mais qui ne m'ont pas non plus marquée à vie (Mickey 17, Comment devenir riche grâce à sa grand-mère). Ceux que je retiens, ce sont ceux qui m'ont fait VIVRE, qui m'ont donné de l'espoir et de l'entrain au moins le temps de ma séance.

❗ Attention, le grand gagnant est à la fin!!! 


Downton Abbey: The Grand Finale de Simon Curtis (2025)

Les adieux à notre famille préférée. Comme je les aime. 💗💗💗
Mon avis à chaud.

Chien 51 de Cédric Jimenez (2025)

 

Qu'est-ce que j'ai été prise dedans! J'y ai cru! Et les deux chansons m'ont propulsée dans la stratosphère!
Mon avis à chaud.

Better Man de Michael Gracey (2024)

 

Ahlàlà!! Mais ahlàlà!! Je ne l'oublierai jamais, cette séance!! J'ai chanté, j'ai dansé sur mon fauteuil!! Putain c'était la stratosphère émotionnelle!!! J'y ai CRU, que c'était possible d'avancer!!! C'était une catharsis en bonne et due forme!!!
Mon avis à chaud.

Creation of the Gods 2 – Demon Force de Wuershan (2025)

AAAAAAAH!!! AAAAAAAAAAAAH!!! Mais je vous jure!!! J'ai même hésité à le mettre en tête de classement!!! J'ai tellement VÉCU dans ce film les jours suivants mes deux séances!!! Je n'en reviens toujours pas!!!! Je veux tellement être la générale!!!! Et LA CHANSON!!! LA CHANSON, s'il vous plaît!!! Mais AAAAAAAAAAAAAH!!!!! Mais vivement le troisième!!! AAAAAAAAAAAAAAAAAH!!!!
Mon avis à chaud: première séance, deuxième séance.

Et, bien sûr...

Avatar 3. De feu et de cendres de James Cameron (2025)

 

J'ai sincèrement hésité avec Creation of the Gods 2, qui a quelque chose de plus frais et qui est probablement plus "sincère" dans sa proposition (même si l'on peut légitimement se demander si je ne l'interprète pas ainsi par le pur dépaysement qu'il me procure, du fait que je n'ai presque jamais vu de film chinois). Car cet Avatar 3 contient tellement de redites que, même moi, ça m'a attristée. Néanmoins, j'ai vibré, vibré, vibré, parce que j'adore les personnages, j'adore le message, j'adore le monde, j'adore les poses guerrières, et que c'est la famille (Spider 💗💗🥹🥹). Et je le classe en première place, en fin de compte, parce que, malgré toute l'ambition de Creation of the Gods, que je vous recommande plus que chaudement, Avatar est tout de même encore plus ambitieux.
Mon avis à chaud.

mercredi 21 janvier 2026

Les BD du quatrième trimestre 2025 🦖🐈

Comme d'habitude, retour sur les lectures graphiques du trimestre!

Le dernier jour de Howard Philips Lovecraft de Romuald Giulivo (texte) et Jakub Rebelka (dessin) (2023)

Cette bande dessinée absolument superbe nous mène à la rencontre de Lovecraft, qui se meurt sur son lit d'hôpital, et nous plonge dans un monde étrange, où nous rencontrons de nombreuses figures qui ont gravité autour de lui. Je ne sais pas comment l'éditeur a pu sorti un tel ouvrage, avec un papier si épais, une couverture aux lettres dorées, un dos toilé et une telle qualité d'impression pour la somme de 24,95€. Chapeau. C'est un vrai régal et les dessins sont à tomber. Seul bémol pour moi, la finalité et le message de tout ceci m'ont échappé, ce qui est quand même un peu un problème. 😅
D'autres avis: l'avis de Xapur, qui m'a fait découvrir l'existence de l'ouvrage.
Éditeur: 404 Comics

Dinosaur Therapy (2021), Dinosaur Philosophy (2022) et Dinosaur Friendship (2023) de James Stewart (textes) et K. Roméy (dessins)

Grand retour des dinosaures du compte Instagram Dinosaur Couch, dont je vous ai déjà parlé il y a quelques années!! 🤩🤩🥰🥰 Dans des strips de quatre cases, les auteurs réussissent à aborder énormément de sujets: santé mentale, sens de la vie, amitié, amour, rapport à l'argent. C'est une pure merveille ultraréconfortante à lire absolument. 💕💕 Évidemment, je bave sur le merchandising. Ils ont des autocollants!! Haaa!!
Éditeur: Harper Collins

Garfield. The third and the fourth Fat Cat Three Pack de Jim Davis (1983-1986)

J'ai ressorti mes deux recueils de Garfield, qui réunissent chacun trois albums: Garfield loses his feet, Garfield tips the scales et Garfield sits around the house pour l'un, puis Garfield makes it big, Garfield rolls on et Garfield out to lunch pour l'autre. Je pisse de rire, tout simplement. La bouffe, le poids, la détestation des chiens et des chatons mignons, lol, lol, lol. "I'm fat, I'm lazy, and I'm cynical!!" 😻😻😻
Éditeur: Ballantine Books

Garfield. Je suis beau! de Jim Davis, traduit de l'anglais par Anthéa Shackleton (1997)

Dans la foulée, j'ai aussi relu le seul et unique recueil de Garfield que j'avais quand j'étais jeune. Il s'avère qu'il ne correspond pas à un recueil anglophone précis, mais réunit des strips publiés sur différentes années. Certaines petites aventures ne sont donc pas complètes, même si chaque strip fonctionne très bien seul et que cela ne se ressent donc pas; et il manque les strips plus longs du dimanche. Mais j'ai bien ri.
Éditeur: Dargaud

Sugar de Serge Baeken (2014)

J'ai retrouvé cette bande dessinée en faisant du rangement dans la bibliothèque, et je l'ai relue afin de décider si je la garde ou non. Comme vous avez dû le deviner en voyant la couverture, c'est une histoire de chat: le quotidien de Sugar, un chat noir. Les planches sont découpées en 24 petites cases. Parfois, une même image occupe plusieurs cases, mais pas forcément d'affilée ou superposées. Par exemple, la première et la deuxième case de la première ligne forment la même image que la deuxième case de la deuxième ligne, tandis que les autres cases de ces deux lignes représentent autre chose. Bon, c'est très difficile à expliquer, mais ça doit demander un vrai travail de conception et ça rend parfois très bien. Bien sûr, il y a des passages amusants sur le chat. Mais, dans l'ensemble, je n'ai pas aimé le dessin. Et puis le ratio nombre de chats morts / nombre de pages est excessivement élevé pour mon pauvre petit cœur, et l'aspect sexuel m'a paru complètement inutile, sans compter que l'histoire est tirée de la vraie vie de l'auteur et qu'on peut donc supposer que celui-ci nous montre sa vraie femme de la vraie vie pendant qu'elle se tape un orgasme. 😅 Bref, j'ai décidé de ne pas garder cette BD. Je suis toutefois contente d'être retombée dessus, car j'avais totalement oublié son existence.
Éditeur: Dargaud

Alyte de Jérémie Moreau (2024)

Une très belle bande dessinée aux couleurs douces et éclatantes à la fois, dans laquelle on suit le parcours d'un crapaud. Les dessins sont plein de douceur, mais l'histoire l'est un peu moins. Même si le message est, en fin de compte, positif, le nombre de morts était un peu violent pour mon pauvre petit cœur. 💔
D'autres avis: l'avis de Baroona
qui m'a fait découvrir l'existence de l'ouvrage.
Éditeur: 2024 (qui est depuis devenu... 2042 👀)

Maliki de Souillon: Broie la vie en rose (2007), Une rose à l'amer (2008), Mots roses au clair de lune (2009) et Rose blanche (2010)

Ces BD aussi, je les ai retrouvées en faisant du rangement dans la bibliothèque. C'est fou ce qu'on oublie l'existence des objets qu'on possède, hein. Je les ai relues avec plaisir. C'est rose, c'est kawaï, et il y a des chats! Et puis pas mal d'humour et de sentiments gentils. Du coup, je trouve que j'ai été bien dure dans mon avis sur le tome 4 publié il y a six ans... Je n'ai pas trouvé la série assez folle pour m'y remettre sérieusement et acheter la suite (et de toute façon, je n'ai plus du tout de place pour les BD 😖), mais le quatrième tome est loin d'être "fade"! La seule chose que je reproche à la série, aujourd'hui, c'est le perpétuel côté sexy de Maliki. Elle pourrait être kawaï et rose sans qu'on regarde autant ses seins...
Mes avis de 2019 sur les tomes 1 et 2, le tome 3 et le tome 4.
Éditeur: Ankama

Bon, et maintenant que tous mes billets sur les ouvrages de 2025 sont sortis, on va passer aux traditionnels bilans de fin d'année!! 🤩🤩 

vendredi 16 janvier 2026

La gamelle de décembre 2025

Comme d'habitude, retour sur les activités culturelles du mois écoulé, hors lectures. C'est la dernière gamelle de 2025... Le temps vole!

Sur petit écran

Harry Potter à l'école des sorciers de Chris Columbus (2001)
Une des meilleures manières possibles de finir l'année: le Harry Potter le plus doudou qui soit, de la pizza, et une amie! 😊 Et une bonne surprise pour la VF, que j'ai trouvée très soignée.

Sur grand écran

Zootopie 2 de Jared Bush et Byron Howard (2025)
Une suite très sympathique. Les scènes sont très chargées et j'ai parfois du mal à suivre tout ce qui apparaît à l'écran, comme dans la majorité des dessins animés post-2010, mais j'ai bien ri, et j'ai apprécié le message ultra-inclusif en pleine ère Trump.

Avatar 3. De feu et de cendres de James Cameron (2025)

Enfin, enfin, enfin, le retour sur Pandora!!! 💚💙💚💙🖤
J'ai tellement de choses à dire que je n'essaye même pas de m'atteler à un avis exhaustif.
En très bref: j'ai adoré, évidemment.
En moins bref:
Je n'ai pas retrouvé certains défauts du 2, que j'avais pourtant vus venir assez nettement dans la scène présentée en avant-première en octobre dernier, et cela m'a fait très plaisir. L'émotion m'a submergée tout de suite et j'ai pleuré deux fois dans les cinq premières minutes. J'ai trouvé certaines choses résolument plus sombres que dans les précédents; j'ai eu mal pour des animaux qui manifestent leur souffrance, des personnages gagnent en profondeur par des émotions négatives qu'on met peu en avant, et deux d'entre eux penchent vers un acte terrible. La méchante est AHURISSANTE de charisme. Elle est presque EFFRAYANTE tellement elle dégage un truc. Il y a un vrai propos dans certaines scènes, et le message écolo et altruiste habituel. J'ai adoré être avec Spider, évidemment, et un certain CHOIX, à la fin, me désole autant qu'il m'emplit de respect.
D'un autre côté, il y a beaucoup de personnages, qui sont régulièrement séparés, et l'intrigue est directement liée à celle du 2; j'ai donc peur que le film se casse la gueule parce que le public ne va pas comprendre, tout simplement. Et il y a des redites qui susciteront des critiques, ainsi qu'une surenchère dans la destruction qui m'a un peu contrariée à la fin.
Mais quelle chance que j'ai de vivre à l'époque de ces films. Quelle chance, quelle chance.

Le lendemain, j'ai eu du mal à travailler tellement j'étais là-bas.
Cette première séance était en 3D. J'aurais préféré commencer par la 2D, mais je n'ai pas eu le choix si je voulais avoir la VO. Par ailleurs, nous étions dans une des petites salles de mon cinéma, et, même si cet adjectif "petit" est très relatif au regard de ce qui se fait ailleurs, l'image me semblait trop grande pour l'écran!! 🥹🥹

Avatar 3. De feu et de cendre de James Cameron (2025)

Une séance complètement ratée: à force de m'osbtiner sur la machine pour avoir un billet papier même si j'avais réservé en ligne et que j'avais donc un QR code dans ma boîte mail, ma réservation a sauté et je me suis retrouvée à me rabattre sur une place au deuxième rang, à l'extrémité gauche (et encore, ceci est une version résumée de ma galère!). 😵‍💫😵‍💫 Là, l'écran n'avait plus l'air trop petit, même si c'était la même salle que lors de ma première séance. J'avais la tête levée et tournée en diagonale pour le voir en entier. En plus, mon mec a trouvé le film naze. Je m'y attendais, et c'était même couru d'avance; mais, bon, ça ne m'enchante pas. Moi, j'ai vibré pour le film, évidemment. Varang est complètement le genre de personnage que je voulais écrire quand j'étais jeune: elle veut tout cramer et elle est complètement cramée. Mais même Avatar ne m'a pas totalement sortie de la déprime totale qui m'écrase régulièrement, en mode "ma vie est pourrie et je suis incapable de faire des trucs pourtant simples". Vivement la troisième séance pour effacer tout ça.

Du côté des séries


Toujours rien.

Et le reste

 

J'ai acheté La Croix L'Hebdo du 12 décembre pour le dossier sur Jane Austen, car je vais bientôt traduire une austenerie, et le hors-série du 1 pour le dossier sur Avatar, évidemment. Je ne comprends pas le format alambiqué de ce journal, c'est vraiment étrange. Mais bon, il y avait des gens qui disaient du bien de James Cameron, donc j'étais contente. 😊 En fin de mois, j'ai lu mon Cheval Magazine habituel, avec de l'équitation de travail et un dossier sur le temps que vous prend votre cheval. AHAHAHAHAHAHAHAH!!!!

dimanche 11 janvier 2026

Amoureuse Colette (1984)

Chronique express!
 
Au détour d'une conversation le jour de Noël, j'évoque avoir visité l'exposition Colette de la Bibliothèque nationale de France, et ma belle-mère m'annonce qu'elle possède un livre sur cette autrice. Un beau, gros livre rempli de photos. Évidemment, je le lui ai emprunté!
 

Ce livre de Généviève Dormann, publié chez Herscher, retrace toute la vie de Colette – et ce avec un niveau de détail nettement plus poussé que l'exposition, qui s'articulait plutôt autour des ambiances des différentes étapes de sa vie. J'y ai trouvé exactement ce que j'y cherchais, c'est-à-dire plus d'informations. Colette avait vraiment un tempérament fort et a mené une vie hors de l'ordinaire. Ça n'a pas été facile tout le temps, bien sûr. Elle a eu d'énormes chagrins d'amour et des sourcis d'argent. Mais, en gros, elle donne l'impression de quelqu'un qui a beaucoup foncé et beaucoup profité en se foutant quand même pas mal de l'avis des autres. Elle a eu plusieurs amants et amantes et elle a combiné plusieurs carrières (écrivaine, mime, journaliste et même vendeuse de cosmétiques). Elle avait même un solide et gourmand appétit, et elle mangeait ce qu'elle voulait, quels que soient les problèmes de poids...
 
Chaque chapitre se conclut par plusieurs pages de photos, d'affiches ou de documents écrits, ce qui nous plonge parfaitement dans l'ambiance de l'époque. En gros, à part quelques remarques de Geneviève Dormann qui envoie des piques à des "féministes" imprécisées, j'ai adoré cette lecture. Colette est tout simplement passionnante. Cette année, j'ai d'ailleurs le projet de lire la série des Claudine au complet! J'ai déjà lu, et je possède, le premier tome, Claudine à l'école. J'en ai reçu deux autres à Noël. Encore un à acheter et ce sera bon.

mardi 6 janvier 2026

La Chute (1956)

Ayant de nouveau besoin d'un format court peu après avoir lu L'Étranger d'Albert Camus, j'ai décidé de relire un autre roman de cet auteur, La Chute. Le livre était rangé dans ma bibliothèque, ce qui signifie que je l'avais lu précédemment, mais je n'en avais – et je n'en ai, encore aujourd'hui – aucun souvenir. Au cas où j'aurais douté de mon rangement, il y avait des post-it pour marquer des passages, donc c'était doublement sûr, je l'avais lu.

La chose ne m'étonne pas trop, maintenant que je l'ai (re)lu.

L'ouvrage est le monologue d'un narrateur mystérieux. Ayant abordé un inconnu dans un bar d'Amsterdam, il lui fait part de nombreuses réflexions et lui raconte des événements de sa vie. Il se présente sous le nom de Jean-Baptiste Clamence, mais il dit pratiquement tout aussi vite que ce n'est pas son véritable nom.

Le roman m'a rappelé deux autres ouvrages. D'une part, l'incipit, une question qui nous fait comprendre qu'un personnage s'adresse à un autre et qu'il ne le connaît pas, m'a tout de suite fait penser à Au cœur des Méchas de Denis Colombi.

"Puis-je, monsieur, vous proposer mes services, sans risquer d’être importun ? Je crains que vous ne sachiez vous faire entendre de l’estimable gorille qui préside aux destinées de cet établissement. Il ne parle, en effet, que le hollandais. À moins que vous ne m’autorisiez à plaider votre cause, il ne devinera pas que vous désirez du genièvre."
D'autre part, le discours à la fois nébuleux et empli d'assurance du personnage m'a rappelé Cosmétique de l'ennemi d'Amélie Nothomb, dont le malheureux protagoniste essaye désespérément de se débarrasser d'un relou qui lui tient la jambe à l'aéroport.  Ici, chez Camus, on ne connait presque rien de la réaction de l'interlocuteur du narrateur; de temps en temps, ce dernier rebondit sur un commentaire ou une question, mais le roman est bel et bien un monologue. En revanche, on sent assez vite que le narrateur a une idée derrière la tête et qu'il y a quelque chose de louche dans son attitude.

Mais bon, à part ça, je ne tire à peu près rien de ce roman, et je comprends que j'aie oublié jusqu'à son existence. Le narrateur parle, parle, parle, et jamais il ne m'a intéressée ou secouée. J'ai bien cru comprendre, dans la scène du pont et dans la conclusion, que le roman aborde le thème de la liberté individuelle, une thématique que j'associe à Camus à cause de La Peste, mais purée qu'est-ce que c'était inintéressant et nébuleux, comme démonstration.

N'ayant déjà pas été transportée par L'Étranger, j'en viens à redouter d'être déçue si je venais à relire La Peste, qui a constitué un véritable séisme dans mon parcours de lectrice. D'un autre côté, L'Étranger et La Chute ne m'ont pas du tout marquée comme La Peste lors de leur première lecture, ce qui peut me laisser espérer que le ressenti serait différent à la relecture aussi. Nous verrons si je franchis le pas!

jeudi 1 janvier 2026

L'Étranger (1942)

Le mois dernier, Brize publiait son avis sur L'Étranger d'Albert Camus, qu'elle avait relu après avoir vu l'adaptation cinématographique de François Ozon. Moi, je n'ai pas vu le film, mais son billet m'a rappelé l'existence du livre, et je l'ai pris avec moi pour un trajet en train. J'avais besoin de quelque chose d'assez petit, et j'ai une certaine envie de lire ou relire les auteurs qui étaient dans le cercle de Simone de Beauvoir depuis que je me suis penchée sur cette autrice.

C'est ce roman qui s'ouvre sur les célèbres mots "Aujourd'hui, maman est morte". La première fois que je l'ai lu, ça a été une espèce de révélation, car je ne savais pas que ça venait de là. Mais cette fois, je m'en souvenais, ahah. Je me souvenais aussi qu'on peut résumer le roman de manière très rapide en disant que [divulgâcheur] c'est l'histoire d'un mec qui est condamné pour meurtre pas tant parce qu'il a commis ce meurtre, mais parce qu'il n'a pas pleuré à l'enterrement de sa mère [fin du divulgâcheur], et c'est bien exact.

Mais il y a d'autres aspects, évidemment, au premier rang desquels ce narrateur très factuel et détaché, qui décrit ses actions, tantôt au présent et tantôt au passé, sans manifester d'émotions et sans proposer d'explications. Il me semble impossible de ressentir de l'empathie pour lui. Par moments, son inertie m'a même donné un peu envie de le secouer. Mais il y a aussi quelque chose de très simple et humain dans son récit.

Par ailleurs, le roman parle aussi d'une sorte d'engrenage par lequel des faits indépendants les uns des autres peuvent résonner d'une manière disproprotionnée, au point d'influencer un destin, et d'une certaine mise en scène du procès, qui est déjà répugnante dans le contexte des années quarante, mais qui a dû largement empirer depuis à cause des médias modernes (la télévision d'abord, puis les smartphones et les réseaux). "On la forçait à dire le contraire de ce qu'elle pensait", comme dit la pauvre Marie...

Bref, une relecture très intéressante pour ma culture générale, mais pas très enthousiasmante non plus, en raison de ce narrateur glacial. Je comprends, toutefois, que ce roman ait mis Camus sur le radar de Beauvoir et Sartre, comme Beauvoir l'évoque dans La Force de l'âge.

"À la fin de septembre, Sartre écrivit pour Les Cahiers du Sud un article sur un roman que la critique tenait pour un événement : L'Étranger d'Albert Camus. Nous en avions lu quelques lignes, les premières, dans une chronique de Comœdia et nous avions été tout de suite intéressés ; le ton du récit, l'attitude de l'Étranger, son refus des conventions sentimentales nous plaisaient. Dans son étude, Sartre ne loua pas le roman sans réserve, mais il lui accordait beaucoup d'importance. Il y avait longtemps qu'aucun nouvel auteur français ne nous avait si vivement touchés."
Je vous laisse imaginer la galère pour retrouver ce passage dans mon édition papier, qui fait sur les 800 pages, même en disposant de la date de la première publication de L'Étranger grâce à Wikipédia (le 19 mai 1942, si vous voulez savoir) (j'ai du mal à croire qu'il y avait une actualité littéraire à Paris en pleine occupation nazie, mais, visiblement, oui). Mais j'ai réussi!!

samedi 27 décembre 2025

Les Créateurs (1936)

Aujourd'hui, nous retrouvons notre cher Jules Romains pour le douzième tome des Hommes de bonne volonté!

Vous vous souvenez peut-être que le onzième tome, en dépit de ses indéniables qualités, m'avait mise mal à l'aise. Le personnage d'Allory, l'écrivain violeur en puissance, était horrifiant. Dans ce tome, heureusement, il est beaucoup moins présent et beaucoup plus sage.

Une des innombrables choses qui sont assez dingos dans cette série, c'est que la récurrence des personnages est totalement imprévisible, de même que le nombre de personnages au sein d'un tome.

Je m'explique.

Premièrement, vous ne savez jamais qui va revenir d'un tome à l'autre. Exemple: Quinette, l'odieux relieur, avait un rôle super important dans les deux premiers tomes. Mais là, ça fait mille ans qu'il n'a même pas fait une apparition. Deuxièmement, vous ne pouvez jamais savoir, en ouvrant un tome, si l'action va se répartir équitablement entre les personnages, ni combien ceux-ci seront. Exemple: le tome 1 met en scène un grand nombre de personnages; certains – notamment l'odieux Quinette – sont plus développés que d'autres, mais c'est tout de même assez équilibré. En revanche, le tome 8, Province, est presque entièrement centré sur le prêtre, qui éclipse les autres.

Notre tome 12 fait partie de ceux avec un nombre de personnages restreint. En gros, il se consacre à 50%, voire 60%, à Viaur, un médecin, et à 30% à Agnès et Marc Strigelius. Les 10% ou 20% restants, quelques chapitres éparpillés, sont consacrés à Allory (qui n'est, fort heureusement, pas occupé à préparer un viol), aux lettres de Jallez à Jerphanion (je les aime tellement 💗), à Manifassier (qui donne, hélas, une image de Gurau moins bonne que d'habitude), et à Mathilde Cazalis.

Lors de ma lecture du tome 11, j'ai découvert avec bonheur que le quatrième et dernier volume de l'édition Bouquins comprend un récapitulatif de la vie des personnages, ainsi qu'un index de leurs apparitions. Du coup, je m'y suis pas mal référée pour me rafraîchir la mémoire. J'ai ainsi découvert que Viaur, le médecin avec qui nos passons la majorité de notre temps ici, avait été cité précédemment. Comme vous le voyez sur la photo, il est apparu page 153 du tome 8, puis dans le chapitre XIII du tome 11. Je suis donc allée relire tout ça. C'est assez bluffant, car rien, dans ces deux passages, ne laisse imaginer que le gars ve revenir plus tard et jouer un rôle important.

Ma mémoire étant totalement vide, je suis aussi remontée dans les apparitions de Marc et d'Agnès Strigelius, un frère et une sœur qui communiquent par lettre. Là, ça m'a pris davantage de temps, car on les a déjà vus plusieurs fois. La manière dont leurs échanges s'éclairent en les lisant d'une traite, et non à des mois d'intervalle, est encore plus bluffante. Il s'agit parfois de choses assez importantes, comme la description d'un personnage qui va jouer un rôle dans la vie d'Agnès, et parfois de choses infimes. Je commence à me dire que Jules Romains n'était pas un génie, mais un extraterrestre. On est sur le niveau de complexité que j'attribue aux grands romans russes que je n'ai jamais lus, ou aux grandes sagas de fantasy, genre Tolkien qui fait des généalogies complexes ou Martin qui a 36 000 personnages. Ou Erikson, probablement.

Concernant Agnès, je veux retenir ce passage, qui, comme d'autres, me laisse penser que Jules Romains avait bien cerné la condition féminine:

"Je n'ai pas besoin de t'apprendre que je n'ai pas épousé Charles par amour. Pourquoi me suis-je résignée à l'épouser, malgré toutes sortes d'avertissements intérieurs, ce serait une histoire infinie, et sans grand intérêt, car ce doit être en outre une histoire banale. Je m'imagine que pour beaucoup de jeunes filles il y a une période de panique : celle où après deux ou trois petites aventures sentimentales de rien du tout, qui ont trouvé le moyen de mal tourner, qui ont laissé des amertumes, des déceptions, elles se disent qu'elles sont incapables de plaire, ou du moins d'attacher un homme ; et que leur destinée est inscrite au ciel, la destinée de ces vieilles filles qu'elles ont regardées jusque-là avec une commisération distraite, et qu'elles considèrent maintenant, avec épouvante, comme des sœurs aînées. J'étais dans cet état d'esprit quand Charles s'est présenté. Avant même de l'avoir examiné, avant de savoir ce qu'en penseraient nos parents, et sans t'avoir consulté, ce qui était le plus grave, je lui étais déjà reconnaissante de m'offrir ce que personne n'avait encore pris la responsabilité de m'offrir. Et je ne veux pas être injuste. Je lui en suis encore reconnaissante. C'est bien ce qui ajoute à mes tortures."
Et plus loin, un passage de cette même lettre parle à mon amour des animaux ainsi qu'à mon humanisme, en plus de résonner avec un roman précédent:
"Hugo et Schopenhauer nous ont fort bien enseigné à ne mépriser nulle part la douleur universelle, s'incarnât-elle chez l'âne, le batracien ou le mollusque. Je tiens en particulier que ceux qu'on a coutume d'appeler les humbles, c'est-à-dire ceux qui ne participent point au privilège social ni à la culture, peuvent connaître les mêmes intensités et perfections de souffrance morale que les lectrices de M. Bourget."
Ici, Agnès utilise le terme "les humbles", et je tiens à vous rappeler que le tome 6 de cette série s'appelle, justement, Les Humbles. Quant à "M. Bourget", vous vous doutez bien que j'ai consulté l'index pour savoir qui c'était. On ne l'a jamais vu en scène directement, mais il a joué un rôle important dans la candidature d'Allory à l'Académie française dans le tome 11.

L'un des derniers chapitres met en scène Manifassier, le bras droit de l'homme politique Gurau, et évoque le rôle diplomatique du Vatican en Europe. Ce serait vraiment bien que la France ait quelqu'un au Vatican, lui explique-t-on. Et le prochain tome s'appelle... Mission à Rome.

La messe est dite.

Vive Jules Romains.

lundi 22 décembre 2025

La brume l'emportera (2024)

Dans ce roman de Stéphane Arnier, publié chez Mnémos sous une superbe illustration de Cyrielle Foucher, nous voyageons en compagnie de Keb et Mara dans un monde noyé par la brume...

Attention, je donne pas mal de divulgâcheurs. Lisez ce billet à vos risques et périls!

Lorsque le roman commence, la brume monte depuis plusieurs années. Les mers ont été les premières recouvertes, puis les plaines, puis les faibles reliefs. Keb, qui a perdu toute sa famille, marche dans les hauteurs de la montagne. Un jour, dans une scène qui voit sa chienne périr et qui ouvre le roman de manière éminemment tragique 💔, il entre brièvement en contact avec la brume. Il n'est pas blessé, mais il se rend rapidement compte que la brume lui a fait quelque chose. Car il peut à présent, en fermant ou en plissant les yeux, voir les lieux tels qu'ils étaient à un autre moment, dans le passé. Voire, en retenant son souffle, aller dans le passé.

Peu après, il est rejoint par Mara, ancienne dirigeante d'un peuple qui a été en guerre avec le sien. Mara est bien déterminée à arrêter la brume qui avale leur monde, et elle sait des choses sur les origines de cet étrange phénomène et sur son lien avec le passé. Contraint et forcé, Keb va voyager avec elle.

Lorsque j'ai lu les avis de Baroona et Shaya, je n'ai pas du tout compris que ce roman, qui explore le sujet de l'acceptation de notre passé et de nos choix face à la possibilité de revenir dessus, était vraiment une histoire temporelle. J'ai retenu la notion de deuil – qui est effectivement centrale – et c'est pour cela que je l'ai lu. Hélas pour moi, je me suis retrouvée avec des gens qui peuvent voyager dans le passé, alors que je ne supporte pas cette thématique.

Pour nuancer tout de même mon propos: pour une fois, je n'ai pas eu trop de mal à comprendre, car ce passé n'est pas véritablement le passé. C'est une sorte de souvenir de Pu'uza, une sorte de force vitale. On peut voir ce qui s'est passé à un endroit, on peut interagir dedans, mais quand on revient au présent, celui-ci n'a pas changé. Un peu comme dans Tant que le café est encore chaud de Toshikazu Kawaguchi, en somme. Mais je n'ai pas trouvé ça super cohérent. S'il en va ainsi, comment diable Keb peut-il rapporter un objet du passé vers le présent?

Ce que j'ai eu du mal à comprendre, en revanche – car j'ai toujours du mal à comprendre quelque chose, hélas –, c'est tout le concept de Pu'uza, et comment Mara a compris qui est responsable de l'apparition de la brume. Il n'est pas impossible que j'aie raté des infos en lisant certaines pages avec moins de concentration. Là, ses théories m'ont semblé bien théoriques, et j'ai trouvé que Keb les acceptait bien rapidement.

D'un autre côté, toute cette histoire de vision du passé et de brume liée au passé est absolument vitale au roman, car c'est elle qui en amène le sujet central: notre acceptation de ce qui est arrivé et notre capacité à en tirer un enseignement. Les points de vue de Keb et Mara sont radicalement opposés, et ils ne peuvent s'affronter si radicalement que parce que les deux personnages ont ce lien très concret au passé. Dans la vraie vie, on peut avoir ce genre de débat à l'infini sans qu'il y ait d'enjeu réel, puisque – pour autant que je sache, du moins – personne n'est en mesure d'entrer en contact avec le passé.

Bien sûr, la chose m'a plongée dans un abîme de réflexion. Je suis plutôt team Keb dans mon ressenti émotionnel et plutôt team Mara dans mon évaluation intellectuelle, mais, dans les faits, je ne ressens pas le moins du monde les bénéfices qui sont censés aller de pair avec ce dernier point de vue. En fait, comme dans bien d'autres domaines de ma vie, j'ai l'impression d'être la bouffone de service: je n'ai ni le beurre, ni l'argent du beurre. 🤡

La fin est pleinement cohérente avec les réflexions du roman, et j'ai trouvé que les deux personnages étaient bien pensés. Y compris [énorme divulgâcheur] lorsque Keb fait un truc affreux à Mara, qui va à l'encontre de tout ce que celle-ci lui a toujours dit et a toujours défendu [fin du divulgâcheur]. Mais dans l'ensemble, donc, je n'ai pas trop aimé.

Allez donc voir si cette brume y est!
L'avis de Baroona
L'avis de Shaya

mercredi 17 décembre 2025

Starter Villain (2023) 🐈💥

JOHN SCALZI A SORTI UN ROMAN AVEC UN CHAT EN COUVERTURE

UN CHAT EN COSTUME

UN CHAT IRRÉSISTIBLE

UN CHAT SÉRIEUX

UN CHAT DE FOLIE

IL FALLAIT TELLEMENT QUE JE LISE CE LIVRE

CE CHAAAAAAAAAAAT

Bon. Cela fait plusieurs mois que je trépigne d'impatience et que je bave sur cette couverture irrésistible, qui nous a été offerte par Tristan Elwell. BÉNI SOIT TRISTAN ELWELL.

Mon copain a acheté la traduction française, réalisée par Mikael Cabon et publiée par L'Atalante, mais je voulais lire la VO, bien entendu. Et le livre s'est enfin matérialisé entre mes mains grâce à des amies blogueuses formidables. MERCI.

CE CHAT.

CE REGARD.

CE COSTUME.

MERCI.

Et fort heureusement, le roman ne m'a pas déçue. On y rencontre Charlie, un Américain assez moyen qui se trouve à un stade assez pourri de sa vie: il vient de divorcer, il vit dans la maison où son père est mort récemment, ses demi-frères et demi-sœurs voudraient le dégager de là pour vendre, il vivote en faisant des remplacements de prof, la banque rechigne à lui accorder le prêt qui lui permettrait de reprendre le pub de la ville.

Et puis son oncle, qu'il ne connaissait pratiquement pas, meurt et lui laisse son activité. Une activité très lucrative, puisque le gars était milliardaire, mais un tantinet douteuse, à en croire le public venu à son enterrement: que des gars balèzes qui sont surtout là pour vérifier que le cadavre est bel et bien un cadavre. 👀 Et puis, quand Charlie rentre chez lui après l'enterrement, c'est pour voir sa maison exploser sous son nez.

Heureusement, ses deux chats n'étaient pas à l'intérieur!

Et donc voilà. C'est parti pour une aventure très rigolote, avec une société de superméchants, de nombreux chats et des dauphins. Les dauphins sont très secondaires mais m'ont fait pisser de rire. Les chats sont excellents (NAN MAIS CETTE COUVERTURE). Tout le point de vue de Charlie, qui est souvent héberlué mais a beaucoup de répartie, est excellent. Les personnages secondaires sont très sympathiques. Les répliques fusent agréablement. Et il y a un truc que j'ai oublié de dire dans ma chronique de The Kaiju Preservation Society: Scalzi ajoute au tout pas mal de politique, ou du moins un propos sur l'état du monde et la manière dont les riches et puissants le dépècent joyeusement, sans une pensée pour les autres. J'apprécie, même si ça fait un peu trembler et si ça met en colère.

Je viens de relire ma chronique de The Kaiju Preservation Society et je vais répéter deux choses que j'y ai dites.

D'une part, "Le personnage qui débarque dans un environnement qu'il ne connaît pas, c'est évidemment un procédé bien connu pour poser un décor, et cela marche ici très bien". À la réflexion, c'était déjà le cas dans Redshirts, alors j'espère que ce n'est pas un poncif de l'auteur. Mais ça marche très bien, c'est indéniable.

D'autre part, j'ai retrouvé la structure "ligne de dialogue - description d'un geste - ligne de dialogue - description d'un geste" qui m'avait sauté aux yeux parce qu'elle me rend zinzin dans mes traductions. Mais cette fois, elle m'a moins exaspérée. Peut-être que Scalzi l'utilise un peu moins, tout de même.

Dernière chose que vous devez savoir: cette édition Tor se termine par une nouvelle, Hera Baldwin Gets A Financial Advisor, qui est éminemment sympathique et rigolote. 😺😺

Je suis joie, je suis bonheur.

CE CHAT.

Allez donc voir ailleurs si ce superméchant débutant y est!
L'avis de Baroona
L'avis de Grominou

vendredi 12 décembre 2025

L'Âne. Une histoire culturelle (2024) 🫏🫏

Je connais Michel Pastoureau de nom depuis plusieurs années et j'ai déjà offert ses ouvrages autour de moi, mais je ne l'avais jamais lu. Par bonheur, les copines blogueuses ont un jour débarqué avec son tout dernier ouvrage fraîchement sorti en librairie, qui aborde l'une des plus formidables espèces ayant jamais foulé le sol de la Terre: l'âne.

J'adore tellement les ânes.

L'ouvrage s'articule en quatre parties: l'Antiquité, le Moyen Âge, l'époque moderne et l'époque contemporaine. Chacune retrace l'emploi qui est fait de l'âne et la symbolique qui lui est associée. L'auteur se limite au monde occidental, car c'est ce qu'il connaît, mais c'est déjà riche et passionnant, d'autant que la partie visuelle est merveilleuse, avec des images choisies judicieusement et imprimées avec une très belle qualité.

Je me suis donc régalée, même si l'histoire de la relation âne-humain n'est pas très positive, dans l'ensemble. Il était plus valorisé dans l'Antiquité, ce que j'ai trouvé chouette. Mais bon, c'est un animal modeste, utilisé pour le bât, la traction et le travail des champs, donc peu valorisé par la société. Je parle tout le temps du cheval dans La Ferme des animaux de Orwell, mais je suis plutôt un âne, moi! Du genre à travailler jusqu'à l'épuisement sans me rebeller.

En outre, l'âne est sans cesse accusé d'être borné et entêté – et c'est une mauvaise réputation qui perdure, d'après ce que j'en vois. Même l'émoji âne est un âne qui rue! Pas une tête d'âne à grandes oreilles, mais un âne qui rue. Alors que, à en croire Cheval Magazine, cet entêtement est surtout lié à sa réaction face à la peur ou à l'incompréhension: là où le cheval rétive ou s'emballe, l'âne se fige – et il reste figé tant que le problème n'est pas résolu, même si on lui tape dessus. L'émoji est donc non pas réducteur, mais carrément mensonger!!! 😠😠

J'ai d'ailleurs trouvé que l'auteur était un peu optimiste dans sa description de la vision actuelle de l'âne. La quatrième couverture dit même "De nos jours, peu d'animaux disposent d'un capital de sympathie comparable". Je ne sais pas. Moi j'ai l'impression que les gens sourient comme si j'étais une illuminée quand je dis que j'adore les ânes. Mais c'est vrai que les ânes cartonnent sur le chemin de Stevenson et qu'il y a une revalorisation des races asines.

Deux dernières choses que je veux noter au sujet de cet ouvrage, afin d'avoir une chance de les retenir. Premièrement, Pastourau est capable de nuancer et d'expliquer que la vision d'un animal donné n'est ni figée à un instant T, ni toute blanche ou toute noire. Ledit animal peut présenter à la fois des éléments positifs et des éléments négatifs. Dans le cas de l'âne, le fait qu'il ait porté deux fois Jésus dans les Évangiles lui offre une aura très positive, même si c'est animal modeste, voire, souvent, méprisé. Deuxièmement, Pastoureau rappelle aussi que les époques passées n'avaient pas forcément le même système de valeurs et la même vision des choses que nous, ce qui devrait inciter à la plus grande prudence quand on les évalue – et empêcher tout jugement.

C'est exactement ce dont je cherche à m'abreuver, de la culture qui nuance et relativise / met à distance. 🙏

En bref: un régal. Vivement que Michel Pastoureau consacre un ouvrage au chat.

dimanche 7 décembre 2025

Nouvelles orientales (1938)

Après Feux, un court recueil de textes sur l'Antiquité que j'ai trouvé intéressant, mais pas transcendant, je me suis de nouveau penchée sur Marguerite Yourcenar. Et de nouveau, j'ai lu un recueil: Nouvelles orientales.

Et cette fois, Yourcenar a fait très fort, même si je n'ai pas été aussi marquée que par ses gros pavés, Mémoires d'Hadrien et L'Œuvre au noir.

Comment Wang-Fô fut sauvé
Bon bein j'ai adoré, j'ai trouvé ça génial, trop beau, une superbe métaphore, et en même temps assez dur et triste, Yourcenar était un génie, il faut lire ce recueil juste pour ça, voilà. En deux mots: Chine, peintre.

Le Sourire de Marko
J'ai moins aimé cette nouvelle, dont je n'ai pas trouvé la chute très marquante, même si le déroulé était sympathique. Ici, l'Orient n'est pas très éloigné de nous, puisque nous sommes dans les Balkans, alors sous domination musulmane.

Le Lait de la mort

Un texte tragique et superbe. "Il y a mères et mères": comme je suis d'accord.

Le Dernier Amour du prince Genghi
Autre texte tragique et superbe, mais plus dans la veine de Lena ou le secret dans Feux que du Lait de la mort. La fin me laisse un goût amer, car je m'y reconnais terriblement.

L'Homme qui a aimé les Néréides
L'autre point faible du recueil pour moi. Je n'ai pas trop compris.

Notre-Dame-des-Hirondelles
Très joli texte sur la transition entre le paganisme et le christianisme – orthodoxe, en l'occurrence –, entre une forme d'obscurantisme et une belle touche d'espoir.

La Veuve Aphrodissia

Sympathique, mais sans plus.

Kâli décapitée

Un texte étonnant sur Kâli, la célèbre déesse indienne qui se pare de crânes, et sur la dualité de l'humain.

La Fin de Marko Kraliévitch
On retrouve ici le personnage de Le Sourire de Marko, qui, comme le titre l'indique, est à la fin du voyage. Très sympathique.

La Tristesse de Cornélius Berg
De même qu'il s'était ouvert avec un peintre, Wang-Fô, le recueil se clôt avec un peintre, Cornélius Berg. La chute, en revanche, est assez radicalement opposée.

Dans ces nouvelles, l'Orient n'est pas forcément très éloigné géographiquement de l'Europe occidentale, puisqu'on voyage – entre autres – en Grèce et dans les Balkans. Mais sous la plume de Yourcenar, on sent le dépayement dû au temps et à la distance. C'est ce qui fait toute la force de l'ouvrage: Yourcenar écrivait trop bien, tout est taillé à la perfection, c'est un vrai régal. Même dans les textes moins marquants, vous passez un super moment. Quant à Comment Wang-Fô fut sauvé, je l'ai tellement aimée que je l'ai relue quand je suis arrivée au bout; c'est une pépite.

Ici aussi, saluons la jolie couverture de cette édition "L'Imaginaire" de Gallimard, qui représente une fleur de lotus posée sur une feuille, le tout constitué des premières phrases de Comment Wang-Fô fut sauvé.

mardi 2 décembre 2025

La gamelle de novembre 2025

Comme d'habitude, retour sur les activités culturelles du mois, hors lecture.

Sur petit écran

Rien! On revient à la normale. 🤣🤣

Sur grand écran

Chien 51 de Cédric Jimenez (2025)

J'ai été totalement prise dans ce film!! C'était un tantinet anxiogène dans sa vraisemblance – tant en ce qui concerne l'usage de l'IA qu'en ce qui concerne la favellisation de Paris – et j'ai bien quelques critiques sur la fin, mais j'ai adoré. Laurent Gaudé doit être content, même si c'est assez différent de son roman. Et la scène du karaoké! Et la chanson de la fin! Aaaaah!!!

Insaisissables 3 de Ruben Fleischer (2025)

Étant donné que je déteste la prestidigation, je n'avais pas prévu de voir ce film. Mais pour une fois que mon copain allait au cinéma, je me suis jointe à lui. Et j'ai plutôt bien fait, car j'ai trouvé le film très sympathique. J'ai quelques critiques, certes, mais ça se regarde avec plaisir et les tours sont sympas. Et toute la partie dans le château... Je veux vivre dans un château comme ça... 🥹🥹

Du côté des séries

Toujours rien. Autour de Halloween, je misais vaguement sur ma famille spirituelle – les Addams 🕸️ – pour me motiver à dégager du temps pour les séries. Mais non. La triste vérité est que je préfère regarder des vidéos lifestyle ou cheval qui ne demandent ni effort intellectuel, ni le moindre suivi d'une vidéo à l'autre.

Et le reste

J'ai lu le Canard enchaîné du 12 novembre, que j'ai trouvé moins drôle que d'autres fois. L'article sur l'extrême-droite en Bretagne m'a carrément fait flipper. D'autres articles, comme celui sur la prétendue rivalité entre Zucman et d'autres économistes, m'ont semblé tordre la réalité.

En fin de mois, j'ai lu mon Cheval Magazine, comme d'habitude. J'en retiens l'interview de Laura Collett, qui fait du concours complet (une discipline encore très majoritairement masculine) à très haut niveau, et les rubriques tourisme qui font rêver. 🥹

jeudi 27 novembre 2025

Traduction vers le rose (2023)

Chronique express!

Dans cette nouvelle publiée aux éditions 1115, Esmée Dubois met en scène un royaume assailli par un froid soudain, où certaines femmes, qui ne ressentent pas le froid et sont donc dites Insensibles, peuvent apprendre à traduire le froid. Malgré une description précise, je n'ai pas bien compris le processus, mais, en gros, elles saisissent le froid dans l'air, un peu comme de l'humidité, et elles le posent sur un papier de couleur rose, dont on peut ensuite tirer de la chaleur. D'où le titre du texte, Traduction vers le rose. Chaque chapitre donne la parole à une femme différente, ce qui permet de reconstituer l'arrivée de ce froid terrible et la mise en place du métier de Traductrice et d'un autre métier indispensable au transfert de la chaleur vitale pour le royaume.

Le récit est très réussi dans la révélation progressive des rouages du système et des relations entre femmes. Par exemple, la protagoniste du premier chapitre est la sœur de celle du deuxième chapitre et la formatrice de celle du troisième chapitre. En revanche, j'ai eu du mal à suivre certaines parties, comme la traduction du froid vers le chaud, et je n'ai pas vraiment compris le sens de la fin. Ça m'a semblé un peu conceptuel et expérimental pour moi, en quelque sorte. Mais je dois dire que j'ai lu ce texte dans de mauvaises conditions, en m'endormant dessus plusieurs soirs d'affilée malgré sa petite taille, et qu'il gagne sans aucun doute à être lu d'une traite! Il a d'ailleurs été récompensé par le Grand Prix de l'imaginaire en 2024, dans la catégorie Nouvelle/novella.

Allez donc voir ailleurs si ce rose y est!
L'avis de Vert (qui me prête des tas de trucs – merci!)