mardi 27 février 2024

Pourquoi être heureux quand on peut être normal (2011)

Chronique express!

J'ai repéré cette autobiographie de Jeanette Winterson chez Vert puis chez le Dragon galactique et j'ai profité de la possibilité de l'emprunter à cette dernière pour la lire. Malheureusement, ça n'a pas pris du tout. Il y a certes un intérêt indéniable à plonger dans une ville du nord de l'Angleterre pendant les années soixante et soixante-dix, car ça fait relativiser le modernisme de l'Occident. Par exemple, quand Jeanette Winterson était petite, les toilettes étaient dehors. Je trouve que la partie du monde qui se considère comme le summum de la civilisation a, collectivement, bien oublié que certains logements n'avaient pas de toilettes en intérieur il y si peu de temps. J'ai aussi apprécié que l'autrice souligne que l'Église très rigoriste dont faisait partie sa mère était à la fois capable d'interdire tout plaisir ET de réunir des gens très gentils qui partageaient d'authentiques bons moments en faisant des pique-niques, ce qui met un peu de nuances dans un milieu souvent présenté comme monolithiquement négatif. Et à la fin, la recherche de sa mère biologique est assez prenante.

Mais dans l'ensemble, j'ai trouvé que le propos était affreusement déprimant, et ce d'une manière défaitiste qui empêchait d'en tirer quoi que ce soit: Jeanette Winterson a été adoptée par une femme pleine de névroses et odieuse et par un homme plus qu'effacé, son enfance a été horriblement malheureuse, on l'a punie pour son homosexualité, personne ne lui a donné d'amour alors elle n'a jamais appris à en donner, elle est devenue à son tour une femme au caractère colérique et épouvantable, mais c'est en quelque sorte inévitable vu les éléments précités... En gros, je n'étais pas du tout pressée de la retrouver jour après jour. Le livre est traduit de l'anglais par Céline Leroy, que je n'envie guère d'avoir passé un certain temps au contact le plus étroit possible avec cette autrice (🤣), mais qui s'en sort tout à fait bien.

Allez donc voir ailleurs si cette normalité y est!
L'avis de Shaya
L'avis de Tigger Lilly
L'avis de Vert

jeudi 22 février 2024

A Psalm for the Wild-Built (2021)

Une nouvelle série par Becky Chambers, c'est bien sûr un événement pour celles et ceux qui apprécient cette autrice! J'ai la chance d'avoir un ami qui a du goût et qui m'a offert les deux romans de la série Monk & Robot. (Je croyais qu'il y en avait trois en tout, mais non. Snif.)

Le premier, A Psalm for the Wild-Built, raconte l'histoire de Dex. Dex est moine de son état, mais son quotidien ne lui parait plus satisfaisant, pour qui sait quelle raison. Alors, Dex décide du jour au lendemain de se consacrer au thé. Ces moines-là vont de village en village, proposent du thé en fonction de ce que le client leur raconte et prêtent une oreille attentive à ses problèmes. En gros, leur travail est à mi-chemin entre la cérémonie du thé et la séance de psy. J'ai adoré le concept!

Dex excelle dans ce travail, mais la sérénité ne vient pas pour autant... Alors, un jour, face à l'appel d'un monde inconnu, Dex décide de quitter la route menant au prochain village et de passer dans les terres sauvages, celles que l'humanité a laissées aux autres espèces après un grand changement de civilisation.

Et là, Dex tombe sur un robot.

Ce court roman – une novella, je suppose – ou un gros Amélie Nothomb pour prendre les romans de cette autrice belge comme unité de mesure – est délicieux. Déjà, ça commence avec un personnage qui fait du thé pour remonter le moral des gens, ce qui est quand même extraordinaire. (On pourrait limite s'étonner qu'il n'y ait pas une vague de démissions et d'ouvertures de salons de thé ambulants dans la foulée de la publication!) Ensuite, Becky Chambers brasse comme toujours quantité de thèmes importants qu'elle tisse au quotidien de ses personnages: rôle de chacun dans la société, sens que l'on peut donner à sa vie, rencontre de l'autre quand il est résolument différent de soi. Et elle donne à voir un univers où les choses se passent mieux que dans notre monde. J'adore. J'adore. J'adore. J'adore les gens qui réfléchissent aux alternatives au lieu de critiquer avec aigreur. C'est tellement facile de critiquer et c'est tellement efficace pour se donner bonne conscience et prendre la pose, mais réfléchir à un monde enviable et nous prendre par la main pour nous y emmener, c'est tout à fait autre chose.

Vous avez peut-être remarqué que j'ai beaucoup écrit "Dex" dans ce billet. En effet, j'ai cité le nom du personnage de multiples fois au lieu de le remplacer par un pronom. Cela est dû au fait que ledit personnage n'est pas genré en anglais. Le pronom utilisé pour en parler est "they", un point grammatical très utile pour ne pas se prononcer précisément sur une personne. Pour ma part, j'ai clairement vu notre protagoniste comme un homme, sans doute en raison de son statut de moine et de ses robes orangées ou rouges qui m'évoquent les moines boudhistes, tous des hommes. Mais j'ai bien pris garde à tourner toute cette chronique pour ne jamais dire "Dex est content", "Dex est contente" ou (horreur à laquelle je ne m'habituerai probablement jamais) "Dex est content.e". Notez, par exemple, que je n'ai pas écrit "Dex, un moine, fait tel truc", mais "Dex, moine de son état, fait tel truc". 💡 Qu'est-ce que la traductrice française, Marie Surgers, a dû galérer pour tenir l'exercice sur tout un roman et pas juste sur une courte chronique... 😅

Je me réjouis de lire la suite. Pas tout de suite, pour faire durer le plaisir de l'attente. Mais je me réjouis.

#BeckyRules

Livres de l'autrice déjà chroniqués sur le blog
Suivez le guide!

Allez donc voir ailleurs si ce psaume y est!
L'avis de Baroona
L'avis de Grominou
L'avis de Yuyine

samedi 17 février 2024

Les Prénoms épicènes (2018)

Chronique express!

Attablée dans un café, Dominique est abordée par un parfait inconnu, un certain Claude, visiblement tombé sous le charme. Ils se fréquentent et ne tardent pas à se marier et à quitter leur province pour Paris, où Claude est chargé du développement de sa société. Le mariage se révèle vite très creux, mais Dominique se console grâce à sa fille, nommée Épicène. Épicène constitue l'élément le plus remarquable de ce roman (fort court, comme toujours chez Amélie Nothomb): elle est ultralucide dès son plus jeune âge et ultra-intelligente, et elle voit son père pour l'enfoiré qu'il est et le déteste. Je l'ai donc adorée. 😊 L'intrigue est en réalité axée sur autre chose, dont je ne parlerai pas ici pour ne rien divulgâcher (petit reproche: la réponse à l'énigme étant dans les trois premières pages, je trouve que le roman est trop facile à deviner, mais peut-être que l'autrice ne voulait aucunement en faire un roman à mystère ou à suspense, en fait, et que ça lui allait très bien comme ça), mais c'est bien cette charmante Épicène qui m'a marquée. J'aime bien Amélie Nothomb pour l'espèce de cruauté mordante et gentille à la fois (oui, c'est paradoxal, je sais!) avec laquelle elle observe le monde, ainsi que pour sa verve littéraire et ses dialogues délicieux. Tout est réuni ici pour en faire un Nothomb qui ne brille certes pas autant que Hygiène de l'assassin, mais qui se défend fort bien dans sa bibliographie!

Livres de l'autrice déjà chroniqués sur le blog
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lundi 12 février 2024

Du Rififi à Wall Street (2020)

Dans Roman américain, Antoine Bello mettait en scène un journaliste, Vlad Eisinger, qui abordait dans ses articles la pratique du life settlement. Dans l'avant-propos de Du Rififi à Wall Street, ce même Antoine Bello, qui figure en couverture comme simple traducteur, nous annonce qu'il a reçu le présent manuscrit, inachevé, par mail de la part de son ami Vlad Eisinger sans un mot d'explication. Perplexe, il a essayé de le contacter, seulement pour découvrir que Vlad est porté disparu depuis quelques jours. Il en est donc venu à la conclusion que celui-ci l'a désigné comme exécuteur littéraire et souhaite que le présent roman (inachevé, donc) soit publié même si l'auteur a disparu des radars.

Donc. Antoine Bello, qui existe réellement (enfin, je crois 😅), nous annonce que c'est son ami Vlad Eisinger, qui est pourtant un personnage d'un de ses romans, qui lui a envoyé le présent roman. Et c'est sous le nom de celui-ci que Gallimard le publie, Bello n'étant crédité qu'à la traduction. C'est délicieusement "belloïen", car cet auteur, pour le peu que j'en ai vu, aime bien brouiller les pistes entre réalité et invention.

Le roman en question est écrit à la première personne. Vlad Eisinger y raconte comment, après avoir lâché le journalisme pour se consacrer uniquement à l'écriture et avoir échoué à en tirer un revenu digne de ce nom, il accepte d'écrire la biographie du patron d'un gros groupe télécom. Ce projet ne l'intéresse guère, mais a le mérite d'être payé, ce que son agente trouve tout particulièrement intéressant. Sauf que Vlad a très envie d'inventer quelques trucs dans cette biographie. Effaré, le patron met fin au projet. Furieuse de ce sale coup que Vlad lui a joué, son agente le place sur un autre projet: écrire un polar très codifié pour une collection pas très raffinée. Là aussi, le projet a le mérite d'être payé, ce qui permet à l'agente de se rémunérer (et pas qu'un peu 👀) malgré l'échec du projet de biographie.

Et là, Vlad a une idée: il va écrire l'histoire d'un écrivain fictif, Tom Capote, qui est embauché pour écrire la biographie d'un gros patron – mais dans un tout autre domaine, le pétrole –, découvre qu'il y a des entourloupes au sein de la société dudit patron et va devoir échapper aux tueurs lancés à ses trousses.

Le roman alterne donc entre le récit de Vlad, qui décrit son processus créatif et commente son travail, et des extraits du roman qu'il écrit.

"Ma prose, lourde et sans vie, me renvoyait au constat accablant de ma médiocrité. Et quand, par miracle, une phrase trouvait grâce à mes yeux, il me suffisait d'ouvrir Flaubert ou Kafka pour mesurer ce qui me séparait du véritable talent."

(Ouhouh, c'est l'histoire de ma vie, ça!)

J'ai lu l'essentiel de ce roman par une nuit d'insomnie monstre – je me suis réveillée vers 1 h 20 et j'ai vérifié l'heure pour la dernière fois à 5 h 10, après quoi je me suis enfin endormie 😅 – et je l'ai trouvé absolument passionnant. Le fait que Vlad écrive un roman sur une histoire tirée de sa propre expérience est très amusant, le processus de création d'un roman qu'il juge à la base très bas de gamme est à la fois prenant et amusant, il y a de l'humour, les petites combines toujours parfaitement légales des entreprises sont édifiantes, et bien sûr la frontière entre réalité et fiction se brouille encore plus à la fin – car le roman de Vlad a un succès fou, suite à quoi Vlad commence à avoir des ennuis ressemblant étrangement à ceux de son personnage, Tom Capote!! Et bien sûr, la question du début demeure: pourquoi a-t-il fini par écrire un roman sur son roman et par l'envoyer, inachevé, à son ami Antoine Bello?

Bien que j'aie préféré Roman américain, ce Rififi à Wall Street était un pur régal, un jeu avec le lecteur parfaitement maîtrisé. Antoine Bello (s'il existe réellement! 😂) est décidément très, très fort!

Autres romans de l'auteur déjà chroniqués sur le blog
Roman américain (2014)
Ada (2016)

Allez donc voir ailleurs s'il y a du rififi ailleurs qu'à Wall Street!
L'avis de TmbM

mercredi 7 février 2024

Anarchy in the UKR (2005)

Fin 2022, au festival VO/VF de Gif sur Yvette, je découvrais Serhiy Jadan, écrivain et musicien ukrainien (ou plutôt, je le redécouvrais, car j'avais écouté un podcast qui l'évoquait quelques mois plus tôt – mais j'avais tout oublié, évidemment). J'ai adoré son groupe, Жадан і Собаки (ça se prononce "Jadane i cabaki" et ça signifie "Jadan et les chiens"), et j'ai eu très envie de lire ses livres. Hélas, ce Anarchy in the UKR, qui est traduit de l'ukrainien par Iryna Dmytrychyn et dans lequel Jadan raconte un roadtrip dans l'est du pays en 2005, m'a complètement laissée sur le carreau.

La couverture aurait peut-être dû me mettre la puce à l'oreille... 😁

"Il y a environ un an, j'ai dit dans une interview que je voulais faire un livre sur l'anarchisme. Je ne me souviens plus aujourd'hui pourquoi j'ai dit ça, je n'avais aucune envie à l'époque d'écrire sur l'anarchisme, mais ce n'est tout de même pas une raison pour ne pas le faire. Du reste, quelqu'un doit bien écrire sur le sujet, alors pourquoi pas moi?"

(On dirait du Emmanuel Carrère. 🤣)

Arrêts de bus dans un état pitoyable, gares désertes, vodka, silos dans la campagne... L'Ukraine que raconte Jadan ne fait pas envie, ni en 2004, quand les étudiants manifestent pendant la révolution orange, ni quand il était petit en URSS (Jadan est né en 1974 et a donc connu le communisme). Attendre le bus toute la nuit dans un abri sale de vomi, de sang et de sperme, ça fait en effet très punk – le titre du livre est une référence évidente au "Anarchy in the UK" des Sex Pistols –, mais ça fait punkément classe pour un homme; pour moi, qui suis une femme, c'est une version parmi d'autres de l'enfer sur terre. D'ailleurs, il n'y a quasiment pas de femmes ici, juste quelques vieilles retraitées qui gueulent et des petites amies ou conquêtes d'un soir qui n'ont pas de nom... Quant au propos politique, je n'ai rien compris. J'ai vraiment lu tout le livre en ne comprenant rien, tant parce que je manque cruellement de références culturelles, historiques et politiques (et que les notes de la traductrice ne m'ont pas suffi) que parce que Jadan suit le fil de sa pensée dans une logorrhée interminable qui m'a semblé avoir peu de structure. Il boit beaucoup d'alcool, ça j'ai compris...

La dernière partie m'a plus plu, car Jadan y présente dix chansons qu'il voudrait qu'on joue à son enterrement (dont "Anarchy in the UK", évidemment!) et raconte les souvenirs qu'il y associe. Bon, on ne peut pas dire que je me sois retrouvée dedans, ni dans ses choix musicaux ni dans ses souvenirs, mais, au moins, j'avais un petit bagage culturel à partager avec lui. 😄

Dans cette édition de la maison Noir sur Blanc, Anarchy in the UKR est suivi de Journal de Louhansk, que Jadan a écrit en 2014, lorsque la guerre civile a commencé dans l'est de l'Ukraine et qu'il a voyagé dans une atmosphère étrange de guerre-mais-pas-vraiment. J'ai un peu mieux cerné le contexte ici, mais j'ai quand même été bien larguée...

Une grosse déception, donc. Je tenterai peut-être autre chose de lui un jour, mais en feuilletant avant d'acheter ou de demander en cadeau, hihi. En attendant, je retourne écouter le monsieur et ses chiens – car musicalement, j'adore, c'est certain! 💛💙

vendredi 2 février 2024

La gamelle de janvier 2024

Au cinéma, l'année 2024 a commencé sur les chapeaux de roue: huit séances, et que du bon! Un exploit quantitatif que je n'ai pas accompli depuis longtemps et un régal qualitatif. Notons une forte présence de la production française, avec trois films aussi différents que faire se peut mais très réussis.

Sur petit écran

Pas de film.

Sur grand écran

Winter Break d'Alexander Payne (2023)

Une belle comédie humaine sur un vieil enseignant aigri et un lycéen un peu paumé. L'évolution des personnages a quelque chose de classique, mais le film est porté par un décor fort sympathique – un lycée de riches sur la côte est des États-Unis – et un Paul Giamatti irrésistible en vieux schnock plein de formules assassines ("vous êtes le cancer du pénis fait homme" 🤣🤣🤣). J'ai adoré.

Les trois mousquetaires. Milady de Martin Bourboulon (2023)

J'avais déjà vu ce film en décembre, et ce deuxième visionnage en compagnie d'un groupe d'amis a été très plaisant. Il y a décidément quelques scènes très réussies (la vue de la colonne de soldats marchant vers la Rochelle quand Athos prend d'Artagnan sur son cheval; Athos marchant vers le pilori sur la plage). Connaissant la fin, j'ai prêté plus attention à quelques détails qui permettent à l'intrigue de progresser et j'ai trouvé ce scénario pas mal du tout, d'autant plus qu'il réussit à unir plusieurs intrigues et situations en une durée relativement resserrée (1h55).

Le Monde de Charlie de Stephen Chbosky (2012)

J'ai revu avec plaisir ce film qui était en tête de mon bilan cinéma 2013 et dont je gardais un souvenir émerveillé (quelle satisfaction de le voir aujourd'hui rejoindre la sélection UGC Culte! 🤩). Je l'ai moins apprécié cette fois-ci, l'ayant trouvé un peu propret, avec l'éternel contexte des gosses de riches qui vivent dans des maisons-palaces et sont tous très beaux et un peu lisses malgré les efforts de caractérisation. Mais il brasse beaucoup de thèmes avec justesse et réconforte bien la pauvre ado paumé qui traîne au fond de moi. "I can see it. The one moment you realize you're not a sad story." ❤

À noter: j'ai aussi beaucoup aimé le roman dont est tiré ce film, mais j'avais totalement oublié que le réalisateur était aussi l'auteur et s'adaptait donc lui-même!

Le Règne animal de Thomas Cailley (2023)

Une sacrée claque, une petite merveille visuelle et humaine pleine de sujets graves, d'émotions et d'humanité, avec des acteurs tous très bons, au premier rang desquels Paul Kircher qui joue un rôle pas facile du tout (mais j'ai aussi beaucoup aimé Romain Duris, que j'ai beaucoup aimé en Aramis dans Les Trois Mousquetaires, et Adèle Exarchopoulos que je n'avais jamais vue et que j'ai retrouvée lors de ma séance suivante). J'ai adoré, qu'est-ce que j'ai bien fait d'aller le voir (et quel dommage que je ne l'aie pas vu en 2023: il aurait clairement été en tête de mon top de l'année!!).

Je verrai toujours vos visages de Jeanne Herry (2023)

Un film sur la justice restaurative, qui consiste à mettre en contact des victimes et des agresseurs, soit en face à face soit au sein d'un groupe de parole (et sans forcément qu'il s'agisse des couples victime-agresseur: les groupes de paroles réunissent des gens qui n'ont pas de lien direct entre eux). Une démarche à mi-chemin entre la séance de psychologie et l'accompagnement social, en somme. C'était une pure merveille, un bel hommage à tous les gens qui se démènent pour créer du lien social, pour remettre de l'humanité dans des situations affreuses et pour ALLER VERS L'AUTRE. J'en suis sortie enthousiaste et remuée à la fois. Bravo, bravo. Ici aussi, quel dommage que je ne l'aie pas vu en 2023, car il aurait été dans mon top de l'année.

L'Armée des douze singes de Terry Gilliam (1995)

Ce regard lumineux... 😅

Un excellent rattrapage pour ce film que je n'avais jamais vu. Je n'ai pas vraiment aimé, d'une part parce que ça parle de voyage dans le temps (même si d'une manière que je trouve à peu près compréhensible) et d'autre part parce que beaucoup de plans sont filmés en diagonale ou d'en bas, ce que je n'aime pas. J'ai aussi trouvé que le personnage féminin se convertissait à l'idée du voyage dans le temps de manière très radicale (le cheminement est compréhensible; son enthousiasme, moins) et que le personnage masculin était très mou. Mais c'est clairement un film parfaitement maîtrisé et très prenant, et il faut le voir juste pour Brad Pitt!!! 😱🤣

Godzilla Minus One de Takashi Yamazaki (2023)

Un film de monstres très réussi, avec un Godzilla balèze et dangereux à souhait et une Tokyo ravagée par la Seconde Guerre mondiale – à côté, l'Ukraine est en bon état. 🤯 Les thématiques propres au Japon sont nombreuses: échec de la guerre, pertes de proches, reconstruction sans armée sous la tutelle des États-Unis, et, bien sûr, menace nucléaire. La fin est trop heureuse à mon goût, mais j'ai a-do-ré. Quelle chance qu'il soit ressorti après sa première diffusion en décembre et que mon cinéma l'ait programmé. Si je l'avais vu en 2023, il aurait terminé dans mon top de l'année, lui aussi!

The Iron Claw de Sean Durkin (2023)

Un film de catch qui m'a fortement rappelé Foxcatcher de Bennett Miller (mon avis de l'époque ici): dans les deux cas, un acteur révélé par des films gentillets – des films de danse pour Channing Tatum, High School Musical pour Zac Efron – se retrouve avec un rôle ultraphysique de lutteur dans un film qui respire tout sauf la sérénité. 😅 Ce film-ci retrace le parcours des quatre frères Von Erich, fils d'un catcheur et catcheurs eux-mêmes, célèbres durant les années quatre-vingt mais fauchés les uns après les autres par différents malheurs. Le principal malheur est justement leur papa catcheur, obsédé par l'idée de faire d'au moins l'un d'eux un champion du monde poids lourds. Le film décrit clairement un phénomène d'emprise, avec ce père tout-puissant à qui on obéit sans discuter. Ce n'est pas gai, mais il y a des passages entraînants et il s'en dégage une lueur d'espoir tout de même. J'ai l'habitude du catch car mon copain en regarde quotidiennement, mais je reste impressionnée par ce sport de dingues et complètement hors-normes – et donc par les acteurs, comme Zac Efron, qui se soumettent à un entraînement suffisant pour jouer un catcheur de manière réaliste. C'est totalement fou.

Du côté des séries

J'avance tranquillement la saison 3 de Dinosaures.

Et le reste

J'ai terminé le numéro 44 de la revue Équivalences, sorti en 2017 et consacré à la traduction théâtrale, que j'avais entamé en décembre. Je n'ai aucun intérêt personnel pour le théâtre, mais on m'a gentiment offert un exemplaire à la dernière assemblée générale de l'Association des traducteurs littéraires de France. C'était très intéressant. Parfois, les traducteurs qui causent de traductologie adooorent sortir des mots et des phrases pompeux et donnent surtout l'impression de se prendre trop au sérieux; mais dans l'ensemble, tous les traducteurs et traductrices ont partagé des expériences très intéressantes (traduire Shakespeare au Québec quand le Québec lutte pour son indépendance, c'est toute une histoire politique, par exemple!).

Dans la foulée, j'ai lu le dernier numéro de Translittérature, la revue de l'Association des traducteurs littéraires de France. Un numéro double qui marquait les cinquante ans de l'association. Avec des interviews et articles passionnants (Olivier Mannoni!! Corinna Gepner!! Peggy Rolland!! Jonathan Seror!!), il m'a mis dans un état d'enthousiasme encore plus marqué que d'habitude. Nous avons de la chance d'avoir l'ATLF et des bénévoles aussi motivés, qui donnent de leur temps pour défendre la profession. Le combat continue (et s'annonce plus violent que jamais à l'ère de la traduction automatique), mais le bilan de ces cinquante années montre que l'ATLF est bien là! 💪💪

Et sinon, j'ai lu deux Cheval Magazine: le numéro de janvier, que je n'avais pas pu lire fin décembre, et le numéro de février.

dimanche 28 janvier 2024

Bilan 2023 - Perso

Fin décembre, j'ai rédigé mon bilan de 2023. Il était négatif, ce qui n'était pas une surprise. Mais plus j'écrivais, et plus ma vision de cette année noircissait et plus je déprimais. Après une quinzaine de jours, j'ai donc décidé de réécrire ce bilan mais sous un autre angle: comme l'année dernière, "valoriser quelques actions que j'ai menées cette année et [en] garder une trace écrite, comme une preuve opposable à moi-même". Ou, en d'autres termes, "valoriser ce qu'il y a à valoriser". Il ne s'agit pas de se voiler la face ou de se lancer des fleurs. Franchement, 2023 m'a abattue et les miettes que j'en tire ne me semblent justement que cela, des miettes. Mais mieux vaut voir ces miettes que ne pas les voir. 😊

💸 Mon chiffre d'affaires a légèrement augmenté. C'est plutôt dû au hasard des paiements (un client m'a versé en décembre de l'argent que je m'attendais plutôt à recevoir en janvier, voire en février), mais c'est aussi dû au fait que j'ai travaillé dur. Et vu l'enfer financier des six premiers mois, où j'ai eu retard de paiement sur retard de paiement, et l'enfer global de cette année qui m'a coûté une fortune sur bien des plans, finir l'année en hausse est particulièrement appréciable.

✈ Cette hausse de chiffre d'affaires est d'autant plus appréciable que j'ai moins travaillé!!! Je comptabilise cent quinze jours de repos sur l'année. C'est toujours moins que les salariés, mais ça veut dire que j'ai l'équivalent de mes week-ends, plus dix jours!! 🥳🥳

💻 J'ai fait dix-sept heures supplémentaires sur TapTouche pour conforter mon apprentissage du clavier à dix doigts et gagner en vitesse. Franchement, j'aurais aimé faire deux fois plus; quitte à payer une deuxième année, mieux valait la rentabiliser, même s'il était évident que je n'aurais pas besoin de faire soixante-huit heures comme en 2022. Néanmoins, j'ai atteint l'objectif que je m'étais fixé: sur les tests de fin, qui durent d'une à trois minutes, j'ai atteint les soixante mots par minute, voire les soixante-quinze. C'est, bien sûr, une aide considérable dans mon travail. D'ailleurs, peut-être que le fait que mon chiffre d'affaires a augmenté alors que mes jours de travail ont diminué est aussi lié à ça, pas juste au calendrier de paiement de mes clients.

📚 J'ai fait quarante-sept heures de russe en face à face, soixante-quatre heures en solo sur Assimil et un nombre d'heures imprécisé sur le manuel papier. J'ai aussi écouté des podcasts et chanté des chansons. J'adore le russe et, bien que ça participe à essorer ce qu'il reste de mon cerveau, je suis très motivée. Mon niveau, en revanche, est toujours aussi faible: le test de fin de formation m'a attribué le niveau A1, soit le niveau le plus bas possible. Mais j'ai bon espoir d'être A2 lors du test de fin 2024.

👁 Mon sommeil s'est nettement amélioré grâce à l'hypnose. Le ratio s'est en quelque sorte inversé: je dors correctement la plupart du temps, avec peut-être deux-trois mauvaises nuits par mois (avant, j'étais insomniaque par défaut, et de temps en temps je dormais). J'ai malheureusement dû arrêter les séances en juin car je ne pouvais plus payer, et mon sommeil a recommencé à se dégrader en décembre (et a encore empiré en janvier); mais c'est quand même mieux qu'avant l'hypnose. J'espère pouvoir réinvestir en ce sens en 2024 pour éviter de revenir là où j'en étais avant.

🖋 J'ai continué scrupuleusement à écrire une ou plusieurs phrases de fiction tous les matins et tous les soirs; je n'ai raté le rendez-vous que trois soirs dans l'année. C'est bien. Malheureusement, l'émerveillement de la reprise est passé, et j'ai progressivement commencé à me dire que tout ça ne vaut pas grand-chose et ne va nulle part. Notamment, lors du premier anniversaire de la reprise, j'ai relu tout ce que j'avais écrit, et il ne s'en est rien dégagé. Il y a des choses que j'aime bien, mais rien n'en ressort. Ce n'est pas demain la veille que j'écrirai une histoire. Mais je peux valoriser mon autodiscipline. Je prends mon cahier d'écriture tous les matins et tous les soirs et quelque chose vient. Au pire du pire, j'écris trois mots sur un cheval. Avant, il n'y avait rien. Il vaut mieux avoir un petit quelque chose que rien.

🧘‍ J'ai fait plus de yoga que jamais. C'est vraiment devenu une habitude quotidienne. Depuis mai, les seuls jours où je n'ai pas fait de yoga sont ceux où j'étais à l'hôtel, dans des chambres non adaptées à la pratique (ce qui représente cinq jours en six mois – ça va). Et je continue la marche nordique, en solo en semaine et en groupe le samedi (ci-dessous, mon record de vitesse, annoncé par la montre du coach, que j'ai tenu à immortaliser dans mon agenda). Ça me prend énormément de temps et j'aimerais bien être une personne normale qui n'a pas besoin de tout ça; mais outre mon surpoids historique, j'ai des problèmes un peu partout (un genou, une épaule, le dos) qui m'obligent à être très régulière, et c'est une aide considérable pour pratiquer l'équitation, qui reste ma principale source de motivation. Là aussi, je peux valoriser mon autodiscipline: je prends mes bâtons presque tous les jours et je déroule mon tapis tous les jours pour investir du temps et de l'énergie dans ma santé physique (et pour faire six minutes de trot assis en concours de dressage sans mourir!).

😺 Pour conclure sur le truc le plus important de l'année, même si, une fois la peur passée, nous avons repris notre routine sans changement majeur: ma Reloue d'amour a été malade, mais elle a pu être soignée (et j'ai pu payer pour qu'elle soit soignée. J'ai pu payer même si j'avais déjà payé beaucoup de choses exceptionnelles. J'ai pu payer parce que je suis une fourmi qui met de côté tout ce qu'elle peut). Elle est là. C'est le plus important.

jeudi 25 janvier 2024

Bilan 2023 - Lectures

Après le bilan cinématographique, place au bilan des lectures de 2023!

Sur le plan de la quantité, il y a un recul: cinquante-quatre livres, contre soixante en 2022, cinquante-huit en 2021 et soixante-deux en 2020. Bon. Ça me saoule prodigieusement, d'autant que je n'ai pas ménagé mes efforts pour me discipliner et lire même quand je n'ai pas envie ou que je me sens trop fatiguée pour réfléchir. Mais bon. J'imagine que je peux attribuer la faute au fait que le russe me prend beaucoup de temps et que j'ai recommencé à utiliser Instagram cette année, et puis les trois quarts des gens en sont loin, et puis à un moment je ne peux pas TOUT faire, même moi... 😆😇

Sur le podium

 

1. L'Œuvre au noir de Marguerite Yourcenar

Franchement, c'était un peu une évidence; il semblait peu probable qu'un autre livre parvienne à la hauteur de celui-ci. Yourcenar était un génie. Notons qu'elle était déjà en tête de mon bilan de 2019 avec Mémoires d'Hadrien.

2. My Cousin Rachel de Daphne du Maurier

Là aussi, c'était une évidence. Notons que du Maurier était déjà en tête de mon bilan de 2021 avec Rebecca (ex-aequo avec Watership Down 🐰).

3. Après m'être bien cassé la tête, j'ai décidé de mettre en troisième position ex-aequo Les Flibustiers de la mer chimique de Marguerite Imbert, La Part de l'autre d'Eric-Emmanuel Schmitt et Roman américain d'Antoine Bello. Je n'arrivais pas à déterminer lequel méritait le plus de passer à la postérité dans ma propre mémoire, donc voilà...

Quelques classiques

J'ai lu quelques classiques qui manquaient à ma culture: Le Silence de la Cité d'Élisabeth Vornarburg, La Princesse de Montpensier et La Princesse de Clèves de Madame de Lafayette, Phèdre de Racine et La Ferme des animaux de George Orwell. J'ai également lu du Théophile Gautier (Récits fantastiques et Le Roman de la Momie) et relu Madame Bovary de ce bon vieux Flaubert, Le Jardin Secret de Frances Hodgson Burnett et le Hobbit de Tolkien.

Quelques lectures féministes

La Part des choses de l'extraordinaire Benoîte Groult, L'Évènement de l'incontournable Annie Ernaux, Nous crachons sur Hegel de Carla Lonzi, traduite de l'italien par Patrizia Atzei et Muriel Combes, et Madame Bovary de ce bon vieux Flaubert cité ci-dessus (en réalité, je pense qu'apposer ce qualificatif à ce roman est anachronique, mais il me semble très difficile de ne pas le penser ainsi, avec le recul).

Quelques valeurs sûres

Outre Théophile Gautier, que je connaissais et qui est déjà cité ci-dessus, j'ai lu un Becky Chambers, Record of a Spaceborn Few.

Une thématique asine

Deux lectures à longues oreilles sont venues égayer l'année: Travels with a Donkey in the Cévennes de Robert Louis Stevenson et Mémoires d'un âne de la comtesse de Ségur. Notons, en outre, qu'il y a également un âne dans La Ferme des animaux.

Le retour de l'italien

Enfin, enfin! J'ai relu Il Gattopardo et découvert I Racconti de Tomasi di Lampedusa, j'ai relu Il Colombre et Il deserto dei tartari de Dino Buzzati et je suis courageusement allée au bout de L'Arte della gioia de Goliarda Sapienza.

Et la pire à lire, dans tout ça?

Elle est passée de dix-sept livres à dix, ce qui est bien. La difficulté se pose dans le fait que cinq de ces livres n'en sortiront vraisemblablement jamais en raison de leur taille ou de l'ennui profond qu'ils m'inspirent. 😆

Du côté des revues

Outre mon fidèle Cheval Magazine (douze mensuels + un hors-série), j'ai lu en diagonale douze anciens numéros de Livres Hebdo et j'ai lu douze revues ou journaux autres, comme Bifrost et Le Monde Diplomatique. Étant donné que mon objectif est de lire une revue par mois en plus de Cheval Mag, c'est parfait. En plus, j'ai fini l'année avec une revue en cours mais aucune revue en attente (une pile à lire à zéro, quoi! 🤩). (Et pour ceux qui se poseraient la question: non, les revues ne comptent pas dans les livres de l'année.)

Du côté des BD

J'ai lu dix-sept ouvrages, ce qui me semble bien, même si c'est moins que d'autres années. Je ne suis pas une grande lectrice de BD, donc réussir à en caser plus d'une par mois dans un quotidien surchargé, c'est déjà très bien. Au 1er janvier, ma pile à lire BD comptait deux volumes. (Et pour ceux qui se poseraient la question: non, les BD ne comptent pas dans les livres de l'année.)

Et pour 2024?

J'espère évidemment réussir à remonter à soixante livres sur l'année, mais bon, qui sait. C'est tellement plus facile de lire une revue quand on est fatigué, et je suis fatiguée tout le temps. Mais j'y aspire, j'y aspire, parce qu'on si on n'aspire même pas à aller plus loin, c'est perdu d'avance. 😆

lundi 22 janvier 2024

Bilan 2023 - Cinéma

🎶🎶 Voici venu le temps 🎶🎶
🎶🎶 des beaux p'tit bilans, 🎶🎶
🎶🎶 Et comme tous les ans, 🎶🎶
🎶🎶 C'est d'abord le grand écran!! 
🎶🎶

🎶🎶

Tous les billets de 2023 étant sortis, il est temps de faire le bilan de l'année!

Numériquement, ça me va: je suis allée au cinéma quarante-et-une fois, ce qui est loin de mon rythme d'autrefois mais reste un vrai effort et – en toute modestie – pratiquement un accomplissement dans un quotidien bien rempli.

2017: 44 séances
2018: 41 séances
2019: 27 séances
2020: 21 séances
2021: 16 séances
2022: 40 séances
2023: 41 séances

En revanche, il n'y a pas eu grand-chose à se mettre sous la dent qualitativement parlant. Parmi les films sortis cette année, ne me semblent destinés à me marquer durablement que:

Suzume (et encore...)
Les Trois MousquetairesD'Artagnan et Milady
Spider-Man: Across the spider-verse
Barbie
❤❤❤ La Pat' Patrouille 2: la Super-Patrouille ❤❤❤

Eh ouais, le nouvel opus des Transformers n'aura pas réussi à se hisser dans mon top. C'était quand même bien oubliable. Quelle tragédie. Rendez-nous Michael Bay! 💪💪

Si j'ai passé une belle année cinématographique, c'est essentiellement parce que je suis allée voir des films sortis plus ou moins longtemps avant cette année: du très récent Avatar 2, sorti en 2022, au merveilleux Titanic jusqu'à la lointaine Fièvre du samedi soir en passant par l'excellentissime Pirates des Caraïbes. Les séances UGC Culte constituent dix-sept séances sur quarante-et-un, soit plus de 40%! Comme les films ne sont diffusés qu'une fois, je fais l'effort d'y aller pour ne pas rater la séance, et je ne me retrouve pas à renvoyer indéfiniment comme dans bien d'autres cas.

2024 a commencé sur les chapeaux de roue, avec sept séances sur les trois premières semaines, mais la tendance à la vieillerie semble se maintenir: seule une de ces six séances est une nouveauté, les autres étant des films de 2023 que j'ai revus avec des amis ou rattrapés grâce aux Incontournables UGC, ou bien des UGC Culte. Voilà. 😄

mercredi 17 janvier 2024

Les BD du quatrième trimestre 2023

Comme d'habitude, retour sur les lectures graphiques des trois derniers mois.

Un poney à Paris de Claire Braud (2021)

Bien qu'il soit complètement anecdotique si vous avez plus de trois ans, ce joli album sur Richie, un poney qui prend le train pour aller visiter Paris, est une bonne manière de faire découvrir la capitale française à un enfant. Je l'ai lu suite à un échange de commentaires sur le voyage en train et en compagnie d'un âne et il est vrai que l'image du poney qui regarde par la fenêtre du train est irrésistible. 🤣
Éditeur: L'École des Loisirs

Tout savoir en BD sur les dinosaures de Bombom Story (scénario) et Choi Woo-Bin (dessin et couleur), traduit du coréen par Hoyeon Lee (2015; 2023 pour l'édition française)

Deux enfants et un scientifique voyagent dans le temps et se retrouvent à l'époque des premiers dinosaures. Cette bande dessinée retrace toute l'époque des dinosaures – le Mésozoïque – et présente de nombreuses espèces, mais elle est très médiocre. La rédaction française n'est pas soignée et comporte même des fautes (le ton est donné dès la quatrième de couverture: "une soudaine tempête de sable les envoient à l'ère mésozoïque"); le contenu est parfois très bizarre ("Un nombre important de dinosaures étaient carnivores, mais beaucoup d'entre eux ont abandonné ce mode de vie reptilien primitif et sont devenus herbivores" 😂😵); et enfin, les dessins ne sont pas extraordinaires, tandis que les quelques représentations en images de synthèse sont franchement dégueulasses – il y a même un dinosaure qui est privé d'une de ses pattes arrière. Je suppose que l'éditeur français a acheté ce titre parce que les dinosaures se vendent bien, mais je suis étonnée qu'il l'ait publié dans de telles conditions.
Éditeur: Jungle

La Maison Blanche de Hérvé Bourhis (2020)

Cette Histoire illustrée des présidents des USA de George Washington à Donald Trump est passionnante, drôle et bien faite et constitue, avec ses très courts chapitres allant d'une à trois doubles pages par président, une excellente et instructive lecture à placer dans ses toilettes.
Note pour moi-même: il y a eu deux président portant le nom de Roosevelt: Theodore et Franklin D., le deuxième étant le neveu par alliance du premier. Je crois que je les confondais vaguement en un seul homme. 🙈
Éditeur: Casterman

Le petit guide des chats baroudeurs de Juno, traduit du japonais par Studio Mankai (2022; 2023 pour l'édition française)

Un merveilleux petit manga sur des chats qui partent en vacances à droite et à gauche au Japon. Tout est d'une mignonerie indécente et j'ai fondu d'amour sur chaque page. En plus, il y a des pages présentant un mets emblématique par ville du Japon, alors ça donne faim en plus d'être mignon!
Ce manga est traduit du japonais par Studio Mankai, sur qui j'ai trouvé peu d'informations. J'espère que c'est rémunéré en droits d'auteur et pas une combine de type agence de traduction pour faire passer la traduction d'édition en honoraires... 😣
Éditeur: Soleil Manga

Chatons contre dinosaures de Davy Mourier (scénario), Stan Silas (dessin) et Valérie Sierro (couleurs) (2019) et Chatons contre licornes de Davy Mourier (scénario), Stan Silas (dessin) et Magali Paillat (couleurs) (2020)

 

Imaginez ma stupéfaction quand j'ai découvert que Chatons contre dinosaures, que j'ai lue il y a (déjà 😱) quatre ans, avait eu une suite et que mon libraire ne m'avait rien dit. Ensuite, imaginez mon indignation quand il a refusé de me la commander, au prétexte qu'il ne la vendrait jamais une fois que je l'aurais lue. Heureusement, les médiathécaires de mon réseau ont bon goût et avaient acheté les deux tomes (et en plusieurs exemplaires, même!), alors je les ai réservés et j'ai relu le premier pour enchaîner sur le deuxième. C'est très drôle et disjoncté. Il fallait quand même y croire, pour monter un projet avec des chatons ninchats qui aident une petite fille à lutter contre des adultes se transformant en dinosaures puis contre d'adorables poneys licornes, deux dangers qui cachent en réalité un méchant extraterrestre, le tout se passant à Saint-Malo (oui, oui) (c'est ce je continue de trouver le plus fou dans cette BD, ça se passe à Saint-Malo 😂). Et la deuxième intrigue se résout à grand coups de pets, en plus. Dingue. Bon, je ne suis pas sûre qu'on puisse réellement apprécier si on est plus âgé que la protagoniste et si on n'a pas un parti pris radical en faveur des chats, comme moi, mais qui sait. Essayez et vous me direz.
Éditeur: Jungle.

Erreurs de génies. Histoires d'inventeurs qui ont raté pour réussir d'Agnese Innocenti (illustrations) et de Max Temporelli et Barbara Gozzi (textes), traduit de l'anglais par Lise Capitan (2022)

Un petit livre illustré racontant le parcours de plusieurs inventeurs passés par un long processus d'essais et d'erreurs avant d'arriver à leur grand œuvre. Ainsi, Edison aurait fait deux mille essais d'ampoules avant de parvenir à un modèle fiable. Parfois, il s'agit plutôt de bien exploiter un hasard, par exemple pour le four à micro-ondes (dont l'origine remonte à une barre de chocolat ayant fondu à proximité d'un radar) et l'ours en peluche (qui est l'évolution de pelotes à aiguilles en forme d'animal ^^). Moralité: gardons toujours les yeux ouverts et continuons à essayer même si ça ne marche pas.
Éditeur: Hachette Enfants

vendredi 12 janvier 2024

La gamelle de décembre 2023

Comme d'habitude, retour sur les activités culturelles du mois écoulé. C'est la dernière gamelle de 2023. Il y aura encore un récap trimestriel sur les BD, puis on passera aux incontournables bilans annuels!

Sur petit écran

Pas de film.

Sur grand écran

Le garçon et le héron de Hayao Miyazaki (2023)

Je ne peux pas vous en dire grand-chose, car j'ai beaucoup dormi. Le peu que j'ai vu ne m'a pas emballée, mais bon, ça ne veut rien dire. (Je précise que ce n'est pas le film qui m'a endormie: je me suis traînée au cinéma un jour de grande fatigue où j'aurais mieux fait de rester chez moi.)

Les Trois mousquetaires. Milady de Martin Bourboulon (2023)

Un deuxième chapitre très réussi malgré quelques petits défauts et l'apparition récurrente des seins d'Eva Green, dont on se passerait volontiers, cette actrice valant mieux que ça. La musique accompagne bien le souffle épique, il y a quelques plans très réussis et le réalisateur a bien compris le potentiel esthétique et épique des chevaux au look baroque au galop, ce qui est bien. La phrase à retenir: "Ma vie a été la leur. Ma mort sera la mienne." 💪💪
Mon avis sur le premier film.

Aquaman et le Royaume perdu de James Wan (2023) 🍿🍿

Vu combien j'ai adoré le premier film, j'étais évidemment dans les starting-blocks pour accueillir Aquaman au cinéma lors de son retour. J'ai eu ce que je voulais (Jason Momoa) et plus encore: des créatures géniales dans le désert, de l'action, de l'humour et un sous-titrage français aux petits oignons ("Nous vous attendons de pince ferme!" Qui est le génie qui a fait ça? 🦀). Tout ceci est franchement idiot, hein, et DC persévère dans la production des images de synthèse les plus dégueulasses du marché (ils n'ont visiblement pas eu connaissance de l'existence d'Avatar 2, mais vraisemblablement même pas de celle d'Avatar, le premier). Mais j'aime les films d'action idiots, que voulez-vous, et même la bouillie numérique ne suffit pas à me dégoûter. À noter aussi: les nombreuses références (Lovecraft, Le Seigneur des Anneaux [selon moi], des Marvel 😂) et l'insertion intelligente du réchauffement climatique à travers la figure du méchant-pollueur. J'adhère.

Du côté des séries

J'avance tranquillement Dinosaures. J'ai terminé la saison 2.

Et le reste

J'ai lu le Bifrost sur Anne Rice (celui avec des seins en couverture et un édito qui me semble être un chef d'œuvre du passif-agressif). C'était cool de retrouver mon autrice fétiche, qu'on attendait chez eux depuis si longtemps. Je n'ai pas aimé les nouvelles, mais en même temps je ne les aime jamais, donc ce n'est guère étonnant.

Pour le reste, mon Cheval Magazine étant arrivé un peu tard, je n'ai pas pu le lire en décembre, mais j'ai attaqué une revue sur la traduction dont la lecture s'est étalée aussi sur le mois de janvier.

dimanche 7 janvier 2024

Le Roman de la Momie (1857)

Voici une découverte de boîte à livres amusante. Au sortir d'un brunch un peu copieux avec des amies qui se reconnaîtront, je tombe sur Le Roman de la Momie de Théophile Gautier, que je n'ai jamais lu.

Il s'avère que le livre a été à l'origine "Offert par Total". Dans quel contexte? Je pense aux opérations promotionnelles estivales, du genre "un cadeau à partir de X euros dépensés", mais je ne sais pas. Il s'avère aussi que le livre a vécu dans un CDI, plus précisément celui du collège Baudricourt à Paris. Comment est-il passé de la station service au collège? A-t-il été inséré dans le fonds par le/la bibliothécaire? Ou par un élève ou un parent d'élève qui en aurait fait don parce qu'il n'en avait pas/plus l'utilité?

Mystère.

Dernière anecdote: après avoir lu le prologue, qui ne se passe pas du tout à l'époque de la momie mais au XIXe siècle, je suis allée vérifier dans mon carnet de lectures et j'ai découvert que, en fait, j'ai déjà lu ce roman il y a dix ans. Lol.

Bon, passons au concret. Le Roman de la Momie se découpe en trois parties. Tout d'abord, le prologue en question, qui raconte comment le jeune et riche lord anglais Evandale et le gros égyptologue allemand Rumphius découvrent, grâce au Grec Argyropoulos, un tombeau égyptien spectaculaire et inviolé d'une richesse inouïe, au fond duquel attend une momie.

"Au delà du passage, la vallée, s'élargissant un peu, présentait le spectacle de la plus morne désolation.
De chaque côté s'élevaient en pentes escarpées des masses énormes de roches calcaires, rugueuses, lépreuses, effritées, fendillées, pulvérulentes, en pleine décomposition sous l'implacable soleil. Ces roches ressemblaient à des ossements de mort calcinés au bûcher, bâillaient l'ennui de l'éternité par leurs lézardes profondes, et imploraient par leurs mille gerçures la goutte d'eau qui ne tombe jamais. Leurs parois montaient presque verticalement à une grande hauteur et déchiraient leurs crêtes irrégulières d'un blanc grisâtre sur un fond de ciel indigo presque noir, comme les créneaux ébréchés d'une gigantesque forteresse en ruine."

Ladite momie est – stupéfaction! – celle d'une femme, et elle a été enterrée avec le récit de sa vie à la main. On passe alors à la traduction de ce document millénaire, le roman à proprement parler...

Au bord du Nil, la riche, belle et jeune Tahoser se languit d'amour pour un jeune homme qui ne la connaît même pas, Poëri, à tel point qu'elle fuit de chez elle, plantant là son palais et son luxe, pour se présenter chez lui en mendiante. La pauvre Tahoser ne sait pas, hélas, que Pharaon l'a aperçue lorsqu'il revenait victorieux en ville, à la tête d'un interminable défilé d'esclaves et de soldats, et a été pris du désir de la posséder. Ces événements, qui constituent un peu plus de la moitié de l'intrigue, ont été mes préférés. Le rythme n'est pas palpitant, et il y a des descriptions INTERMINABLES d'objets et d'éléments architecturaux; mais premièrement, c'est merveilleusement bien écrit (le XIXe, sérieux!) et deuxièmement, c'est une vision tellement magique de l'Égypte au fâite de sa puissance que ça fait juste rêver. Imaginez que les sandales et les tables de Pharaon représentent ses ennemis vaincus, les coudes liés dans le dos. Imaginez l'égo qu'on doit avoir en vivant dans un tel décor. C'est absolument fantastique.

(Nouvel objectif de vie: vaincre mes ennemis et me faire faire des sandales à leur effigie, pliés sous le joug de ma domination.)

Ensuite, l'histoire m'a un peu moins plu, car Poëri s'avère être un juif et qu'un certain Moshé, membre estimé de cette communauté, entre en scène pour guérir Tahoser malade. Vous l'aurez compris, il s'agit de Moïse, et l'histoire est donc connue: demandes répétées de laisser le peuple hébreu partir, refus de Pharaon, plaies d'Égypte, jusqu'à la fameuse traversée de la mer Rouge qui clot le roman. Évidemment, la langue reste spectaculaire, et les duels magiques avec les nombreux magiciens de Pharaon sont très sympathiques, mais j'ai été un peu déçue de retomber ainsi sur le mythe biblique. J'aurais préféré (re)découvrir une nouvelle histoire. Et bien sûr, Gautier implique quand même fortement que l'Éternel des Hébreux est plus puissant que les dieux égyptiens, donc, bon.

À part cette petite déception, ç'a été une bien belle lecture, un régal littéraire et une aventure tellement surannée qu'elle devient une vraie gourmandise. Sans surprise, la vision des femmes est assez stéréotypée et on n'arrête pas de parler de leurs formes enchanteresses, mais Tahoser est quand même du genre à traverser le Nil à la nage pour prendre en filature l'homme qu'elle aime, donc, bon, ce n'est pas non plus une petite nature. Il y a aussi des considérations raciales bien datées, avec le type égyptien qui est supérieur au type nègre, mais évidemment inférieur au type hébreu; et plus une femme a la peau pâle, plus elle est belle!

"Tahoser, il faut le dire, ne pensait guère à Nofré, sa suivante favorite, ni à l'inquiétude que devait causer son absence. Cette chère maîtresse avait tout à fait oublié sa belle maison de Thèbes, ses serviteurs et ses parures, chose bien difficile et bien incroyable pour une femme. 

La fille de Pétamounoph ne se doutait aucunement de l'amour du Pharaon ; elle n'avait pas remarqué l'oeillade chargée de volupté tombée sur elle du haut de cette majesté que rien sur terre ne pouvait émouvoir : l'eût-elle vue, elle eût déposé ce désir royal en offrande, avec toutes les fleurs de son âme, aux pieds de Poëri."

Décidément, Théophile Gautier me plaît beaucoup, et je regrette de ne pas avoir lu plus de ses œuvres à l'adolescence.

Autres livres de l'auteur déjà chroniqués sur ce blog
La Morte amoureuse (1836) + Une Nuit de Cléopâtre (1838)
Récits fantastiques (1831-1857)

mardi 2 janvier 2024

Mon Chirac. Une amitié singulière (2020)

Cette chronique est probablement une des plus étranges de ce blog. Car le livre dont je vous parle aujourd'hui a été écrit par Alain Juppé. Bring it on, 2024!

De base, j'ai beaucoup de mal à situer Alain Juppé. C'est un de ces vieux de la vieille politiques que je n'ai pas connus en fonction et que j'associe vaguement à la France des années quatre-vingt-dix et donc à la chiraquie, mais sans aucune notion précise.

Et puis un jour, comme pour Célestopol d'Emmanuel Chastelière, mon copain est rentré du boulot avec un bouquin de Juppé.

Un bouquin de Juppé sur Chirac.

Un bouquin de Juppé sur Chirac dédicacé.

Un bouquin de Juppé sur Chirac dédicacé POUR SA MÈRE (la mère de mon copain, pas celle de Juppé, qui est décédée).

Je.

Je.

J'ai rigolé pendant dix minutes.

C'est tellement une bonne idée. Elle est gaulliste et chiraquienne. ELLE VA TELLEMENT ADORER.

Pour voir, j'ai lu le prologue. Alain Juppé y évoque les obsèques de Jacques Chirac en 2019, en citant le prêtre qui a officié et la lecture qui a été faite (les Béatitudes, si vous voulez savoir). Ma belle-mère est catholique. ELLE VA TELLEMENT, TELLEMENT ADORER.

Quand j'ai retrouvé mon calme, j'ai décidé de lire le bouquin en entier et pas juste le prologue, histoire de savoir ce que Juppé raconte sur Chirac et si je devais recommencer à rigoler.

Bon, non, ce n'était pas très drôle. Très intéressant, mais pas très drôle.

Le livre est une sorte de longue lettre à Jacques Chirac. Juppé raconte son parcours vis-à-vis de lui et lui parle directement.

"On s'étonne souvent que je ne vous tutoie pas. Et réciproquement. Au bout de quarante-trois ans! Quand je vous ai adressé la parole pour la première fois, vous étiez Premier ministre en exercice. C'était en 1976. [...] Il était évidemment hors de question que, dans ce contexte, je vous tutoie. Nous avons, au fil du temps, gardé cette habitude."

(Ma belle-mère nous vouvoie, son gendre et moi. ELLE VA TELLEMENT, TELLEMENT ADORER.)

Le ton est assez lisse. Il n'y a pas de pique ou de rancœurs, à tel point que la célèbre trahison de Sarkozy en 1995 (quand celui-ci a soutenu la candidature de Balladur à la présidence de la République et non celle de Chirac) est à peine nommée (et même pas au moment où elle s'est produite!). J'ai été assez étonnée et je suppose qu'il y a là l'œuvre d'un professionnel de la politique et du langage – écrire deux cent trente pages sans froisser personne, c'est un art. En revanche, d'autres éléments ne sont pas cachés, même si c'est assez pudique: ainsi des grandes grèves de 1995, alors que Juppé était premier ministre, et de l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris (et moi qui croyais que ça concernait des gens payés à ne rien faire 😅 En fait, c'étaient des employés du RPR qui étaient payés par la mairie de Paris plutôt que par le RPR).

Ce qui ressort le plus, c'est le respect et l'admiration pour Chirac. Le vouvoiement y est pour quelque chose, mais je pense que c'était sincère, bien que parfois assez culcul. Ainsi à propos des attentats de 1995:

"Moments terribles de souffrance et de colère. Tout au long de ces mois tragiques, je pris exemple sur votre courage et votre force d'âme. L'épreuve nous soudait davantage encore."

(ELLE VA TELLEMENT, TELLEMENT ADORER.)

(Personnellement, j'ai un certain respect pour Jacques Chirac parce qu'il n'a pas engagé la France dans la guerre en Irak au moment où un certain Silvio Berlusconi y envoyait servilement l'Italie... 🤮)

Deuxième élément qui ressort le plus, c'est le retour, par-ci par-là, de tas de noms de la politique française qui sont toujours présents ou qui ont joué un rôle depuis, par exemple François Bayrou et Édouard Philippe (le premier faisait partie des "douze salopards" en 1989; le deuxième, je ne sais plus pourquoi il est cité). Et les vicissitudes des revers politiques font relativiser fortement le brouillon actuel. La politique, c'est toujours instable, toujours le bordel, en fait. (Dommage qu'il y ait, aujourd'hui, une catastrophe écologique et climatique encore plus urgente qu'à l'époque de Chirac, qui demanderait une volonté politique forte...)

Pour moi qui connais très mal la politique en général, et notamment les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix car j'étais trop jeune pour suivre l'actualité, ce livre a été très intéressant et un complément inattendu au film Bernadette sorti cette année. Je rédige ce billet une semaine après avoir fini ma lecture et j'ai déjà oublié quasiment tout ce que j'ai lu, mais je suis au moins sortie de mon erreur concernant les emplois fictifs de la mairie de Paris! C'est déjà quelque chose! Et puis, ça se lisait tout seul, donc ça en valait la peine (et notez que je dis ça sans moquerie aucune: écrire de manière fluide et simple sans être simpliste, c'est un art!).