mardi 24 octobre 2023

Il deserto dei Tartari (1940)

Il y a quelques mois, lorsque j'ai relu Le K de Dino Buzzati, j'ai émis le souhait de ne pas attendre vingt-cinq ans avant de lire à nouveau cet auteur. Victoire! J'ai acheté Le Désert des Tartares tout de suite après et je l'ai lu assez rapidement.

J'ai déjà lu ce roman il y a une grosse dizaine d'années (oups... plutôt une petite quinzaine, à la réflexion...), et je n'ai pas trop aimé, même si j'ai noté pas mal de citations dans mon carnet de citations de l'époque. Je dois dire que cette deuxième lecture n'a pas été hyper emballante non plus, même si cela est sans aucun doute dû au moins en partie au fait que j'ai repris mon rythme de lecture normal, c'est-à-dire que je lis trop peu pour avoir une vision claire et suivie de ce que je lis. Comme Le Désert des Tartares est justement un livre assez étrange, je pense qu'il vaut mieux le lire avec des sessions de lecture assez prolongées.

Attention, ce billet sera plein de divulgâcheurs.

Giovanni Drogo, jeune soldat, quitte la maison familiale et la ville pour monter à la Forteresse Bastiani, une forteresse isolée dans la montagne, loin de tout, face à une énorme étendue vide qu'on appelle le Désert des Tartares. Il est d'abord horrifié par cet endroit morne, délaissé par l'état-major, où soldats et officiers végètent en attendant un ennemi hypothétique qui ne vient jamais. Il accepte néanmoins de rester quelques mois, puis quelques années. Et puis... la routine s'installe... L'espoir de connaître la gloire au combat renaît chaque jour en regardant l'horizon... Et puis... les années passent...

Le Désert des Tartares est un roman sur la futilité totale de l'existence humaine, le temps qui passe et un mec qui rate sa vie. Drogo s'obstinera jusqu'au bout à croire qu'il a encore le temps – le temps de se distinguer comme soldat, le temps de faire carrière, le temps  d'être heureux –, mais, en fait, il n'en a plus tant que ça, il n'en a jamais eu beaucoup de toute manière, et il aurait fallu courir plus vite pour arriver... où, on ne sait pas, mais arriver quand même.

En soi, ce thème me parle beaucoup, d'une part car ça a quelque chose de consolant de voir que quelqu'un du calibre de Dino Buzzati avait ainsi peur de vivre sa vie sans rien réaliser (il a déclaré très clairement que cette attente interminable était inspirée de ses années au Corriere della Sera, où il attendait sans cesse... quoi? Le scoop qui ferait de lui une star du journalisme?) et d'autre part parce que c'est totalement ce que j'ai vécu durant ma jeunesse. J'avais l'impression que m'attendait dans mon avenir quelque chose de rutilant: un roman de fantasy d'exception que j'écrirais, une histoire d'amour digne d'un roman (mais pas de fantasy, hihi!), une relation fusionnelle avec un cheval hors du commun. Et puis, j'ai commencé à me dire que, à dix-neuf ou vingt ans, ça commençait à être louche que rien de tout ceci ne se concrétise. À quinze ans, c'est normal de n'avoir rien accompli. À vingt, ça l'est moins. À vingt-cinq, ça ne l'est plus du tout. Et maintenant, j'ai bien plus de vingt-cinq ans et il n'y a toujours rien d'exceptionnel, donc bon. La différence entre Drogo et moi, c'est qu'il continue d'espérer et de s'autoconvaincre jusqu'au bout, alors que moi j'ai accepté tout ça il y a longtemps et je profite du peu que j'ai réussi à m'obtenir en me disant que c'est certes naze par rapport à ce que j'espérais, mais c'est toujours mieux que rien du tout...

Bref. Le thème me parle, mais le roman est effectivement tellement dans l'attente et la répétition que je n'ai pas réussi à rentrer totalement dedans. Il se passe bien quelques petites choses, comme l'arrivée de cartographes du pays ennemi et la mort d'Angustina, mais c'est assez maigre. J'ai plus été touchée par la séparation d'avec le monde d'avant: lorsqu'il rentre chez lui en permission, Drogo ne retrouve pas la proximité avec ses proches et se sent bien seul. Puis les gens de la ville vivent leurs vies sans lui, il sort de leur vie, sa maman meurt (un événement décrit simplement par une chambre qui reste vide, mais ça m'a fait tellement de peine), et il se sent de moins en moins à sa place. Il en a été de même pour moi avec l'Italie et tellement d'amis... Un beau jour, tu réalises que tu ne connais même pas le nom de leurs gosses, c'est dire combien tu es sortie de leur vie...

Cette édition Mondadori contient aussi une postface intéressante d'un certain Lorenzo Viganò, et surtout les fac-similés des toutes premières notes de Dino Buzzati sur son roman, dans une écriture serrée et élégante. Le tout se termine par le fac-similé du scénario préparé par l'auteur pour une éventuelle adaptation cinématographique, qui a finalement eu lieu après sa mort et avec un autre script. Deux beaux documents que j'ai été ravie de découvrir ici. Quant à la couverture, c'est un dessin de Buzzati pour Barnabò delle montagne. Le tout forme un bouquin épais de très belle qualité qu'on a plaisir à feuilleter et à avoir dans sa bibliothèque.

jeudi 19 octobre 2023

La Princesse de Clèves (1678)

Lors de son arrivée à la cour d'Henri II, à la fin des années 1550, la jeune demoiselle de Chartres attire tous les regards en raison de sa grande beauté. C'est le prince de Clèves, tombé fou amoureux d'elle, qui a la chance de l'épouser. Mais peu après le mariage, notre protagoniste, devenue Madame de Clèves, rencontre le duc de Nemours, beau gosse et womaniser de service; il tombe immédiatement sous le charme, et elle sent sa vertu chanceler.

Ce roman de Madame de Lafayette décrit essentiellement comment cette pauvre Madame de Clèves va tout faire pour lutter contre l'infidélité: elle s'interdit d'abord de s'avouer ses sentiments, puis, quand ils lui crèvent trop les yeux, elle s'éloigne de la cour et va même jusqu'à avouer à son mari qu'elle en aime un autre – sans préciser qui – afin qu'il l'aide à rester isolée, loin de la tentation. Hélas, le duc de Nemours est nettement moins vertueux; il est amoureux, et il veut cette femme; il va donc tout faire pour la rencontrer, y compris en rentrant sur sa propriété à la nuit tombée et en louant une chambre donnant sur ses jardins afin de l'espionner. Un bel exemple de harcèlement et de masculinité toxique, pour résumer la chose en termes modernes.

La pauvre Madame de Clèves a donc d'autant plus de mérite de lui résister jusqu'au bout et d'être lucide quant au malheur qu'elle éprouverait en cédant aux avances d'un homme connu pour ses nombreuses conquêtes, en raison du coup que cela porterait à sa réputation mais aussi parce qu'il finirait probablement par se lasser. En cela, ce court roman est l'histoire inverse de La Princesse de Montpensier, dans lequel la protagoniste trompe son mari (même si, à peine trois mois après ma lecture, j'ai déjà tout oublié des détails).

Au-delà de cette intéressante histoire "d'amour", La Princesse de Clèves se lit très agréablement car il permet de découvrir la cour de Henri II, fils de François Ier et époux de la grande Catherine de Médicis. Savez-vous que leur fils François, qui deviendra roi de France à la mort de Henri II en 1559 (pour un an seulement, le pauvre ^^), avait épousé Mary Stuart d'Écosse, qui avait grandi en France? Who knew! Les liens de parenté et de pouvoir sont nombreux, complexes et difficiles à suivre (d'où mes notes en cours de lecture sur la photo ci-dessus), mais c'est passionnant. En ce qui concerne le style, il y a pas mal d'usages du français qui ont changé, et les subjonctifs de l'imparfait abondent, ce qui donne à ce livre un charme assez unique. Quelle préciosité, le XVIIe siècle!

"Vous m'étonnez, reprit Mme de Clèves, et je vous ai ouï dire plusieurs fois qu'il n'y avait point de femme à la cour que vous estimassiez davantage."

Le petit truc en plus que je ne veux pas oublier
J'ai trouvé cette édition Edmont Charlot de 1947 dans le coin de livres à donner de ma médiathèque. Les pages étaient clairement non découpées lors de la première lecture, et j'ai eu la chance d'en découper une moi-même, la seule que le ou les lecteurs précédents n'avaient pas coupée! Quel bonheur! Quel voyage dans le temps! Même si la coupe a été bien faite, il y a des irrégularités, ce qui fait que le bord du livre paraît plus épais. C'est merveilleux.

samedi 14 octobre 2023

Récits fantastiques (1831-1857)

J'ai beaucoup de sympathie pour Théophile Gautier en raison de La Morte amoureuse, une nouvelle de vampires que j'ai lue étant ado et qui m'a beaucoup marquée. Du coup, j'ai sauté sur ce recueil intitulé Récits fantastiques lorsque je suis tombée dessus dans l'étagère de livres à donner de ma médiathèque.

La cafetière, conte fantastique (1831)
Un homme passe la nuit dans une chambre pleine de tapisseries. Une histoire très classique, mais efficace et plaisante, que j'avais déjà lue, probablement dans un recueil de nouvelles fantastiques diverses (chez Folio à dix francs, hihihi...).

Onuphrius ou les Vexations fantastiques d'un admirateur d'Hoffmann (1832)
Un texte étrange que j'ai eu du mal à suivre. C'est l'histoire d'un peintre qui a des visions bizarres et se croit persécuté par le diable; par exemple, quand il renverse son pot de pinceaux, il pense que c'est une main crochue qui l'a renversé.

Omphale, histoire rococo (1834)
Un jeune garçon loge chez son oncle, dans un pavillon orné de tapisseries. Le point de départ est le même que dans La Cafetière et il n'y a guère de surprises, mais j'adore ces histoires où le décor du quotidien prend soudain vie et devient... autre chose.

La Morte amoureuse (1836)
Je n'ai pas relu cette nouvelle, car je l'ai (rerere)lue il y a relativement peu de temps, mais je vous la recommande chaudement.

La Pipe d'opium (1838)
Un homme fume l'opium et est pris de visions. C'est, avec Onuphrius, le texte que j'ai eu le plus de mal à suivre. Les hallucinations ne font pas pour moi, je crois.

Le chevalier double (1840)
L'histoire d'un homme à la personnalité changeante, tantôt adorable et tantôt brutal. Il est comme placé sous deux étoiles contraires, car un homme au regard de feu a rendu visite à ses parents quand sa mère était enceinte. Laquelle des deux influcences l'emportera-t-elle?

Le Pied de momie (1840)
Un homme achète un pied de momie délicieusement délicat et petit, dernière relique d'une princesse égyptienne à la beauté légendaire. Mais cette nuit-là, la princesse semble revenir à la vie. Une nouvelle fantastique classique, un parfait exemple du XIXe siècle, qui me laisse penser que Gautier avait un intérêt pour l'Égypte, vu qu'il a aussi écrit une nouvelle intitulée Une Nuit de Cléopâtre.

Deux acteurs pour un rôle (1841)
Un acteur qui rencontre un vif succès pour son interprétation du Diable suscite le mécontentement d'un homme au rire démoniaque, qui décide de le remplacer sur scène...

Le Club des hachichins (1846)
Des consommateurs de haschich se réunissent dans un luxueux hôtel particulier parisien, et le récit suit les visions de l'un d'entre eux. Comme dans Onuphrius et La Pipe d'opium, je n'ai pas guère accroché; les drogues et les visions ne m'intéressent pas beaucoup.

Arria Marcella (1852)
Un texte sur Pompéi, très agréable et sympathique, même si l'idée de départ est... particulière: un homme voit l'empreinte d'un sein parfait dans les cendres de l'éruption et tombe amoureux sur le champ. Sérieux, les nichons, ça vend à n'importe quelle époque.

Avatar (1856)
Un homme aime une femme mariée belle et vertueuse, qui est follement amoureuse de son mari. Désespéré, il dépérit, jusqu'à ce qu'un médecin fraîchement revenu d'Inde lui annonce qu'il a peut-être la solution à son problème. Un texte très sympathique. [Divulgâcheur: c'est une histoire d'échange de corps.]

Jettatura (1857)
Naples, une Anglaise venue profiter du climat chaud pour se remettre de ses problèmes de santé, son fiancé qui lui rend visite, et des Napolitains qui multiplient les amulettes de protection en la présence de ce dernier, car ils reconnaissent en lui un jettatore, celui qui jette le mauvais œil. L'opposition entre la rationalité anglaise et les superstitions napolitaines rappelle beaucoup Dracula, mais l'histoire n'est pas du tout la même.

Dans l'ensemble, j'ai beaucoup aimé ce recueil, qui est porté par une plume très riche, typique de ce XIXe que j'adore. Les phrases sont longues et les adjectifs nombreux, et c'est beau.

Livre de l'auteur déjà chroniqué sur ce blog
La Morte amoureuse + Une nuit de Cléopâtre (1836 et 1838)

lundi 9 octobre 2023

Les BD du troisième trimestre 2023

Grosse catastrophe ce trimestre: j'ai lu à peine une bande dessinée! J'y ai à peine pensé et le temps a filé...

Superman Red Son de Mark Millar (scénario) et Dave Johnson et Kilian Plunkett (dessin), traduit de l'anglais par Nicole Duclos et Khaled Tadil (2003)

Regardez bien ce logo... 👀

Suite à une discussion sur l'uchronie, j'ai eu envie de plonger dans ce comics de la série Elsewhere, dans laquelle DC Comics explore des destins alternatifs pour ses super-héros. Dans ce cas, Superman n'atterrit pas aux États-Unis, mais en Ukraine. C'est-à-dire, en 1938, en URSS. Devenu adulte, il décide de mettre ses superpouvoirs au service de son pays. Aux États-Unis, c'est la stupéfaction et la consternation. Avec une super-arme d'un tel calibre, les armements nucléaires ne valent plus rien. Puis Staline meurt, et Superman lui succède à la tête de l'URSS.

Le pitch est alléchant et j'ai apprécié la réflexion sur la responsabilité du chef d'État, ainsi que le fait que Superman soit réellement, sincèrement attaché aux valeurs communistes avec lesquelles il a grandi et prône la non-violence. Il est aussi assez satisfaisant de voir le capitalisme disparaître, vu que tous les pays se rangent rapidement derrière l'URSS, exception faite des États-Unis et d'un pays d'Amérique du Sud que j'ai oublié. Malheureusement, j'ai eu l'impression qu'on a voulu y faire entrer trop de choses de force: Batman terroriste, Wonder Woman alliée, Green Lantern exploité par les États-Unis, Lex Luthor président... Et la fin ne m'a pas plu du tout. [Divulgâcheur: Superman n'est pas un extraterrestre, mais le lointain descendant de Lex Luthor; l'humanité a évolué physiquement et est beaucoup plus puissante que nous; ses parents, face à une catastrophe imminente, décident de le sauver en l'envoyant dans le passé. Je trouve ça tellement naze.]

Petite remarque rigolote: quand je pense à ce comics, je me dis tout à fait sérieusement "Et si Superman avait atterri en URSS?", comme si Superman était un personnage historique ayant atterri aux États-Unis et influençant notre histoire actuelle. 😄

Éditeur: Panini.

mercredi 4 octobre 2023

La gamelle de septembre 2023

Comme d'habitude, retour sur les activités culturelles du mois écoulé.

Sur petit écran

Pas de film.

Sur grand écran

Carrie de Brian de Palma (1976)


Une adaptation de Stephen King qui, contrairement à bien d'autres, ne traîne pas une réputation déplorable, je ne pouvais pas rater ça. En plus, je connaissais déjà bien l'histoire, même si je n'ai pas lu le roman; j'aime bien Brian de Palma à cause des Incorruptibles, et c'est un réalisateur généraliste, pas un réalisateur de films d'horreurs; donc, je ne risquais pas d'avoir peur. Hmmm. Bon, certes, Carrie n'est pas un film d'horreur ultragore ou effrayant, mais il y a pas mal de tension dans toutes les scènes avec la mère, et la dernière scène m'a TERRIFIÉE. Je suis rentrée chez moi pas tranquille du tout. Mais je suis contente de l'avoir vu; c'est une histoire affreuse de harcèlement scolaire, mais aussi de solitude en général et de haine de la femme, avec des personnages qui trouvent un souffle personnel même quand ils correspondent à des clichés tels que la peste de service ou le beau gosse de la promo. En général, je reproche à Stephen King une vision plutôt navrante de la femme; mais si ce film est aussi fidèle au roman que je le crois, il a montré avec Carrie qu'il a tout compris à l'horreur d'être une fille.
De ce réalisateur, j'ai aussi vu Phantom of the Paradise, Les Incorruptibles et Mission: Impossible.

La Boum de Claude Pinotau (1980) 🎶🎶


Une très belle découverte qui m'a mise d'excellente humeur. Je m'attendais à un film naïf et culcul, mais en fait il réussit très bien à montrer à la fois le point de vue de Vic, l'ado de treize ans obsédée par les garçons et les boums (Sophie Marceau, extraordinaire), et celui de ses parents, qui n'en ont rien à faire des boums. Et surtout, c'est très drôle, je me suis vraiment bien marrée. L'arrière-grand-mère est extraordinaire!!! Bon, par contre, vous avez la musique dans la tête pendant au moins une semaine. La salle était complète et j'ai entendu chanter pendant que je sortais. 😂

Mystère à Venise de Kenneth Brannagh (2023)


Ce troisième opus des enquêtes d'Hercule Poirot mis en scène par Kenneth Brannagh m'a plus convaincue que les précédents (Le Crime de l'Orient-Express et Meurtre sur le Nil). J'ai notamment adoré le mélange entre l'immeuble italien en mauvais état et la fête américaine de Halloween, que j'ai trouvé très réussi, et Michelle Yeoh dégage évidemment quelque chose d'extraordinaire durant sa relativement courte apparition. Je ne dirais pas que c'était un sans-faute, car je trouve qu'il y a tout de même quelque chose de figé dans la mise en scène et le jeu d'acteur, mais c'était très sympathique.
De ce réalisateur, j'ai aussi vu Thor. 🔨

Du côté des séries

Dinosaures – saisons 1 et 2 (1991-1992) 😍🦖


N'ayant pas de série récente qui me motivait, j'ai décidé, après avoir fini la troisième saison de ce cher Geralt, de replonger dans la meilleure série de tous les temps, le quotidien de ma famille préférée, le quotidien de mon BÉBÉ préféré: la série Dinosaures!!! C'est tellement génial. Je galère sur le plan technique, car les DVD ne passent pas sur mon lecteur de salon parce que c'est de la zone 2 et mes vieux ordis dotés d'un lecteur DVD mettent à peu près quinze minutes à comprendre qu'ils ont un DVD dans le ventre. Mais ça en vaut la peine. Je lui consacrerai peut-être un billet dédié un jour. Il y a 65 épisodes et j'en regarde deux par semaine quand tout va bien, donc ça va me prendre trente-deux semaines au moins, j'ai le temps d'y réfléchir.

Et le reste


J'ai feuilleté deux anciens numéros de Livres Hebdo (ça y est! Je suis venue à bout de ma pile!) et j'ai lu Le Monde Diplomatique d'août, que j'ai acheté en raison d'un article sur le yoga. Malheureusement, Cheval Magazine est arrivé trop tard pour que je le lise en fin de mois comme d'habitude, donc il y aura double dose en octobre.

vendredi 29 septembre 2023

Mon chat, mon chien va partir (2017)

Quand on partage la vie d'un animal de compagnie, il est fort probable que la mort l'emporte avant nous, tout simplement parce que l'espérance de vie d'un humain est plus longue.


Ce décès n'est pas toujours facile à vivre et Frantz Cappé, vétérinaire, a écrit ce livre pour proposer un soutien et un accompagnement durant l'annonce de la maladie, la mort – notamment par euthanasie – et l'après, ce terrible après où on se retrouve tout seul. C'est très court et ce n'est pas forcément très profond, mais je trouve formidable que cet homme ait écrit ce livre, qu'Albin Michel l'ait publié et que quelqu'un, dans ma médiathèque, l'ait acheté. Cela me semble témoigner de la profonde évolution du rapport humain-animal dans notre société, avec des animaux de compagnie qu'on considère de plus en plus comme des membres de la famille. C'est une lecture triste, bien sûr, et ça m'a fait beaucoup de peine de le lire, mais ça fait aussi chaud au cœur de voir que quelqu'un prend la peine d'écrire sur le sujet.

Pourquoi ce livre?

En août dernier, lors de notre visite annuelle pour un contrôle et le rappel des vaccins, mon vétérinaire a repéré une masse anormale sur la gencive de mon chat et a recommandé une biopsie. Le collègue qui a effectué cette biopsie m'a dit qu'il s'agissait clairement d'une tumeur. Restait à voir laquelle. J'ai envoyé le prélèvement au laboratoire d'analyses (je vous souhaite de ne jamais mettre un tube contenant des morceaux de votre chat à la poste 😖) et l'attente a commencé. Comme je n'aime pas rester sans rien faire, je suis allée à la médiathèque et j'ai demandé s'ils avaient des livres sur le cancer chez le chat. Hélas, il n'y en avait pas; mais j'ai découvert l'existence d'un rayon chats, je l'ai parcouru et je suis tombée sur ce livre, qui s'est imposé comme une évidence.

Une dizaine de jours plus tard, quand j'en avais lu la moitié environ, mon vétérinaire a reçu les résultats de la biopsie: la tumeur était un carcinome dermatoïde, il était infiltrant et il avait déjà pris l'os. L'option chirurgicale simple, consistant à retirer la tumeur, un peu d'os et une dent, était exclue. Il fallait partir sur l'ablation de la moitié de la mandibule. Mais avant, il fallait vérifier l'étendue exacte du cancer; car s'il débordait déjà sur la moitié gauche de la mandibule, même l'ablation de la moitié droite ne servirait à rien. J'ai pris rendez-vous pour un scanner et j'ai lu la deuxième moitié de ce livre dans un état d'esprit encore plus perturbé que la première, mais bizarrement j'ai moins pleuré – sans doute parce que c'est la partie sur l'euthanasie que j'ai trouvée la plus dure et que je l'avais déjà lue.

Depuis, l'opération a eu lieu avec succès, avec même une ablation seulement partielle, car la tumeur était vraiment bien localisée. Ma petite Reloue a perdu environ 25% de sa mandibule et non 50, ce qui est toujours ça de gagné, et elle s'est remise à une vitesse que j'ai trouvée ahurissante. Je suis plus heureuse que jamais de l'avoir dans ma vie et je la regarde avec encore plus d'émerveillement qu'avant. 🥰🥰🥰

dimanche 24 septembre 2023

Record of a Spaceborn Few (2018) ⭐

Chronique express!

Quel plaisir de retrouver Becky Chambers, l'autrice-doudou par excellence! Dans Record of a Spaceborn Few, troisième roman de sa série Wayfarers, elle met en scène quelques humains vivant au sein de la Flotte de l'Exode, l'armada de gigantesques vaisseaux qui a quitté la Terre lorsque celle-ci est devenu inhabitable. Depuis, les humains, qu'ils soient restés dans leur Système solaire ou aient vogué vers les étoiles, ont rejoint une sorte d'union galactique et la Flotte s'est mise en orbite autour d'un soleil inutilisé. Mais le mode de vie à bord est resté celui du voyage interstellaire, avec un usage rigoureux des ressources dans un environnement clos – toutes les ressources, même les corps humains.

Les personnages qu'on accompagne – ces "spaceborn few", ces quelques-uns nés dans l'espace – sont Eyas, dont le travail consiste à prendre soin des corps, Kip, un ado qui déteste vivre là et ne rêve que de partir, Tessa, la mère de deux enfants facétieux (et la sœur d'un personnage de The Long Way to A Small Angry Planet), Isabel, une archiviste, et Sawyer, un humain né sur une planète venu découvrir le monde dont sont originaires ses ancêtres. Depuis le contact avec les autres espèces sentientes et l'entrée dans l'union galactique, la culture évolue à bord de la Flotte, les jeunes apprennent une langue étrangère qu'ils trouvent plus tendance que la leur, certains émigrent pour découvrir de nouveaux horizons ou faire fortune... Et la vie quotidienne continue, pleine de petites interrogations. C'est avec des événements très banals, sans grands enjeux galactiques, que Becky Chambers accompagne ces personnages dans leur progression humaine, ultra-humaine, qui ne manque pourtant pas de questions fondamentales sur la rencontre de l'autre, la préservation de sa culture, la communication entre espèces, les relations familiales... Un mélange absolument délicieux, réconfortant et émerveillant à la fois, qui donne bien du courage pour avoir des valeurs dans sa propre vie.

#BeckyRules

Livres de l'autrice déjà chroniqués sur le blog
The Long Way to a Small Angry Planet (2015)
A Closed and Common Orbit (2016)
To Be Taught, if Fortunate (2019)

mardi 19 septembre 2023

The Secret Garden (1911) 🌱🌷🌹

Quand j'étais enfant, j'ai lu et adoré Le Jardin secret de Frances Hodgson Burnett. C'est donc avec grand bonheur que je l'ai acheté en VO lorsque je suis tombée dessus dans un magasin type Emmaüs d'une ville d'Écosse. Il était vendu une livre, et comme la dame n'avait pas la monnaie à me rendre sur un billet de dix, elle s'est contentée de mes piécettes, qui devaient faire 65 pence cumulés. 🥰

Cette relecture a été à peu près aussi merveilleuse que ma lecture d'enfant. J'ai adoré retrouver Mary Lennox, une gamine affreusement gâtée et égoïste qui s'installe dans la maison de son oncle après la mort de ses parents, et le merveilleux jardin clos depuis dix ans qu'elle découvre dans les immenses terrains du domaine. D'abord renfermée sur elle-même et hautement tyrannique, Mary va s'intéresser à d'autres personnes, comme Martha, la bonne qui s'occupe d'elle, et Dickon, le petit frère de Martha. Grâce à l'aide de ce dernier, elle se met au jardinage et prend un immense plaisir à retourner la terre, planter des graines et observer les oiseaux. Puis, une nuit, elle fait une découverte étonnante: dans l'immense maison de son oncle vit un autre enfant, un petit garçon malade dont on ne lui a rien dit.

Maintenant que je suis adulte, j'ai, bien entendu, vécu ma lecture un peu différemment. Le but pédagogique crève tellement les yeux que ça prête à sourire; l'autrice parle son temps à expliquer combien le grand air, le vent des landes, l'exercice physique et les plaisirs simples comme le lait frais et le jardinage sont bons pour la jeunesse et font de gosses gringalets et odieux d'adorables jeunes personnes en pleine forme. Mais le tout est très bien fait. La manière dont Mary découvre la maison et le domaine, puis perce progressivement les secrets qu'on lui cache, est très bien menée. Il y a un petit côté roman gothique ou sœurs Brontë au début, avec cette maison sombre, pleine de chambres fermées et de mystères, dans laquelle Mary entend des cris étranges tandis que la tempête bat la lande. Puis le printemps arrive, la nature renaît, et on entre au contraire dans un monde très coloré, plein de pousses et de fleurs, qui fait simplement rêver – surtout si on est bien éco-anxieux comme moi et qu'on regrette amèrement de ne pas pouvoir vivre des saisons normales!

La présence des animaux de Dickon fait rêver aussi: un corbeau, un agneau, deux écureuils et un renard le suivent partout. C'est bien peu vraisemblable et un peu culcul, mais qu'est-ce que c'est mignon! Et puis, tout le monde est gentil. Les personnages peuvent être grognons comme Ben Weatherstaff, le jardinier, ou désespérés comme l'oncle de Mary, mais ils ont tous un bon fond qui  n'attend qu'une chose, une bonne raison de ressortir. 😃😃 Et notons un point très moderne: il n'y a aucune différence dans le traitement de Mary par rapport aux deux garçons. Elle jardine exactement comme eux et cette activité est aussi positive pour elle que pour eux. Il n'a aucune référence au fait que c'est une fille pour expliquer quoi que ce soit chez elle. Ils sont juste, tous les trois, des gamins!

Qu'est-ce que ça met du baume au cœur, un bouquin pareil. Je l'ai lu à un moment où je digérais de mauvais nouvelles vétérinaires et ça a été un vrai refuge – même si, oui, c'est super culcul. Je crois que j'adore le culcul. ^^ Comme j'ai déjà lu (et adoré!) Le Petit Lord Fauntleroy de la même autrice, je pense que j'ai tout intérêt à tenter La Petite princesse!

jeudi 14 septembre 2023

I racconti (2015)

Ayant récemment relu et réadoré Le Guépard de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, je me suis penchée sans hésiter sur son autre œuvre, un recueil posthume de quatre textes.

Le premier, intitulé "Ricordi d'infanzia", est un ensemble de souvenirs d'enfance. C'est ce que signifie le titre. C'est très intéressant quand on a connaît Le Guépard car Lampedusa s'est énormément inspiré de sa propre vie dans la noblesse sicilienne pour écrire son roman. On retrouve par exemple les superbes plafonds peints destinés à être détruits par une bombe Alliée durant la Seconde Guerre mondiale, ou la véritable expédition que constitue le trajet jusqu'au palais de la famille à la campagne.

Le deuxième texte est une nouvelle, "La gioia e la legge" (La joie et la loi). C'est une jolie, mais triste, histoire sur un petit employé qui rentre du travail avec un superbe panettone de sept kilos (!!!). Les collègues ont voté pour que ce cadeau de l'entreprise lui soit attribué en l'honneur de son bon travail. Il se doute bien qu'ils se sont mis d'accord sur lui parce qu'il est le plus pauvre, et non le meilleur, mais il est quand même super content de rentrer chez lui avec ce superbe gâteau et de faire la joie de ses enfants. Hélas, d'autres lois s'imposent en matière de relations sociales, et le panettone géant finira chez quelqu'un d'autre. Une fin triste à mes yeux, même si le texte reste léger dans son ton. J'ai trouvé ça super.

"La sirena" est le plat de résistance du recueil. Cette nouvelle met en scène un Sicilien parti vivre dans le Nord de l'Italie, qui tombe par hasard sur un compatriote et découvre que celui-ci est un célèbre spécialiste du grec (et ancien sénateur au passage). D'abord hautain et cassant, l'homme va finir par sympathiser avec lui et lui raconter une rencontre éblouissante: dans sa jeunesse,  un été où il s'était isolé dans une bicoque loin de tout en Sicile, au bord de la mer, il a été l'amant d'une sirène. Ce texte est bien maîtrisé et réussi, et j'imagine que c'est celui que Lampedusa a le plus travaillé, même s'il m'a moins touchée.

"Tre gattini ciechi" (Trois chatons aveugles) constitue quant à lui le premier chapitre du roman que Lampedusa n'a jamais écrit, vu qu'il est mort (en 1957). On y rencontre un propriétaire terrien sicilien aux dents très longues, occupé à compléter les conquêtes faites par son père avant lui dans l'idée de constituer un petit royaume à leur nom. Un début prometteur pour un roman qui n'a jamais vu le jour.

Bien que ce recueil ne soit pas du tout à la hauteur du Guépard, j'ai été très contente de le lire, car il donne un aperçu très complémentaire à ce roman-là et un éclairage intéressant sur la vie de l'auteur. Pour info, le recueil existe en français aux éditions du Seuil, sous le titre Le Professeur et la sirène et dans une traduction de Jean-Paul Manganaro et Nathalie Bauer (et avec une couverture ma-gni-fi-que!).

samedi 9 septembre 2023

Quelques lectures numériques

Chroniques express!

En fin de vacances, j'ai profité de mes derniers jours de liberté et de la liseuse qu'avait empruntée mon homme pour me pencher enfin sur un fichier ePub qui traînait sur mon bureau depuis trop longtemps, ainsi que pour relire deux fichiers dont j'avais oublié l'existence.

La providence du reclus de Timothée Rey (2012)

Ce recueil de trois nouvelles propulse l'horreur lovecraftienne au cœur de la Savoie, ce qui est tout à fait inattendu. C'est bien fait et efficace et j'ai été contente de le relire. Voir aussi mon avis de l'époque et mes autres lectures de l'auteur: Gros Œuf et Petit Œuf et Les Griffes du Grogneur, ainsi que Les Souffles ne laissent pas de traces. Il faudrait que je relise du Timothée Rey un jour (et pas en relecture, mais en découverte).

Rentrer par tes propres moyens de Rich Larson, traduit de l'anglais par Pierre-Paul Durastanti (2013)

Un joli texte sur les liens familiaux et la disparition des êtres chers. Je pense que je l'ai plus apprécié cette fois-ci; je crois me souvenir que j'avais trouvé ça culcul la première fois.

Je vous ai donné toute herbe de Christian Léourier (2021)

C'est ce texte qui traînait sur mon bureau depuis trop longtemps, à savoir un an et demi. Bien que la réflexion soit pertinente et la chute rigolote, Je l'ai trouvé assez anecdotique, mais il paraît que ce n'est pas ce que l'auteur a fait de mieux, alors il n'est pas impossible que je lise autre chose de lui un jour. 😊

lundi 4 septembre 2023

La gamelle de juillet et d'août 2023

Une fois n'est pas coutume, voilà une gamelle bimestrielle pour récapituler les activités culturelles des mois de juillet et d'août! Avant-goût: au cinéma, il y a eu beaucoup de voitures et de femmes, voire les deux réunies.

Sur petit écran

Le Livre de la jungle de Wolfgang Reitherman (1967)

Une belle découverte pour moi qui ai certes vu ce dessin animé quand j'étais enfant, mais probablement une seule fois. J'ai apprécié beaucoup de choses, car j'aime les dessins, les bruitages, l'humour et la simplicité de cette époque. Les animaux sont drôles et mignons, comme des peluches, et Kaa est super drôle. Shere Khan fait un bon méchant, bien qu'on ne le voie que peu. En revanche, les passages avec les singes et les vautours ne m'ont pas plu et m'ont un peu sortie du film. Quant au traitement de la gent féminine, c'est la catastrophe...

Rebelle de Mark Andrews et Brenda Chapman (2012)

J'ai été agréablement surprise en revoyant ce film que j'avais trouvé assez mou au cinéma. Certes, ce n'est pas marquant, mais c'est très amusant et le personnage de Mérida, la princesse qui ne veut pas se marier, a un beau parcours. Je suis étonnée que le film n'ait pas été interdit dans certains pays ultramisogynes, HAHAHAHA!

Sur grand écran

Spider-Man. Across the Spider-Verse de Joaquim Dos Santos, Kemp Powers et Justin K. Thompson (2023)

Un film d'animation hyper-réussi malgré quelques longueurs. Mon avis lors de mon premier visionnage, le mois précédent.

Harry Potter à l'école des sorciers de Chris Columbus (2001)

Revoir ce film au cinéma a été un immense bonheur. La magie opère encore à la perfection, tout simplement, et le film excelle à présenter un nouvel univers dense et riche. C'est merveilleux.

Mission Impossible 7 - Dead Reckoning partie 1 de Christophe McQuarrie (2023) 🚗

Un film d'action efficace avec un Tom Cruise au sommet de sa forme, malgré les années qui passent, et une féminisation partielle mais bienvenue. C'est toutefois un peu long; on aurait notamment pu s'épargner la scène du train qui dégringole à la fin, qui est de trop. J'irai voir la deuxième partie l'année prochaine. (Ou quand elle sortira, vu que le tournage a été suspendu en raison de la grève des scénaristes...)

Gran Torino de Clint Eastwood (2008) 🚗

J'ai revu avec un immense plaisir ce film que j'avais adoré lors de sa sortie. C'est une belle histoire de "l'aller vers l'autre", en dépassant les différences d'âge et d'origine. Mais surtout, Clint Eastwood est super drôle et croustillant en vieux con grognon qui s'exprime par monosyllabes; il aurait pu jouer Geralt ou John Wick sans problème.

Gran Turismo de Neill Blomkamp (2023) 🚗

Gran Torino et Gran Turismo ont des noms des similaires et parlent de bagnoles, et le hasard des séances a fait que je les ai vus à la suite dans la même salle, mais l'ambiance n'était pas la même... et la qualité non plus. Évidemment, je ne suis allée voir Gran Turismo ni pour les bagnoles ni pour l'adaptation du jeu vidéo, mais pour Orlando Bloom. Et par malheur, Orlando Bloom n'est pas très beau dans ce film, et il joue d'une manière insupportable – comme la plupart des autres acteurs, en fait: tout le monde gesticule et grimace pour montrer qu'il est un vrai mec. Et comme je ne m'intéresse pas le moins du monde à la course automobile et que la mise en scène est ultrapoussive, ça m'a semblé bien long, deux heures et quart. Et c'est la première fois que je vois un film susceptible d'égaler, voire de dépasser, Transformers 3 niveau placemens de produits; c'est incessant et éhonté. Notons quand même que le film a quelques bonnes idées pour montrer comment le protagoniste visualise la voiture (qui n'existe pas) quand il joue, puis visualise son tracé quand il se retrouve au volant d'un vrai véhicule. De même, des effets issus du jeu montrent régulièrement le classement de sa voiture dans la course (ouf! Sinon, je n'avais aucune idée de qui était qui!). Et l'histoire dont le film est tiré est assez dingue.

Ninja Turtles: Teenage Years de Jeff Rowe et Kyler Spears (2023)

Fidèle à une passion d'enfance, j'ai foncé au cinéma pour retrouver nos chères tortues. Hélas, le film n'est pas terrible en soi, les plans sont souvent très chargés et il est donc difficile de tout voir, l'affrontement final a lieu de nuit et est donc encore moins lisible, et je me suis sentie bien trop vieille pour un film qui cite Gru comme méchant et dont je suis obligée de lire les sous-titres parce que je ne comprends rien aux blagues à l'oral. En plus, les tortues ressemblent parfois à des crapauds. Mais bon, je suis contente de voir les personnages poursuivre leur chemin avec de nouvelles générations de spectateurs. Et un jour, je lirai les comics avec lesquels tout a commencé.

Oppenheimer de Christopher Nolan (2023)

Une bonne surpise pour un film que je ne voulais pas voir, car la bande-annonce m'avait laissée indifférente et qu'il est bien long. C'est effectivement un très bon film dans l'absolu, avec la mise en scène soignée à laquelle Nolan nous a habitués, quelques questions éthiques qui font froid dans le dos et un casting hors de l'ordinaire.

Persepolis de Marjane Satrapi (2007) 👩‍🦰

Adaptation filmique des bandes dessinées de la réalisatrice, Persepolis raconte l'enfance et la jeunesse de ladite réalisatrice en Iran pendant les années 1970 à 1990, avec une parenthèse de quelques années en Autriche. La révolution islamique de 1979 y joue évidemment un grand rôle. Je ne peux pas dire que j'aie aimé ce film, mais c'était très bien pour moi de le voir, car ça m'a un peu cultivée sur l'Iran. Le moins qu'on puisse dire est que je me suis réjouie de ne pas être née dans ce pays. De cette réalisatrice, j'avais déjà vu The Voices et Radioactive.

Barbie de Greta Gerwig (2023) 👩‍🦰 🐴

Une belle surprise très créative, méta et amusante, ET AVEC DES CHEVAUX! Et c'est cool de voir un film au discours aussi antipatriarcal cartonner. Il n'y aucune finesse nulle part, mais comme ils ont assumé et poussé le côté Barbie jusqu'au bout, ça passe très bien. J'ai adoré. De cette réalisatrice, j'avais déjà vu, mais avec moins d'enthousiasme, Les Filles du Docteur March.

Thelma & Louise de Ridley Scott (1991) 👩‍🦰🚗👩‍🦰

Un putain de chef d'œuvre, une belle histoire d'émancipation, une révélation et un réservoir à scènes mythiques. J'ai adoré et je suis sortie de ma séance gonflée à bloc. (Est-ce que j'aurais pris Brad Pitt en stop? Est-ce que qui que ce soit peut ne pas prendre Brad Pitt en stop?)

Du côté des séries

Once More With Feeling de Joss Whedon – Buffy contre les vampires – saison 6, épisode 7 (2001)

L'épisode comédie musicale de Buffy contre les vampires. Un grand moment, de super chansons, le plaisir et l'émotion de retouver des personnages que je considère comme des amis dans un épisode déterminant, où les relations entre eux évoluent profondément. Magique.

The Witcher – saison 3 (2023)

Geralt ❤ Jaskier ❤

Comme toujours, j'oscille dans cette série entre l'enthousiasme le plus hystérique et la consternation la plus totale. Les lieux et les distances semblent totalement farfelus, les personnages se comportent parfois de manière incompréhensible, les scénaristes eux-mêmes ne semblent pas connaître la vérité sur Siri et l'épisode 7 est une vraie purge. Mais dans l'ensemble, je les adore et j'ai hâte de les retrouver – même si ce ne sera plus pareil sans Henri Cavill. 💔

Et le reste

J'ai lu deux vieux numéros de Livres Hebdo, ainsi que mes deux Cheval Magazine habituels et, pour la première fois, le hors-série du moment – je n'ai pas eu le choix lors de mon réabonnement, l'abonnement de deux ans n'existait qu'avec les hors-séries inclus.

Et voilà! Avec la rentrée et la reprise des activités, je doute d'aller autant au cinéma, mais faire sept séances en trois semaines m'a fait grand, grand plaisir!

mercredi 30 août 2023

L'arte della gioia (1998)

Il y a quelques années, un ancien collègue que je n'avais pas vu depuis des lustres m'a recommandé L'Art de la joie de Goliarda Sapienza, un livre italien dont je n'avais jamais entendu parler. Dans l'immédiat, je n'ai pas suivi son conseil, car j'ai vu qu'il y avait une histoire d'inceste et que j'essaye d'éviter les histoires d'abus sexuels. Mais il y a peu, l'émission Bookmakers d'Arte a reçu Frédéric Martin, éditeur qui a largement contribué à la sortie de la traduction française, réalisée par Nathalie Castagné. Il a dit énormément de bien du roman, et il a fait le lien avec Le Guépard de Lampedusa, ce qui m'a donné envie de sauter le pas...

Bon, eh bien, je ne remercie pas beaucoup Frédéric Martin. Enfin, c'est bien que j'aie lu ce roman, car j'y ai trouvé du bon et que c'est bon pour ma culture. Mais ça n'a pas été une partie de plaisir.

Déjà, l'édition italienne, chez Einaudi, fait la bagatelle de 540 pages au grand format, et ce dans une police correcte, mais pas franchement gigantesque. Il faut donc prendre du temps pour ce livre. Heureusement, je l'avais emporté en vacances, et j'ai pu lire les trois premières parties dans d'excellentes conditions, de l'ordre de cent pages par jour, quatre jours d'affilée. La quatrième partie, en revanche, a été étalée sur quatre ou cinq jours, ce qui a contribué à mon désintéressement final.

Ensuite, le début est très dur et sexuel d'une manière qui ne m'a pas plu, même hors viol. Attention: je vais vous résumer les trois premiers chapitres pour que vous compreniez le choc. Si vous êtes comme moi, il est peu probable que ça vous plaise.

Chapitre 1: Modesta naît le 1er janvier 1900 dans une famille sicilienne pauvre. Sa sœur ainée a visiblement un problème mental; quand leur mère s'absente, il faut l'enfermer dans les toilettes, où elle hurle en continu jusqu'au retour de maman. (À ce stade, je blêmissais déjà, et ce n'était que la première page.) Lorsqu'elle a quatre ou cinq ans, Modesta découvre, tandis qu'elle écoute les hurlements de sa sœur enfermée, qu'elle peut se donner du plaisir en se touchant "là où sort le pipi". (Alors là, moi...)

Chapitre 2: À neuf ans, Modesta se fait faire un cunnilingus par un garçon plus âgé qu'elle avec qui elle est amie. C'est tout à fait volontaire, pas du tout un viol. (Mais moi, là...)

Chapitres 3 et 4: Le père de Modesta, qui a disparu depuis qui sait quand, vient rendre visite à son ex. Découvrant qu'il a une jolie fille de neuf ans, il enferme la mère et la sœur ainée aux toilettes, puis déshabille Modesta et fait des commentaires sur son corps, et notamment ses seins, dont les tétons sont de la même couleur que ceux de sa sœur (à lui) au même âge. (Moi: un vaste horizon d'horreur s'ouvre à moi. Le gars espionnait-il sa sœur quand elle avait neuf ans, pour connaître la couleur de ses tétons? L'a-t-il violée?) Puis il viole Modesta, évidemment. Dans le chaos, la maison brûle; la mère et la sœur ainée meurent dans l'incendie, le père disparaît dans la nature et Modesta est recueillie dans un couvent.

Bon, là, mon cerveau était une loque et je me suis sérieusement demandée si j'allais continuer. En plus, la rédaction n'est pas facile à suivre: Modesta, qui est narratrice, parle d'elle-même à la première personne, mais aussi à la troisième, ce que je trouve très déstabilisant; elle est désincarnée/lyrique/rêveuse dans certaines descriptions, et il faut un peu comprendre de quoi elle parle, chose que j'ai beaucoup de mal à faire. Au final, la présence ponctuelle du sicilien, que je redoutais, était le moindre de mes problèmes.

Mais comme je suis très complétiste, j'ai poursuivi ma lecture. Modesta s'est révélée une manipulatrice et une meurtrière, ce qui a contribué à ma mauvaise opinion d'elle. Malgré tout l'amour qu'elle affirme éprouver pour les autres, elle ne pense pas beaucoup à eux tandis qu'elle grimpe les échelons au sein d'une famille noble et riche; elle n'hésite pas à coucher avec le père de sa première amante, puis avec le fils de celui-ci le lendemain de son enterrement (!!), mais aussi à marier ladite première amante à son deuxième amant. Elle laisse tranquillement se marier des gens dont elle sait (et surtout dont elle est la seule à savoir) qu'ils ont des liens de parenté. Le roman se remplit vite d'innombrables enfants issus des croisements les plus improbables, que j'ai renoncé à retenir. 

Alors, 540 pages de torture, vous demandez-vous? Eh bien, aussi étonnant que ça puisse paraître, non. Car j'ai aussi été happée par l'histoire et ce ton particulier, qui vient tout droit de l'intime et mélange ressentis et faits. Certains personnages secondaires sont formidables (la grand-mère tyrannique, le premier amant, la compagne de cellule) et j'ai vraiment aimé les rencontrer. L'histoire de la Sicile et de l'Italie qui se devine en filigrane est très bien décrite; on voit, dans des petites choses à peine perceptibles, toute la montée du fascisme, puis ces années dures, jusqu'à la guerre qui fait rage sur le continent. Et bien que Modesta soit un exemplaire fort peu recommandable de l'humanité à mes yeux, elle a quelque chose d'irrésistible dans sa force de caractère incroyable. Partie de rien, elle parvient à se faire une situation enviable financièrement (pour cela, il lui faut épouser un héritier riche et trisomique qui n'a aucune idée de ce qui lui arrive, mais elle n'est pas à ça près...) et elle s'ouvre aux idées communistes et anarchistes par la lecture jusqu'à devenir une figure respectée du communisme sicilien – ce qui lui vaudra d'ailleurs de finir dans une prison fasciste pendant la guerre. Et surtout, elle mène sa vie comme elle l'entend, notamment en couchant avec qui elle veut, hommes comme femmes. Moi, les coucheries à répétition ne m'intéressent pas beaucoup, et je me suis dit plus d'une fois que ce roman aurait plutôt dû s'appeler "L'art de l'orgasme", mais c'est indéniablement une figure forte et hors de l'ordinaire au sein d'une société encore bien corsetée (et elle s'efforce de transmettre cette force aux filles de la famille, de ne pas les élever différemment des garçons, ce que je trouve bien, et particulièrement éclairé de la part de Goliarda Sapienza qui a écrit ce roman de 1967 à 1976).

Outre que sur son parcours éditorial (manuscrit refusé en Italie, publication posthume, redécouverte à l'étranger), je pense que le succès du roman repose en grande partie sur ce combo "figure féminine plus grande que nature et fresque historique".

Et le lien avec Le Guépard, alors? Hmm, il n'est pas très net, selon moi, à part qu'il s'agit d'une fresque familiale sicilienne (ce qui est déjà beaucoup, me direz-vous). Le Guépard raconte plutôt, avec désenchantement mais aussi une certaine neutralité politique, l'échec d'un changement de régime et le déclin d'une société, et il se concentre sur la tristesse du temps qui passe; L'Art de la joie est résolument antifasciste, même si les communistes en prennent pour leur grade aussi, et se concentre sur la force de vivre d'un personnage que rien ne peut arrêter. Deux visions du monde qui s'opposent, en quelque sorte.

vendredi 25 août 2023

The Amateur Emigrant (1895)

En 1879, environ un an après sa randonnée dans les Cévennes en compagnie de l'ânesse Modestine, dont je vous ai déjà parlé, Robert Louis Stevenson a entrepris de rejoindre la femme qu'il aimait en Californie, où elle s'occupait de divorcer de son premier mari. Pour cela, il a traversé l'Atlantique en bateau, puis les États-Unis en train. Ce sont ces deux récits que Penguin réunit sous le titre The Amateur Emigrant dans cette édition. Apparemment, il existe une troisième partie sur le séjour en Californie, mais je ne sais plus pourquoi elle n'est pas présente ici. Quoi qu'il en soit, le récit complet n'est sorti que bien plus tard, en 1895, après la mort de l'auteur (survenue aux Samoa, soit bien loin de son Écosse natale).

From The Clyde to Sandy Hook

Cette première partie raconte le trajet en paquebot de Glasgow, ville où coule la Clyde, jusqu'à New York. Je ne sais plus pourquoi le titre mentionne Sandy Hook, qui se trouve au New Jersey, en face de New York, car je crois que Stevenson a bel et bien débarqué dans le port de New York. Quoi qu'il en soit, il a voyagé en deuxième classe (la "second cabin"), mais il a passé la plupart de son temps avec les passagers de l'entrepont (le "steerage"), ce qui donne lieu à de multiples descriptions de personnages (d'où ils viennent, qu'est-ce qu'ils attendent des États-Unis) et de situations (comment s'organise leur quotidien, présence de la musique et des jeux, répartitions  des nationalités dans les dortoirs, comment se cachent les clandestins). C'est l'émigration des pauvres qui cherchent une vie meilleure, et ça résonne fort avec cette même thématique dans le monde moderne. Il est évident que Stevenson est du côté des pauvres ères et non des riches et lointains passagers de première classe. Tout ceci rappelle évidemment très fortement Titanic, sauf que le Devonia n'a pas rencontré d'iceberg. 😆

Across the Plains

Après une journée pluvieuse (et bien merdique, si je me souviens bien) à New York, Stevenson a pris place dans un train d'émigrants afin de rejoindre San Francisco. Il était possible depuis peu de traverser l'ensemble du pays, d'une côte à l'autre, en train, car les voies ferrées de l'est et de l'ouest s'étaient rejointes, et des trains étaient affrétés spécialement pour les émigrants.

Commence alors un long trajet d'au moins une semaine, si je me souviens bien, dans des paysages très diversifiés. Les passagers sont répartis par genre ou par nationalité: les hommes dans des wagons dédiés, les femmes et les enfants dans d'autres, et... les Chinois à part. Les services à bord sont très limités et il n'y a pas de lits (il faut déplacer les banquettes pour s'allonger au sol, si j'ai bien compris). Cette partie est encore plus politique que la première, car Stevenson parle ouvertement de discrimination et de racisme. Par exemple, les arrêts permettent aux passagers de sortir manger en gare ou d'acheter de la nourriture aux locaux, mais le train n'annonce pas à l'avance qu'il redémarre! Tant pis si les émigrants restent en route! Ils doivent donc toujours garder un œil dessus et courir s'ils voient que ça y est, il démarre... Et un chapitre entier est consacré aux mépris des Blancs envers les Chinois et les Amérindiens, dont Stevenson prend la défense.

Un passage m'a marquée: tandis que leur train progresse vers l'ouest, l'horizon de l'espoir, il transporte aussi bien des émigrants venus de l'est – à savoir de l'Europe ou de la côte est des États-Unis – que des émigrants venus à l'origine de l'ouest – à savoir de la Chine. Ce sont toutes les misères du monde et tous les rêves qui se réunissent, car il n'y a pas d'El Dorado:

"Hungry Europe and hungry China [...] had come here face to face. The two waves had met; east and west had alike failed; the whole round world had been prospected and condemned; there was no El Dorado anywhere; and till one could emigrate to the moon, it seemed as well to stay patiently at home."

Et tandis qu'il file vers l'ouest, leur train croise des trains tout aussi remplis qui voyagent en sens inverse. Ce sont les émigrants déçus qui ont laissé tomber le rêve américain...

Alors que j'étais bien plus intéressée par Voyage dans les Cévennes avec un âne, vu qu'il y avait un âne, c'est ce récit de voyage-ci que j'ai le plus aimé. Le fait que je l'aie lu entièrement en vacances, et donc de manière plus resserée que son prédécesseur, que j'avais commencé à un rythme d'escargot, a sûrement joué. Il y a aussi, peut-être, mon intérêt pour le voyage en train, mon moyen de transport préféré. Quoi qu'il en soit, il était très intéressant d'en apprendre plus sur l'immigration aux États-Unis vers la fin du XIXe. L'histoire humaine est un éternel recommencement...

Livres de l'auteur déjà chroniqués sur le blog
Travels With a Donkey Through the Cévennes (1879)
Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde (1886)

dimanche 20 août 2023

My Cousin Rachel (1951)

Après la mort de ses parents, Philip Ashley est élevé par son cousin Ambroise Ashley, célibataire endurci. Les deux hommes vivent dans une grande et belle demeure des Cornouailles, dont le personnel est entièrement masculin. Hélas, la santé d'Ambroise décline et le médecin lui recommande de changer de climat. Ambroise part donc en Italie une partie de l'année. Mais un jour, il annonce dans ses lettres qu'il a rencontré une femme, une Italo-anglaise liée de loin à leur famille... Puis qu'il l'épouse!! Philip tombe des nues et développe une violente jalousie envers cette inconnue, cette Rachel qui a rompu son lien privilégié avec Ambroise.


Couverture de l'édition Virago, que j'ai lue.

Puis le ton des lettres d'Ambroise change. Rachel devient une figure mystérieuse et fourbe, indigne de confiance, et Ambroise va jusqu'à l'accuser d'essayer de le tuer... Après avoir reçu une lettre particulièrement inquiétante, Philip se précipite en Toscane – un voyage qui prend pas moins de trois semaines à l'époque, avant les transports modernes – mais il arrive trop tard: Ambroise est mort, et Rachel a disparu dans la nature.

Le cœur brisé, plus plein de haine que jamais envers cette femme honnie, Philipp repart en Angleterre. Et là, quelque temps plus tard, Rachel, la veuve éplorée, débarque.

À partir de là, Daphnée du Maurier développe une histoire plein de mystère comme elle en a le secret. Rachel est charmante, adorable même. Elle semble sincèrement peinée par le décès d'Ambroise et elle ne réclame pas le moindre sou, acceptant sans un murmure que feu son mari ne lui ait rien laissé dans son testament. Elle se rapproche de Philip, qui est totalement sous le charme, mais sans jamais profiter de lui. Alors, pourquoi Ambroise, après l'avoir épousée, l'a-t-il soupçonnée du pire?

Il vous faudra lire ce roman brillant pour percer l'énigme – ou essayer. Pour ma part, je l'ai dévoré en faisant de mon mieux pour prêter attention au moindre détail, dans l'espoir de trouver la bonne interprétation, et si la fin ne m'a pas bluffée comme celle de Rebecca, j'ai néanmoins trouvé l'ensemble excellent et mené d'une main de maîtresse. Le seul petit bémol, c'est que Philip est impulsif et parfois agaçant, d'autant qu'il est le narrateur et est donc omniprésent.

Daphnée du Maurier était vraiment une grande écrivaine! Elle écrivait merveilleusement bien et savait créer des personnages complexes, pleins de couches et de contradictions. Quant à la vie à la Downton Abbey dans une riche maison des Cornouailles, c'est tout simplement à tomber...

Livres de l'autrice déjà chroniqués sur ce blog
L'auberge de la Jamaïque (1936)
Rebecca (1938) (adapté en 1940 par Alfred Hitchcock)